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Mardi 30 juin 2009 18h30 - 22h30

La crise financière et les moyens d'en sortir

Hôtel Mercure
20 rue de la Gaîté
75014 Paris

Parking payant sur place ou les divers parkings de Montparnasse (Tour et Gare)


Nous avons prévu un programme assez chargé et très riche.
Accueil et apéritif de 18h30 à 19 heures
les exposés des intervenants à partir de 19 heures.
Dîner, débât, questions diverses, dialogue avec les participants de 21H à 22h30

Nous aurons trois conférenciers, dans l’ordre :
1 – Jean-Luc Baslé. Celui-ci est l’ancien directeur de la CITI BANK à New-York, aujourd’hui conseil financier et secrétaire du groupe créé par Héritage&Progrès sur les nouvelles régulations financières.
Il traitera de la crise financière actuelle sous un angle bien particulier qui est celui de notre groupe de travail :
« Quelles sont les réformes indispensables à réaliser dans la sphère financière et la politique monétaire pour que la reprise prévue pour 2010 ne conduise pas très rapidement à une nouvelle crise ? »

2 - Monsieur François Langlet, rédacteur en chef économie et politique de La Tribune.
M. Langlet était auparavant rédacteur en chef de Enjeux Les Echos.
Nous lui avons demandé, au-delà des données chiffrées interprétées par les conjoncturistes, une opinion plus personnelle sur les caractéristiques de la crise actuelle et les raisons pour lesquelles il était si difficile de prévoir la sortie de crise européenne.
Les réformes dépendent en effet en tout premier lieux des Etats-Unis, en second lieu seulement de la CITY de Londres, enfin, seulement, de Francfort, de la Banque Européenne et de la France. D’où le thème : « Une crise totalement nouvelle. Quelles en sont les perspectives de sortie sur le plan politique ? »

3 – Le MEDEF interviendra en troisième lieu pour traiter de façon très concrète de : « La situation des entreprises françaises et des évolutions déjà prévisibles pour fin 2009 et pour 2010 en matière de rentabilité, d’investissement, de financement et d’emploi», ces quatre facteurs étant évidemment liés.

Réservation obligatoire à l'aide du bulletin-réponse, par mail info@heritage-progres.com, par fax : 01 43 35 24 09
Les inscriptions ne sont définitivement enregistrées qu'à reception du chèque de réservation.

Participation :
15 euros : adhérents d'Héritage&Progrès, leur conjoint, leurs invités
45 euros
non adhérents d'Héritage&Progrès

les dernières réunions

Le mardi 19 mai 2009 -18 H 30 / 22 h 00

" Grenelle II de l'environnement"

M. Rémy Prud'homme
ancien directeur adjoint de l'environnement de l'OCDE, ancien professeur au M.I.T., professeur émérite à la Sorbonne, auteur de plusieurs ouvrages d'économie

M. Christian Gerondeau
auteur de plusieurs ouvrages sur l'économie des transports et d'un ouvrage récent sur la mythologie du CO2

Aucun compte-rendu n'a été fait de cette réunion absolument passionnante.

Nous vous invitons à lire l'ouvrage de Christian Gérondeau : le CO2 un mythe planétaire


Mercredi 19 novembre 2008
Dîner de travail sur le thème : " Les conséquences sur le budget français de la crise financière mondiale "
.
La crise financière ne doit en aucun cas conduire au laisser-aller budgétaire.

Avec Hervé Mariton ancien ministre, membre de la commission des finances et spécialiste des enquêtes " pointues " sur le budget et la dépense publique- Député-Maire de Crest 26
et
Nicolas Bouzou professeur d'économie à la faculté etl auteur d'un ouvrage qui vient de paraître : " Crack financier : ce qui va changer pour vous " (Ed. Eyrolles).

Une centaine de personnes étaient présentes à ce dîner-débat qui
a été introduit par deux exposés, l'un de Nicolas Bouzou, l'autre d'Hervé Mariton, .
Nicolas Bouzou a commencé par longuement analyser le problème de la crise des subprimes dont l'origine remonte à la politique de relance suivie par le Président Roosevelt après la grande crise de 1929/32.
C'est dans les années 36 qu'on été fondées les deux grandes sociétés de crédits hypothécaires, Fannie Mae puis Freddie Mac, dont l'objet a été de développer massivement le crédit hypothécaire pour relancer à l'époque une construction exsangue.
Ces sociétés ont fort bien réussi et, dans les années 60/70, les gouvernements soucieux du sort des minorités défavorisées, notamment afro-américaines et latino-américaines, les ont poussé à accorder des crédits à la limite de la solvabilité de ces nouveaux clients.
C'est l'origine du dérapage du système, ces deux grandes sociétés laissant ces nouveaux crédits à d'autres ou commençant à les titriser.
Le fonctionnement de l'économie américaine reposant sur un très fort développement du crédit, la formule de la tritisation a été généralisée à tous les types de crédits :
- les prêts automobile,
- les prêts personnels,
- les prêts accumulés sur les cartes de crédit...
La séparation réglementaire aux Etats-Unis des banques de dépôt et des sociétés financières a contribué au développement d'une bulle de plus en plus éloignée de l'économie réelle.
De plus, la réglementation oblige depuis quelques années les banques à posséder des fonds propres évalués au mois le mois, ce qui contribue à accentuer de façon dramatique tous les mouvements boursiers.
Enfin, la politique monétaire très laxiste poursuivie trop longtemps par M. Greenspan a conduit les établissements financiers à emprunter de façon très excessive pour replacer ces sommes dans des produits sans rapport avec l'économie réelle.
Contrairement à une idée aujourd'hui répandue, ce n'est pas le capitalisme et le marché qu'il faut critiquer mais la quasi-nationalisation dès l'origine du crédit hypothécaire, une réglementation bancaire inadaptée, le renforcement des normes comptables imposées aux banques et la politique inadaptée de la banque centrale. D'ailleurs, au moment où chacun souhaite mieux contrôler les produits dits structurés ou titrisés, les CDS (credits default swaps), les hedges founds, le marché de ces produits a quasiment disparu et plus de 50 % des hedges founds ont déjà fait faillite et disparaîtront avant la fin 2008.
Il ne faudrait pas être en retard d'une guerre réglementaire.
Par contre, il est évident que des mesures rigoureuses doivent être prises contre l'achat sur option quasiment sans fonds et le contrôle des produits structurés.

Après cet exposé, Hervé Mariton a répondu aux questions posées par cette crise, notamment dans le domaine de la politique économique, de la politique du crédit et de la politique budgétaire.
Il a noté que les hypothèses de rentrée et de sortie budgétaires allaient être profondément affectées par une récession absolument inévitable en 2009.
Certaines dépenses ne peuvent être évitées puisqu'il faut absolument maintenir un filet de sécurité sociale d'autant plus que le chômage devrait repartir à la hausse.
Certaines entreprises devront être soutenues par l'Etat.
On ne pourra pas demander en même temps aux banques d'être plus sérieuses et de recréer des fonds propres tout en les obligeant à prêter aux entreprises comme aux particuliers dans un climat de récession.
En 2009, les tensions enregistrées par l'économie seront contradictoires.
Il est difficile dans ce cas d'établir des prévisions budgétaires solides.

