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La question du logement : on a bien appuyé sur le bouton mais on
avait oublié...
Sur la question du logement et plus particulièrement du logement
social, on a l'impression que le gouvernement comme les parlementaires
maires de grandes villes s'agitent avec ardeur dans le Labyrinthe
de Dédale mais sans avoir les ailes pour en sortir.
Voilà un gouvernement plein de bonnes intentions.
Il proclame son intention de réaliser cent mille logements sociaux
par an.
Il passe d'ailleurs aux actes en votant les budgets nécessaires
et même en " sanctuarisant " les dépenses prévues dans une loi-programme
votée pour cinq ans.
Il crée un instrument ad hoc pour rénover ZUP et grands ensembles
et s'appuie avec vigueur sur le mythe fondateur de la législation
sur l'urbanisme depuis dix ans : reconstruire
la ville sur la ville et imposer partout 20 % de logements sociaux.
Ces grandes décisions étant prises, les lois votées, les décrets
pris, le ministre appuyant enfin avec vigueur sur le bouton déclenchant
l'ouverture des vannes... Rien ne bouge.
On avait oublié quelques questions de détails.
Mais on sait où se niche le diable :
- On avait oublié que les maires décident aujourd'hui absolument
seuls de leur politique d'urbanisme et de l'octroi du permis
de construire.
Sans compter les maires de communes rurales, cela fait tout de même
quelques 2 000 maires de petites (5 000 à 10 000 habitants) et grandes
villes (plus de 10 000 h) à convaincre.
- On avait oublié qu'imposer à un maire 20 % de logements sociaux,
ce n'est pas facile. C'est possible dans le construction neuve,
le flux. Mais c'est quasiment impossible dans le parc car, passer
de 3 ou 5 % de logements sociaux à 20 %, c'est dix ans d'effort,
voire beaucoup plus si la ville se développe lentement.
- On avait oublié que la motivation des élus était variable,
qu'ils soient, d'ailleurs, de Droite ou de Gauche.
- On avait oublié que, dans la loi S.R.U., pour faire une ZAC,
il faut modifier le P.O.S. ou le P.L.U., ce qui demande quelques
temps.
- On avait oublié qu'aujourd'hui n'importe quelle association
conseillée par un bon avocat peut attaquer un P.L.U., puis attaquer
la Z.A.C, puis attaquer le plan de zone, puis attaquer les permis
de construire et que tout cela prend un peu de temps.
- On avait surtout oublié que les immeubles se mettent sur les
terrains, que les terrains coûtent cher, surtout dans les communes
où les logements sociaux sont peu nombreux.
Les prix plafond et les loyers sociaux étant ce qu'ils sont, on
avait oublié de financer le foncier.
Bref, on avait oublié qu'à force de légiférer
pour créer un droit de l'urbanisme quasiment parfait et pour le
compléter par un droit de l'environnement non moins complet, on
aboutissait à donner des semelles de plomb aux maîtres d'ouvrage
et aux entrepreneurs qui savent construire de mieux en mieux et
de plus en plus vite mais dont le métier n'est pas de diriger une
armée de conseils juridiques et d'avocats.
Moralité de la fable : il est d'ores et déjà certain que l'on
mettra sur le marché en 2005 moins de logements sociaux nouveaux
qu'en 2004 (car on avait aussi oublié qu'en rénovation, il faut
souvent détruire deux logements pour en construire trois).
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