LABORATOIRE D'IDÉES
"think tank" à la française
Héritage&Progrès
22, rue de Texel
Tél: 01 43 20 92 91
01 43 35 14 09
Fax: 01 43 21 95 53
info@heritage-progres.com

Accueil
Qui sommes nous?
Réunions
Questions:
. politiques
. économiques
. sociétales
Etudes
Livres et revues
Faits et Chiffres
Réjouissons nous
Sites partenaires
Nous contacter
Adhérer

 


La question du logement : on a bien appuyé sur le bouton mais on avait oublié...

Sur la question du logement et plus particulièrement du logement social, on a l'impression que le gouvernement comme les parlementaires maires de grandes villes s'agitent avec ardeur dans le Labyrinthe de Dédale mais sans avoir les ailes pour en sortir.
Voilà un gouvernement plein de bonnes intentions.
Il proclame son intention de réaliser cent mille logements sociaux par an.
Il passe d'ailleurs aux actes en votant les budgets nécessaires et même en " sanctuarisant " les dépenses prévues dans une loi-programme votée pour cinq ans.
Il crée un instrument ad hoc pour rénover ZUP et grands ensembles et s'appuie avec vigueur sur le mythe fondateur de la législation sur l'urbanisme depuis dix ans : reconstruire la ville sur la ville et imposer partout 20 % de logements sociaux.

Ces grandes décisions étant prises, les lois votées, les décrets pris, le ministre appuyant enfin avec vigueur sur le bouton déclenchant l'ouverture des vannes... Rien ne bouge.
On avait oublié quelques questions de détails.
Mais on sait où se niche le diable :
- On avait oublié que les maires décident aujourd'hui absolument seuls de leur politique d'urbanisme et de l'octroi du permis de construire.
Sans compter les maires de communes rurales, cela fait tout de même quelques 2 000 maires de petites (5 000 à 10 000 habitants) et grandes villes (plus de 10 000 h) à convaincre.
- On avait oublié qu'imposer à un maire 20 % de logements sociaux, ce n'est pas facile. C'est possible dans le construction neuve, le flux. Mais c'est quasiment impossible dans le parc car, passer de 3 ou 5 % de logements sociaux à 20 %, c'est dix ans d'effort, voire beaucoup plus si la ville se développe lentement.
- On avait oublié que la motivation des élus était variable, qu'ils soient, d'ailleurs, de Droite ou de Gauche.
- On avait oublié que, dans la loi S.R.U., pour faire une ZAC, il faut modifier le P.O.S. ou le P.L.U., ce qui demande quelques temps.
- On avait oublié qu'aujourd'hui n'importe quelle association conseillée par un bon avocat peut attaquer un P.L.U., puis attaquer la Z.A.C, puis attaquer le plan de zone, puis attaquer les permis de construire et que tout cela prend un peu de temps.
- On avait surtout oublié que les immeubles se mettent sur les terrains, que les terrains coûtent cher, surtout dans les communes où les logements sociaux sont peu nombreux.
Les prix plafond et les loyers sociaux étant ce qu'ils sont, on avait oublié de financer le foncier.

Bref, on avait oublié qu'à force de légiférer pour créer un droit de l'urbanisme quasiment parfait et pour le compléter par un droit de l'environnement non moins complet, on aboutissait à donner des semelles de plomb aux maîtres d'ouvrage et aux entrepreneurs qui savent construire de mieux en mieux et de plus en plus vite mais dont le métier n'est pas de diriger une armée de conseils juridiques et d'avocats.

Moralité de la fable : il est d'ores et déjà certain que l'on mettra sur le marché en 2005 moins de logements sociaux nouveaux qu'en 2004 (car on avait aussi oublié qu'en rénovation, il faut souvent détruire deux logements pour en construire trois).