Le débat qui a suivi a été extrêmement animé, une vingtaine de personnes participant à ce débat.
Une idée centrale s'est toutefois nettement dégagée : même si les pouvoirs publics doivent intervenir davantage et dépenser plus dans le soutien à l'économie, il lui reste des marges considérables de productivités et d'économies à réaliser.
Au moment où tous les Français vont souffrir, il est plus que normal d'exiger de l'Etat et des collectivités locales une participation à la réduction des gaspillages.


Assemblée Générale
19 novembre 2008


RAPPORT MORAL 2007/2008
L'activité d'Héritage&Progrès s'est développée autour de l'idée première que nous avons toujours préconisée :
le travail en profondeur associé à l'interventionnisme politique.

1 - Le travail en profondeur
La rédaction d'un second ouvrage : " Le logement, l'Etat et le marché ". Cet ouvrage a été commencé en septembre 2007 lorsque la diffusion du premier (Le logement, solution pour une crise fabriquée) a été à peu près achevée.
L'idée de ce second ouvrage a été de faire un travail plus court (nous nous sommes imposés 100 pages) et donc plus synthétique et plus axé sur les propositions de réforme précises.
Cet ouvrage a été terminé en octobre 2008 et nous espérons le voir édité à nouveau par Les Belles Lettres en février 2009.
Comme pour le premier ouvrage, nous avons travaillé en établissant sur une dizaine de sujets des fiches que nous soumettons à nos membres-experts pour examen, critiques et propositions.
Ces fiches font par ailleurs l'objet d'une diffusion plus ou moins large auprès des milieux décisionnaires.
- Le travail par fiches que nous diffusons auprès de cibles très précises : Ministres, cabinets ministériels, députés et sénateurs, hauts fonctionnaires, dirigeants professionnels, leaders d'opinion, associations de la société civile (dix fiches entre septembre 2007 et juin 2008, trois fiches depuis septembre 2008).
Lorsqu'elles ne sont pas trop techniques, ces fiches sont adressées à tous nos membres et à l'ensemble de notre fichier (environ 1 500 noms).
- Le travail par articles dans les revues : La Correspondance économique, Politique magazine, la Revue politique et parlementaire, La pensée universelle, COBATY, la Revue Bleue (FNAIM).
- Le suivi des ouvrages que nos membres nous signalent ou que nous remarquons dans la presse et les revues.
Nous en rendons compte dans chaque numéro de notre Lettre mensuelle, 4 à 5 par mois, une cinquantaine par an.

2 - L'interventionnisme politique.
L'action politique que nous promouvons se situe à trois niveaux : le Gouvernement, la Haute Administration, les deux chambres du Parlement, Assemblée et Sénat. Cette action repose sur deux bases :
- Un positionnement libéral clair mais non doctrinal.
Ce qui signifie que nous entretenons des relations permanentes avec les principales associations affichées clairement libérales (l'ancienne mouvance d'Alain Madelin), mais aussi avec d'autres associations de la société civile moins marquées politiquement, y compris le centre gauche, Jean-Marie Bockel et Eric Beysson.
- Un positionnement interprofessionnel : nous ne défendons pas un groupe professionnel plutôt qu'un autre, mais le développement de l'habitat et le libre choix des modes de vie urbains.
Le positionnement interprofessionnel que nous avons choisi dès l'origine nous facilite ce travail auprès des milieux gouvernementaux et parlementaires.
La variété de nos membres est extrêmement utile auprès des pouvoirs publics car ils trouvent en un seul lieu une prise de position synthétique, d'où les divergences parfois un peu corporatives ont été éliminées.

Rappelons à cet égard la composition de l'association qui réunit à la fois des membres " personnes physiques " et des membres donateurs " personnes morales ".
En 2007, nous comptions 90 personnes physiques membres de l'association, à jour de leur cotisation fin décembre.
Ce nombre était en légère augmentation : + 5 %.
Ces adhésions individuelles, auxquels s'ajoutent les abonnés à la Lettre, sont très importantes aux yeux du monde politique.
Notre Lettre mensuelle étant par ailleurs diffusée à environ 1 500 personnes, nombre de parlementaires estiment que nous avons une influence certaine compte tenu de la qualité de nos membres autant que de leur nombre.

Parmi les grands donateurs, nous comptons aujourd'hui six grandes entreprises et six syndicats professionnels.
Les entreprises sont : PROMOGIM, Bouwfonds Marignan et France-Terre, ce dernier étant Vice-président de la Fédération Française des Promoteurs ; les deux premiers constructeurs de maisons individuelles, GEOXIA et France Confort et la SETEC premier bureau d'études français dans l'aménagement et l'ingénierie urbaine.
Les syndicats professionnels sont : l'Ordre des Géomètres Experts le Syndicat National des Aménageurs Lotisseurs (SNAL) l'Union des Maisons Françaises l'Union des Constructeurs Immobiliers (UCI) EGF - BTP, les entreprises générales de France la Fédération Nationale de l'Immobilier (FNAIM).
En outre, nous travaillons de façon étroite avec la Fédération Française des Promoteurs (FPC) et l'ACAD, Association des Consultants en Aménagement et Développement Urbain.
La FPC a déclaré l'intention d'adhérer à l'association fin 2008.
Nous avons ainsi l'ensemble de la chaîne de la construction de logement dans notre groupement depuis les études foncières jusqu'à la commercialisation.

3 - Méthode de travail.
Cette activité de lobbying permet de voir quotidiennement à quel point la réforme est difficile en France.
Elle se heurte moins à des arguments négatifs qu'à des habitudes très fondamentales prises dès le début de la Révolution française et consolidées par le Premier Empire et le Conseil d'Etat.
Une série de comportements parfaitement décrits par Tocqueville et remontant d'ailleurs à l'ancien régime font que le pouvoir politique au niveau national, mais tout autant au niveau départemental et communal jouit d'une toute puissance contre laquelle le pouvoir civil a très peu de poids.
En proposant telle ou telle réforme au moment du vote du budget ou lors d'un projet de loi, combien de fois nous a-t-on répondu, du Cabinet de l'Elysée au Parlement : " Mais le Conseil d'Etat n'acceptera jamais ".
Et derrière ces grands principes du droit fondés par le Conseil d'Etat, le Parlement a constamment suivi les mêmes orientations, même lorsqu'il s'en défend et lorsqu'il réclame des assouplissements dans la législation.
Il serait peut-être très utile d'effectuer un travail de sociologie et presque d'anthropologie sur les conditions de la réforme en France et le type très particulier de démocratie dans lequel nous évoluons.
Peut-être un ouvrage dans le même esprit qu'un travail remarquable réalisé par Walter Lippmann " Le public fantôme ", et réédité récemment par Bruno Latour…
Cela ne doit pas nous décourager et il faut plus que jamais continuer le combat, ce que nous tentons de faire par les moyens que vous connaissez :
- Les réunions avec les parlementaires.
- Un travail permanent de ciblage des personnalités à contacter et/ou à informer

( -une soixantaine de députés,
- une vingtaine de sénateurs,
- une quarantaine de membres de cabinets ministériels,
- les hauts fonctionnaires du Parlement et de l'Administration.)
- Une Lettre mensuelle.
En-dehors de ce travail de lobbying, nous nous efforçons de suivre l'ensemble des questions politiques, économiques et sociales à travers la lecture de la presse et surtout en suivant les ouvrages importants qui sont publiés toute l'année. Nous rendons compte de ce que nous jugeons être les meilleurs dans notre Lettre mensuelle.
- Collaboration avec d'autres associations.
Nous avons assuré également un contact suivi avec un certain nombre d'associations libérales mais aussi avec des associations de la société civile ayant une ouverture plus large comme l'Institut Montaigne, l'Institut Présaje (justice et économie) et des associations rencontrées lors de notre effort pour créer un groupe de travail sur la politique de la ville.
- Réunions de travail, dîners-débats et colloques.
Nous avons organisé en 2007 une grande réunion amicale pour fêter l'année nouvelle, un grand colloque professionnel et universitaire avec la Faculté d'Avignon et trois dîners-débat auxquels participent toujours entre 60 et 70 personnes. Plusieurs parlementaires ont participé à notre réunion de début d'année.
Le colloque professionnel que nous avons monté avec la Faculté d'Avignon a été un grand succès qui a d'ailleurs surpris nombre de professionnels de la région : plus de 150 participants et notamment de nombreux élus.
C'est à partir de ce colloque que nous avons créé un bureau dans le Vaucluse et organisé plusieurs réunions restreintes avec des maires et des professionnels.
Nous avons maintenant une dizaine d'adhérents dans le Vaucluse et le sénateur-maire de Sorgues, par ailleurs président du SCOT du grand Avignon, nous a demandé de nous associer aux travaux préparatoires du SCOT.
Les diners-débats organisés en 2007 ont été animés par : - Jean de Kervasdoué pour la politique de la santé et la sécurité sociale. - Philippe Adnot (sénateur), Michel Piron (député), Loys Laurent pour la réforme du mille-feuilles administratif français. - Pierre Méhaignerie, Pierre Bourguignon, Jean-Louis Dumont, François Scellier (députés) et Yves Dauge (sénateur) sur le même sujet.
- Réunions consacrées à la politique de la ville.
Nous avons organisé à l'Assemblée Nationale trois réunions pour monter un second groupe de travail analogue à celui consacré à la politique de l'habitat et de l'urbanisme.
Ces réunions ont rassemblé au total une quinzaine de grandes entreprises, une dizaine d'élus de communes de banlieues difficiles et une trentaine de praticiens dans le domaine des services sociaux, de l'emploi, de l'école, des transports, de l'urbanisme.
Au terme de ces trois réunions, nous avons élaboré un projet.
Celui-ci paraissait impossible à réaliser sans un appui clair et, sinon officiel du moins officieux de la Présidence de la République.
Mme Emmanuelle Mignon y était favorable mais les choses n'ont pas abouti.
Sans cet appui et sans qu'un membre de notre association s'y consacre au moins à mi-temps, il n'était pas possible de pousser davantage ce projet qui reste donc en suspend.

Le bureau : Christian Julienne Président - Jean-René Le Goff
Secrétaire Général - Gustave Peltzer Président Trésorier


Assemblée Générale
19 novembre 2008


RAPPORT FINANCIER
Situation et comparaison 2006/2007

Les recettes ont sensiblement augmenté passant de :

2006 2007
Dons des entreprises et des particuliers auxquels s'ajoutent les participations à nos colloques 80 900 78 100

Le solde de l'année 2007 reste toutefois déficitaire mais d'assez peu : moins 13 841,00 € en 2006 et moins 1 343,00 € en 2007.
Rappelons que ces déficits avaient bien été prévus et provisionnés à hauteur de 15 000 € en 2005 en prévision du financement et de la diffusion d'un ouvrage sur la politique du logement.
Nous conservons un report à nouveau positif mais il s'est réduit passant de + 6 058,00 € à + 4 715,00 €.

Les prévisions pour 2008 permettent de penser que nous aurons un solde positif de 4 à 5 000 €, ce qui nous permettrait de revenir à un report à nouveau positif de l'ordre de 9 à 10 000 €.
C'est le chiffre souhaitable pour financer la diffusion d'un nouvel ouvrage (4/500 exemplaires à 20 euros pour achat + frais d'envoi).

Les grandes masses de dépenses ont connu peu de changements. Les seules évolutions un peu marquées (voyages et déplacements, invitations) sont dues à notre développement dans le Vaucluse (une grande réunion à l'Université et plusieurs réunions restreintes avec des maires du département).

Principaux postes de dépenses comparées 2007 2006 -

  2007 2006
Secrétariat 18 700 24 000
Frais colloques 15 800 14 900
Location immobilier (bureau) 4 600 4 400
Affranchissements 4 100 3 300
Téléphone 3 400 3 300
Documentation technique 4 800 5 100
Honoraires 1 600 1 550
Voyages et déplacements 10 000 5 050
Invitations 7 300 4 800
Fournitures administratives 5 000 2 700
  78 100 80 900


RAPPEL ET PREVISIONS

Années Recettes Dépenses Solde Report à nouveau
2003 22 475 30 633 - 8 158 - 8 158
2004 46 785 34 833 + 11 951 + 3 793
2005 63 686 40 011 + 21 347 + 21 347
2006 67 070 80 911 + 6 058 + 6 058
2007 Présision 75 000 72 000 +10 000 + 10 000
2007 Réalisation 76 763 78 086 + 4 715 + 4 715
2008 Prévision 79 000 75 000 + 8 700 + 8 700

Nos recettes sont stabilisées autour de 75/80 000 €.
Ce chiffre est un peu faible. Il ne peut être augmenté que par l'adhésion de nouveaux " grands donateurs ".
Nous espérons l'entrée de deux d'entre eux mais la conjoncture peut rendre les choses plus difficiles.

Le bureau : Christian Julienne Président - Jean-René Le Goff Secrétaire Général - Gustave Peltzer Président Trésorier

Dîner-débat le mardi 17 juin 2008
Thème : POUR UN ÉTAT EFFICACE

Le compte-rendu de cette réunion sera donné ultérieurement

Notre invité : Christian Saint-Etienne.
Professeur des universités -Sciences économiques-Président de l'Institut France Stratégie -
Membre du Conseil d'analyse économique

Il connait parfaitement l'ensemble des sujets économiques, est un excellent orateur,
un remarquable pédagogue.

Nous vous conseillons de lire son livre "l'Etat efficace" éditions Perrin Janvier 2007.


Dans la perspective du projet de loi préparé par la Ministre du Logement
Une Réunion Publique s'est tenue le 5 juin 2008 14 heures/18 heures - Salle des Fêtes de Gordes
pour les Maires et Conseillers Municipaux
les professionnels de la construction et de l'agriculture
les demandeurs de logement


Améliorer l'urbanisme et l'habitat rural dans le
Sud Vaucluse



Organisée par Héritage&Progrès (Paris et Vaucluse) Hameaux et Familles (le Thor) Association Habitat, Environnement, Agriculture HEA (Roussillon), Environnement et Habitat (Cabrières d'Avignon)

Accueil par Maurice CHABERT Maire de Gordes
avec Olivier PIRON - Sous-directeur urbanisme à la DAU, Secrétaire permanent Plan Construction, Inspecteur général de l'équipement, membre du Conseil supérieur des Ponts et Chaussées, auteur de plusieurs ouvrages et articles consacrés à l'urbanisme et aux questions foncières.
Christian JULIENNE - IEP Paris, Président d'Héritage&Progrès, fondateur du Centre national d'études et de recherches pour l'économie de la construction, fondateur du Forum pour la gestion des villes et de la Maison des Collectivités Locales, auteur de plusieurs ouvrages sur l'économie de la construction et de l'immobilier.

Ouverture des débats avec les interventions de quatre élus, maire et/ou adjoint à l'urbanisme d'APT, de l'ISLE-SUR-LA-SORGUE, de MAUBEC et de SAINT-SATURNIN-LES-APT

Principaux thèmes soulevés :
- Comment contribuer à résoudre la crise du logement dans le Vaucluse ?
- Comment concilier le développement de l'habitat, la protection de l'environnement et le développement agricole ? - - - Comment améliorer le Plan d'Occupation des Sols (POS) ?
- Comment réaliser un Plan Local d'Urbanisme (PLU) efficace et juste ?
- Comment prévoir des plans locaux d'urbanisme souples et facilement adaptables ?
- Comment financer le développement des équipements dans les communes rurales ?
- Quels sont les pouvoirs respectifs des maires et du préfet ?
- Comment faire participer les habitants aux décisions des Conseils Municipaux, ce qui est une obligation légale.

Compte-rendu de l'intervention de Christian Julienne - Président d'Héritage&Progrès
1 Concilier construction et protection, concertation et décision
2 L'urbanisme de la ruralité et de la rurbanisation
3 Les grandes lignes de l'urbanisme officiel
4 La nécessaire concertation avec la population
5 Les pouvoirs du Maire
6 Comment élaborer une carte communale ou un PLU dans les meilleures conditions

1 Concilier construction et protection, concertation et décision
Le sujet que nous traitons aujourd'hui peut être résumé ainsi : " comment permettre aux habitants de notre région de pouvoir acheter ou louer à un prix raisonnable alors que l'expansion démographique, le fort développement du tourisme, et la raréfaction des terrains constructibles par une réglementation malthusienne de l'urbanisme ont provoqué une flambée des prix du sol ?
Qu'est-ce qu'un prix raisonnable ?
Le revenu médian d'un ménage français est d'environ 32 000 euros.
Si ce ménage ne veut pas connaître trop de difficultés financières, il doit acheter une maison ou un appartement ne dépassant pas quatre années et demi de revenus, c'est-à-dire un maximum de 150 000 euros : 100 000 euros pour la maison et 50 000 pour le terrain.
Or aujourd'hui, ces prix sont devenus impossibles dans la presque totalité de nos cantons.
Il est exceptionnel de trouver une maison de ville neuve avec 300 mètres de terrain à moins de 200 000 euros et les terrains constructibles isolés valent rarement moins de 100 000 euros.
Pour revenir à une situation " normale ", il faut recréer un minimum de concurrence et d'abondance foncière susceptible de faire baisser les prix.
En même temps il est essentiel de protéger l'espace et de réaliser un urbanisme de qualité.
Les deux sont parfaitement possibles à condition d'associer les besoins des habitants et les exigences de l'urbanisme dans le cadre d'une concertation forte et constante.
Les associations d'habitants peuvent et doivent y contribuer en étant à la fois soucieuses de défendre leurs points de vue et désireuses de positiver c'est-à-dire de chercher des solutions communes plutôt qu'une opposition systématique.
On le sait : les français aiment critiquer les administrations et les élus qui entravent ou ralentissent l'octroi de leur permis de construire. Mais dès qu'ils ont construit ils cherchent à s'opposer à toute construction nouvelle de leurs voisins.
Notre réunion se situe dans une perspective inverse : trouver des terrains pour tous et dans une bonne harmonie entre les habitants anciens et nouveaux.

2 L'urbanisme de la ruralité et de la rurbanisation
Rappelons quelques chiffres : 1975 à 2006 la quasi-totalité de la croissance urbaine s'est faite dans les zones péri urbaines des villes, essentiellement dans des communes de 500 à 5 000 habitants.
C'est le cas dans le Vaucluse :

Communes 1975 2005/2007 Croissance en %
Ville d'Avignon 90 786 88 212 - 2,8
Petites communes de l'agglomération 78 050 113 760 + 46,0
Cavaillon 21 259 26 200 + 23,0
Petites communes de l'agglomération 8 465 14 332 + 69,3
Isle-sur-la-Sorgue 11 508 18 411 + 59,0
Petites communes de l'agglomération 14 123 25 154 + 78,0
Ville d'Apt 11 288 11 300 Stable
Petites communes de l'agglomération 4 563 6 167 + 35,0


Ce sont donc exactement dans les villes qui sont représentées à notre réunion que les développements démographiques les plus forts ont été enregistrés dans les trente dernières années par exemple :
- Maubec + 157 %
- Cabrières d'Avignon + 124 %
- Velleron + 115 %
- Cheval Blanc + 100 %
- Le Thor + 75 %
- St Saturnin lès Avignon + 75 %
- Pernes les Fontaine + 74 %
- Caumont sur Durance + 70 %
- Robion + 62 %
- Vedène + 62 %
- L'Isle sur la Sorgue + 60 %

Les préoccupations d'urbanisme de nos gouvernements et de nos administrations devraient donc être attentives avant tout à ces zones que l'on a baptisées " rurbaines ", c'est-à-dire ces zones rurales distantes de 5 à 20 kilomètres des grandes villes dont le tissu d'origine est rural mais où la population travaille en majorité dans les villes.
Or toute la législation est centrée sur la grande ville.
Les principes généraux de l'urbanisme contemporain courent après la reconstitution des villes du XVIIIème et du XIXème siècle au lieu de travailler sur des villes polycentriques réorganisées autour des petites villes de 2 000 à 10 000 habitants, celles qui ont vu leur population doubler ou tripler depuis la guerre sans que l'on ait vraiment cherché à harmoniser leur développement.
Reconstruire la ville sur la ville comme le veut la Loi SRU est une absurdité.
Les remparts des villes ont disparu avec l'arrivée des chemins de fer et la généralisation de la sécurité sous Napoléon
Les villes s'étendent depuis deux cents ans et rien ne les fera revenir ni même se rapprocher de leur état antérieur.
En restant attaché à la grande ville et à la gestion de la grande agglomération, l'urbanisme contemporain est un urbanisme d'ingénieur fondé sur le zoning (grande zone d'activité, grande zone commerciale, grande zone de loisirs, grands ensembles d'habitat) les grands équipements, la circulation.
C'est l'urbanisme des grandes tâches de couleurs sur une cartographie administrative et abstraite. C'est le contraire d'un urbanisme réel, incarné, corporel, charnel comme le disait Péguy.
Car l'urbanisme est quelque chose de dix fois plus simple mais en réalité bien plus difficile que celui de l'ingénieur. L'urbanisme c'est faire vivre ensemble 10 a 15 familles et relier harmonieusement une dizaine de ces petits ensembles pour faire vivre harmonieusement les 100 à 150 familles d'un quartier.
C'est un soin absolu porté à cent détails : les clôtures, leur homogénéité, leur taille, le mélange entre le végétal la pierre.
L'urbanisme ce sont les placettes, les chemins, les espaces où les enfants peuvent se retrouver et taper dans un ballon, les passages aménagés pour les piétons, les voitures d'enfant, et les cyclistes, les signes visibles et repérables qui marquent l'espace : arbres, bancs publics, fontaines, petits monuments, statues, affichages d'informations. L'urbanisme doit aussi permettre de bien délimiter les quartiers, de les repérer les uns par rapport aux autres, de signaler leurs limites...
L'urbanisme est une discipline qui, malheureusement n'est pas enseignée en France.
Cette discipline en recouvre cinq :
- la géographie,
- la sociologie,
- les arts du paysage,
- l'hygiène publique et
- l'ensemble des problèmes de circulation.

Les architectes conseils suppléent à l'absence de cette discipline mais leur formation n'est pas adaptée à l'ensemble de ces techniques.
C'est peut-être l'école du paysage de Versailles qui s'en rapprocherait le plus.
Il existe toutefois un organisme de qualification des urbanistes, organisme qui se fonde sur les expériences individuelles pour accorder cette qualification.
Il existe également des troisièmes cycles de grandes écoles (ponts et chaussées et Sciences Po notamment) qui enseignent cette discipline.
Au niveau d'une communauté de communes, il semble indispensable de disposer d'un bon urbaniste ou de son substitut un architecte conseil choisi avec soin.

3 Les grandes lignes de l'urbanisme officiel
L'organisation générale née de la loi SRU est fondée sur :
Le SCOT (schéma de cohérence territoriale) qui doit fixer les grandes lignes d'un urbanisme intercommunal.
Le SCOT ne doit pas nécessairement se fonder sur les limites des communautés urbaines, des communautés d'agglomération ou des communautés de communes.
Le périmètre d'action d'un SCOT est défini par lui-même.
On peut trouver ainsi un seul SCOT pour une grande agglomération comme on peut en trouver deux, huit ou dix (cas de l'agglomération lyonnaise).
En théorie donc, le SCOT devrait toujours précéder les plans communaux d'urbanisme. Ce n'est jamais le cas.
Cela marque déjà suffisamment l'inadaptation de notre législation à la réalité.
En fait, les SCOT ne sont, pour l'essentiel, que des collections de PLU.

Le PLU (plan local d'urbanisme)
Le PLU remplace progressivement ce qu'on appelait dans la législation de 1987 le POS (plan d'occupation des sols). Aujourd'hui, lorsqu'on veut procéder à une révision du POS on est obligé soit de passer au PLU soit de passer à une formule plus simple et souvent plus utile : la carte communale.
La mise en place du PLU en remplacement du POS a fait oublier que les deux formules restaient parfaitement possibles : la carte communale et le PLU.
La carte communale offre beaucoup d'avantages de simplicité et de lecture pour les habitants.
PLU et PADD.
Le PLU doit être précédé d'un document traçant les perspectives de la commune pour les prochaines années (horizon 10 ans)
Plus qu'un exercice de style, le PADD se veut le résumé d'une réflexion approfondie de toute l'équipe municipale et de la population sur l'avenir de la commune.
Les zones du PLU : il y en a quatre, alors que le POS en comptait cinq : les zones U (urbaines), AU (à urbaniser) A (agricoles) NF (naturelles et forestières). Les anciennes zones NB sont supprimées dans le PLU.
Le fait que des terrains soient classés dans une zone U ne les rend pas nécessairement constructibles.
L'ouverture à la constructibilité est fonction de la capacité des équipements notamment de la station d'épuration des eaux.
Les conditions d'aménagement et d'équipement doivent avoir été préalablement définies.
Dans les faits, en zone AU, on peut tout prévoir et tout interdire " en attente de ... " " pour protéger ... " " pour emplacement réservé ... " " pour constituer des réserves ... " " pour mixité sociale ... " etc.
C'est pourquoi les zones AU doivent être très largement dimensionnées.

4 La nécessaire concertation avec la population
Tous les stades d'élaboration des plans d'urbanisme doivent être soumis à concertation avec la population et les associations agréées.
Cette règle vaut pour les directives territoriales, les chartes des parcs régionaux, les SCOT, les PLU.
Cette participation est expressément prévue par la Loi et notamment par l'article L 300.2 sur le PLU.
" La délibération créant la mise en place d'un PLU indique les modalités de concertation avec les habitants et les associations locales. "
Le processus de concertation doit être constant et ce n'est évidemment pas l'enquête publique qui en tient lieu.
Bien au contraire, c'est au moment de l'enquête publique que les habitants et les associations doivent rappeler le travail qu'elles ont réalisé pendant toute la durée de la mise au point du PLU.
Elles doivent surtout rappeler à ce moment, si l'on a tenu compte ou non de ce travail.
D'où la nécessité d'associations positives qui travaillent sur la durée et non pas d'associations uniquement opposantes et qui s'opposent trop tard.

5 Les pouvoirs du Maire
Depuis les lois de décentralisation, 1982 et particulièrement la loi du 7 janvier 1983, l'organisation collective de l'aménagement appartient aux communes et aux établissements de coopération intercommunale. L'élaboration ou la révision d'un document d'urbanisme appartient aux élus locaux seuls détenteurs de la légitimité politique.
Le contenu du PLU n'est pas seulement une distribution de valeurs foncières, il doit comprendre l'ensemble des actions et des opérations envisagées pour le traitement des espaces publics, des paysages, de l'environnement, du développement des activités et de l'habitat.
Le Maire peut s'opposer aux décisions des établissements publics intercommunaux et des SCOT, si l'un des intérêts essentiels de la commune est compromis.
Le Maire dispose d'un large droit de préemption.
Tous les pouvoirs du Maire sont par ailleurs soumis à un contrôle préfectoral sur la légalité de l'acte mais pas sur l'opportunité.
Toutefois, la distinction est beaucoup plus complexe qu'il n'y parait et le préfet ne manque pas de moyens pour faire passer le contrôle de l'opportunité sur celui de la légalité.
Les documents remis au cours de cette conférence par Monsieur Patrick Hocreitere témoignent de la complexité de la question.

6 Comment élaborer une carte communale ou un PLU dans les meilleures conditions?
D'abord en procédant à un travail de réflexion fondamental sur le devenir souhaité pour la commune :
- quelle population dans 10 ans ?
- quels emplois ?
- quelle part pour les résidences secondaires et principales ?
- quels éléments structurels pour rendre la vie collective possible et agréable ( bistrots, commerces de détail, facteurs attractifs particuliers par exemple parc, lieux de pique-nique, bibliothèque, centre social...)

Ensuite en analysant clairement les moyens de stabiliser ou de réduire le coût des terrains constructibles et de la construction.
Impossible de réduire ces coûts sans ouvrir très largement les zones constructibles pour créer un minimum d'abondance et de concurrence.

Enfin bien fixer les orientations d'urbanisme quant à l'organisation des projets de construction et de leur localisation : proportion de maisons isolées, de lotissements, de groupements de maisons, de petits immeubles.
Le choix du prestataire de services auquel on fera appel pour remplacer le POS soit par une carte communale soit par un PLU est un choix absolument fondamental.
Il n'est jamais neutre, dans ce domaine, de s'adresser à la DDE ou à un prestataire de services privé.
Un certain nombre de ces derniers sont regroupés dans une " Association des Consultants en Aménagement et Développement des territoires " (ACAD).
En outre, il apparaît indispensable de prévoir dès l'origine une commission extra municipale d'urbanisme ouverte à tous ceux qui le souhaitent dans la population. On fait rarement un bon urbanisme contre la population.
On a toujours intérêt à prévoir les oppositions avant plutôt qu'à les supporter après à la fois sur le plan contentieux et sur le plan politique.
Monsieur Patrick Hocreitère vous résumera après moi les procédures à suivre pour s'adapter à la législation et à la réglementation.
Il nous laissera un texte résumant ces procédures.

Bibliographie Minimum :
Les deux meilleurs ouvrages sur l'urbanisme sont sur le plan théorique : un Que sais-je 1967 hélas non réédité :
- L'urbanisme par Gaston Bardet (le seul urbaniste français de niveau international, hélas totalement ignoré par l'urbanisme officiel au pouvoir depuis Claudius Petit avec Le Corbusier et les grands ensembles)
- un ouvrage de G. Bauer et J.M Roux : La rurbanisation ou la ville éparpillée Ed Du Seuil 2 ème trimestre 1976
- un manuel Droit de l'urbanisme de Madame Jacqueline Morand Devillers Memento Dalloz. 7ème édition mai 2006 170 pages
- Le plan local d'urbanisme de Patrick Hocreitère Ed Berger Levrault juin 2004



Déjeuner de travail en collaboration avec les associations Jeunesse et Entreprises et S.O.S. Éducation
Le 10 avril 2008 de 12 heures 30 précises à 15 heures 30
dans le salon Briand - questure Assemblée Nationale 128 rue de l'Université 75007 Paris - Parking Invalides

Il n'y a pas eu de compte-rendu écrit de cette réunion passionnante.

Thème : Collèges et lycées
Axes d'évolution et d'innovation nécessaires
Rapports écoles/entreprises


Exposés introductifs :
- Françoise Hostalier, ancien Secrétaire d'Etat à l'enseignement scolaire, députée du Nord
- Yvon Gattaz, ancien Président du CNPF, Président de Jeunesse et entreprises
- Bernard Buffard Professeur technique agrégé, Lycée technologique ; co-auteur de Collège-Lycée : service publique d'éducation ? Ed : Bénévent
- Alain Pradalet, Principal du collège de Sevran, ancien proviseur adjoint du lycée des métiers (Hélène Bouchez)
- Un directeur d'établissement privé.
- Aldric Boulanger Délégué Général adjoint S.O.S. Education

Première partie consacrée aux questions générales de l'enseignement secondaire telles qu'elles ressortent du rapport Thelot (débat national sur l'avenir de l'école) et des principaux avis du Haut Conseil d'évaluation de l'école et des analyses comparatives de l'O.C.D.E.
Seconde partie centrée sur les rapports jeunesse/entreprises vus pour partie sous l'angle de l'orientation mais plus largement encore sous l'angle de l'information et de l'éducation.
Dans cette seconde partie, seront notamment abordées les questions relatives à l'élargissement de la formation à d'autres activités à mi-temps et à l'éducation par alternance.


lundi 3 décembre 2007
à l'Hôtel Mercure 20 rue de la Gaîté 75014 Paris

avec Jean de Kervasdoué, auteur de " Les prêcheurs de l'Apocalypse ".


Notre ami Jacques Bourdillon nous a adressé une recension complète de cet ouvrage.
Nous en extrayons quelques paragraphes significatifs pour préparer ce débat qui promet d'être passionnant.
Il s'attaque notamment aux idées folles et aux fausses bonnes idées :

*Les produits naturels ne sont pas bons par essence. Ciguë, opium et cocaïne sont naturels et dangereux. A contrario, un produit chimique, l'eau de Javel, a permis l'amélioration de la qualité de l'eau, 1er facteur de l'amélioration de l'espérance de vie au 19e siècle !!

* L'agriculture biologique nécessite pour la même production de céréales, de 2 à 3 fois plus de surface et consomme beaucoup plus d'énergie par tonne d'alimentation produite.

* Les éoliennes : Pour la même puissance installée, les centrales nucléaires fabriquent 4 fois plus d'énergie utile que les éoliennes. Celles-ci coûtent, pour la même énergie disponible 10 fois plus. Pour produire 1% à 2% de l'électricité française, il en faudrait 10 000 à 20 000,

* pour alimenter en " biocarburants " 5% de l'alimentation des automobiles françaises, il faudrait affecter 10% des surfaces agricoles à la biomasse

* L'interdiction du DDT : le paludisme tue chaque année 3 millions d'êtres humains, il avait failli être éliminé dans les années 70 grâce au DDT mais cet insecticide fut interdit en 1972 à la demande de Rachel Carson et des ornithologues de Long Island. Il Qui a conscience que des dizaines de millions d'enfants sont morts pour protéger les oiseaux d'une villégiature privilégiée des New-Yorkais ?

* L'opposition au génie génétique. Il devient possible grâce aux Ogm de transférer au riz un vaccin contre le choléra. Cela soulève de grands espoirs quand on sait que chaque jour, 5000 enfants meurent de cette maladie. Or les Ogm permettent de diminuer de façon spectaculaire les épandages de pesticides. S'ils étaient sélectionnés pour utiliser moins d'eau, moins d'engrais, moins de pesticides les Ogm contribueraient à la réduire l'effet de serre et à mieux utiliser les ressources hydriques.

* Le refus du nucléaire : il n'y a pas de domaine où la passion l'emporte aussi clairement sur la raison. Pourtant les bienfaits (il y en a de nombreux) et les dangers (certains sont considérables) des rayonnements ionisants sur les êtres vivants sont très bien connus Le nucléaire ne peut pas résoudre seul la question de l'énergie, mais il représente la seule source pouvant répondre significativement à la demande croissante sans aggraver l'effet de serre

* Le refus de la productivité agricole : la productivité de l'agriculture a triplé en un demi-siècle. Si l'humanité en forte croissance a pu être nourrie alors que le nombre de paysans s'effondrait, c'est que la production de céréales a été multipliée par 3 alors que les surfaces cultivées n'augmentaient que de 10%, grâce à la génétique et aux engrais, dont les écologistes ne veulent pas entendre parler.

* Le succès va au risque, pas au conservatisme, or en France quand on imagine d'investir dans une entreprise, c'est le risque que l'on évoque, mais dans les pays anglo-saxons c'est l'aventure (Venture capital contre Capital risque)


Réunion du 16 octobre 2007

Entreprise et Emploi au cœur de la Politique de la Ville

La réunion est ouverte par M. Jean-Michel Fourgous, député-maire d'Elancourt et Président du groupe " Génération entreprises " qui réunit 100 parlementaires anciens dirigeants ou cadres d'entreprises, par M. Philippe Pemezec, député-maire du Plessis-Robinson et par M. Pierre Cardo, député-maire de Chanteloup-les-Vignes.

M. Fourgous se félicite de l'initiative prise par Héritage&Progrès, think tank qu'il connaît bien et avec lequel il travaille depuis l'origine.
MM. Pemezec et Cardo indiquent également l'intérêt qu'ils ont eu à travailler avec H&P et Christian Julienne notamment sur les problèmes du logement et sur la réforme des collectivités locales.

M. Fourgous donne la présidence à M. Julienne pour présenter le projet de :
Création d'un groupe de travail, d'actions et de propositions destiné à intégrer les grandes entreprises et l'ensemble du tissu entrepreneurial à la politique de la ville.


M. Julienne rappelle l'origine et le développement d'Héritage&Progrès.
Il présente plus en détail le groupe de travail " Urbanisme et logement " en décrivant les actions menées par ce groupe, les réformes auxquelles elles ont abouti et les travaux en cours qui permettent d'espérer de nouvelles réformes importantes, notamment dans le secteur du logement social et dans le domaine du foncier et de l'urbanisme.
Le groupe "Entreprise et Emploi au cœur de la Politique de la Ville " sera conçu, si tous les partenaires en sont d'accord, sur le même modèle :
- un travail de fond sur les questions les plus aigues de la politique de la ville,
- la rédaction de propositions précises,
- une action politique suivie conduite avec des parlementaires de toutes tendances pour pousser auprès des ministères intéressés les réformes qui semblent nécessaires.

Pourquoi fonder cette action sur l'idée d'impliquer fortement les entreprises dans la politique de la ville ?
Pour deux raisons :
1 - Les entreprises ont intérêt à la réussite de cette politique :
- parce que le désordre social coûte cher à toute la collectivité ;
- parce que les jeunes qui rentrent dans l'entreprise devraient y arriver avec un regard et un comportement plus positif et surtout des projets ;
- parce que ces jeunes devraient avoir été beaucoup mieux formés à la vie de l'entreprise ;
- parce que, dans nombre de cas, les entreprises ont un rôle spécifique à jouer : dans le financement de la création d'entreprises et d'activités, dans la formation, dans l'emploi, dans la rénovation urbaine, dans le transport, le commerce et la distribution, l'assurance...
Enfin et surtout, les entreprises ne peuvent pas se désintéresser de la vie sociale et particulièrement de cette phase essentielle du départ des jeunes dans la vie professionnelle.
2 - Les collectivités locales et l'Etat ont intérêt à voir les entreprises s'impliquer fortement dans cette politique :
la réussite des plans de renouvellement social et de rénovation urbaine, et plus généralement, des actions publiques dans ce domaine exige la mise au point et le suivi de " projets " sur le moyen et le long terme.
Les entreprises sont familières de ce concept de " projet ".
Elles peuvent apporter aux collectivités locales, aux agences publiques et aux associations des idées, des initiatives, des méthodes, des ressources humaines et des moyens financiers pour suivre, conforter et préciser leurs projets.

l'Emploi et l'Entreprise sont donc au cœur de toute solution de rénovation sociale.

La discussion s'engage alors sur tous les points concernant la politique de la ville et toutes les questions traitées quotidiennement par les collectivités, les entreprises, les services publics réunis autour de la table.
Nous avons regroupé ces points autour de sept thèmes, dont le septième " Action politique " synthétise l'ensemble des actions à conduire.
1 - L'éducation. Quatre sujets sont particulièrement abordés :
L'école primaire et l'entrée au collège : l'absence des fondamentaux est irrattrapable.
Les 20 % d'enfants qui rentrent au collège sans les avoir complètement assimilés conduisent à 20 % d'échec scolaire absolu.
Les difficultés rencontrées dans le primaire, la lourdeur des programmes des premières années de collège, le redoublement préféré à l'adaptation, l'absence d'ouverture sur la vie pratique et l'excès de conceptualisation conduisent à l'échec scolaire d'une grande proportion des jeunes autour de 15/16 ans.
Autour de cet âge difficile qu'est l'entrée à l'adolescence se crée une " errance " qui conduit toute une masse de jeunes de 15 à 20 ans à une vie d'incertitude entre absence d'estime de soi, révolte et intégration sociale. C'est l'entreprise qui prend en fait le relais, avec plus ou moins de difficultés, et qui intègre effectivement ces jeunes. Le lycée pose moins de problème lorsqu'il se montre très ouvert à l'intégration sociale et professionnelle, ce qui est de plus en plus souvent le cas. Les systèmes de bourse doivent s'y développer pour la frange de population trop aisée
pour en bénéficier mais trop pauvre pour assurer aux enfants la vie d'étudiants dans les grandes et moyennes écoles.

2 - Education et connaissance des entreprises.
Dans tous ces domaines l'entreprise a un rôle à jouer pour se faire connaître des jeunes, pour expliquer ce que sont les professions et surtout les métiers, pour aider les chefs d'établissement à concevoir des projets originaux avec elle, éventuellement pour assurer des tutorats, des parrainages, des engagements d'embauche.
Il y a ici beaucoup à faire pour valoriser les stages en entreprise, qui sont le plus souvent très mal conçus : trop courts, sans encadrement, sans rémunération (souvent parce que trop courts) et surtout très difficiles à trouver, en particulier pour les jeunes issus de l'immigration.
Cela demande moins de moyens financiers que d'engagements des cadres moyens et supérieurs à aller porter la parole des métiers et de l'entreprise dans les collèges et lycées, mais aussi dans les organismes chargés de l'emploi.
Cela demande aussi un gros travail d'information et de formation des entreprises à l'emploi de stagiaires.
La question se pose par ailleurs très différemment chez les artisans, dans les PME et dans les grandes entreprises. Il faut donc trouver des solutions différentes.

3 - L'emploi des jeunes et notamment les filières spécifiques des 15/20 ans.
C'est sans doute sur ce sujet qu'il y a le plus à travailler et à innover.
Ce n'est pas la fusion des deux grandes administrations de l'ANPE et de l'UNEDIC qui apportera une quelconque solution à ce problème. Les maisons de l'emploi semblent une très bonne piste mais dépendent naturellement de la qualité des hommes qui les animent et de leurs administrateurs.
Tout ce qui touche à l'enseignement par alternance et à la formation des jeunes par l'entreprise, dans l'entreprise, dans un encadrement professionnel, est le plus souvent positif. Le secteur privé - Sociétés d'interim, d'out-placement, de montages de projets - a sans doute beaucoup à apporter.

4 - La médiation, la prévention, l'action associative, l'action municipale. Evaluation des actions. Lorsqu'on a suivi la politique de la ville dans les 30 dernières années, on se rend compte que des centaines, voire des milliers d'actions, ont été conduites dans les quelques 750 zones urbaines sensibles répertoriées.
Il faut absolument mettre en valeur les grandes familles d'actions et de pratiques qui ont visiblement réussi. Ce sont d'ailleurs souvent non pas telle ou telle action ou telle ou telle pratique mais un ensemble d'actions animé par une équipe homogène et suivi depuis une dizaine d'années.
Ces hommes et ces équipes sont connus. Il faut d'abord s'appuyer sur eux et ceci dans tous les organismes publics, nombreux, peut-être trop nombreux ? (DIV, ANRU, ACSE, CUCS, FRARU, CES, HALDE).
Les actions de telles ou telles associations peuvent être contestées mais, pour la grande majorité d'entre elles, elles sont extrêmement utiles à la paix sociale, en assurant stabilité et connaissance du milieu.
Il en est de même pour les maisons de jeunes, les maisons de la culture, les maisons de l'intégration et autres offices municipaux et publics.
Le recensement des " bonnes pratiques " est à faire.
Il y a sans doute à travailler à la bonne coordination de ces associations et agences avec les organismes chargés de l'emploi, l'ANRU.et l'ACSE

5 - Le désenclavement des quartiers et l'ANRU.
L'ANRU a été dotée d'un comité d'évaluation et de suivi dont les rapports établis en 2006 et 2007 mettent bien le doigt sur l'essentiel à travers trois phrases tirées ci-dessous :
" La segmentation entre institutions, maîtrise d'ouvrage ou opérateurs, aux niveaux central et local, et l'insuffisance des ingénieries urbaines et sociales en amont et en aval des projets sont pour partie responsables de l'absence de projets intégrés. "

" Le développement de services essentiels à l'action publique dans les quartiers - les transports, la sécurité, la santé et l'Education Nationale sont souvent déconnectés du PRU (projet de renouvellement urbain). "

" L'action anti-ghetto exige une coordination des compétences qui, pour être efficace, doit s'exonérer des sujétions territoriales. "


Ces questions ont fait l'objet de beaucoup d'interventions des participants, notamment les problèmes de transport public, et le développement de l'accession sociale de la propriété qui semble trop minoritaire dans les programmes ANRU.
Par ailleurs, le point essentiel soulevé par la politique des quartiers et l'ANRU est bien celui de l'équilibre entre la partie reconstruction et rénovation urbaine d'une part, la partie reconstruction sociale d'autre part, celle-ci devant être à la base de tous les projets ANRU.

6 - Sécurité, police et justice.
Ces questions ont été abordées plus rapidement que les autres d'une part en raison de l'absence de juges (indisponibles ce jour-là), d'autre part parce que la représentante de la direction de la police nationale du 93 a axé son intervention sur les problèmes de prévention et sur les relations de la police nationale avec les établissements scolaires, les mairies (et les polices municipales), les entreprises.
Cet aspect prévention est bien évidemment essentiel.
Il reste qu'il faudra aussi traiter plus avant les problèmes de délinquance des jeunes, de violence, de sécurité et de justice. Ce sont en effet des questions fondamentales pour la venue ou le maintien des entreprises et des commerces dans ces quartiers et pour un bon équilibre social.

7 - L'action politique.
Pour intervenir efficacement sur le plan politique, le groupe de travail " Villes et entreprises " doit s'appuyer sur trois piliers indissociables : les maires et leurs proches collaborateurs, les acteurs-clefs de la vie sociale (chefs d'établissements scolaires, responsables de l'emploi, RATP et transports publics, animateurs associatifs, police et justice, entreprises des quartiers et/ou leurs sièges sociaux), les entreprises et leurs cadres.
L'animation de ce groupe devra refléter ce triumvirat.
Les actions à entreprendre résulteront des études conduites durant les six premiers mois, c'est-à-dire avant le résultat des élections municipales.
D'ores et déjà, certaines orientations ont été reprises par nombre de participants :
- évaluation des politiques publiques (notamment éducation, emploi, sécurité),
- évaluation spécifique des actions 15/20 ans,
- évaluation des politiques de rénovation urbaine et de désenclavement des quartiers,
- évaluation de la connaissance des entreprises et des métiers par l'ensemble des agences publiques et territoriales.
Bien entendu, ce travail d'évaluation est destiné à être suivi d'un travail d'action politique au sens le plus noble de " lobbying politique ".

L'ensemble du groupe étant bien assuré que ce sont ces actions prioritaires qui doivent être menées, il faut tout faire pour être entendu du Parlement et du Gouvernement.
C'est la spécificité d'Héritage&Progrès que de conduire avec ténacité cette action politique.
Actions immédiates : Héritage&Progrès continue de prendre contact avec un certain nombre de grandes entreprises pour s'assurer d'un noyau d'une quinzaine de participants motivés, décidés à démarrer l'action avant la fin de l'année. Deux réunions de travail sont prévues avec les personnes les plus intéressées pour préparer la suite des travaux :
l'une autour de la question du désenclavement des quartiers, l'autre autour de l'éducation et de l'emploi.

Une seconde réunion est organisée le mardi 20 novembre 2007 à l'Assemblée Nationale. Elle doit permettre de préciser les axes de travail retenus par ces deux groupes de travail pour la période décembre 2007/avril 2008.

Le 19 juin 2007 18h30/22h30 Dîner-débat - Hôtel Mercure 20 rue de la gaité 75014 Paris


Le mille-feuille politico-administratif français et les moyens de le réformer

Organisée sur ce sujet le 19 juin à l'hôtel Mercure de la rue de la Gaîté, plus de 70 personnes y ont participé.
Les exposés ont été suivis d'un dîner puis d'un long débat.
Trois exposés se sont succédés par
- M. Loeiz Laurent, auteur de " La fin des départements, le recours aux pays",
- M. Philippe Adnot, Sénateur et Président du Conseil Général de l'Aube,

- M. Michel Piron, auteur d'un rapport parlementaire de 2006 sur l'organisation des rapports entre pouvoirs locaux et pouvoir central.
Exposés et débats ont été naturellement très riches et très nuancés, chaque proposition de réforme montrant ses avantages, ses inconvénients et ses difficultés de mise en œuvre.
C'est pourquoi nous résumerons l'essentiel en nous référant aux six structures qui ont fait l'objet du débat :
- la commune
- les structures intercommunales dotées du pouvoir fiscal
- le pays
- le conseil général
- le conseil régional
- l'Etat et ses deux structures déconcentrées : le département et la région.

Nous nous excusons à l'avance auprès de chacun d'un compte-rendu volontairement simplifié pour ne retenir que l'essentiel.

La commune.
Chacun estime indispensable son maintien. Chacun estime également indispensable sa réforme
car 10 900 communes françaises ont moins de 200 habitants et n'ont donc strictement aucun moyen d'action.
La catégorie immédiatement au-dessus, de 200 à 500 habitants, regroupe 10 800 communes qui sont également très éloignées de moyens d'action significatifs.
Au Royaume-Uni, 20 000 communes ont été non pas supprimées mais maintenues en tant que " paroisses ", l'essentiel de leurs pouvoirs ayant été transféré aux comtés.
C'est ce qui pourrait être fait en France à un niveau intermédiaire entre le département et la grande agglomération urbaine.

Les structures intercommunales à pouvoir fiscal.
Un débat s'est engagé sur ces structures, débat essentiellement centré sur les avantages financiers et fiscaux accordés par l'Etat à ces structures.
M. Philippe Adnot a notamment vivement contesté l'existence même de ces avantages.
Si des communes s'associent, a-t-il souligné, c'est parce qu'elles y voient un intérêt. Comme une entreprise s'associe avec un concurrent ou avec des sous-traitants pour renforcer les moyens de chacun.
Financer ces groupements intercommunaux par divers avantages est, en soi, inutile voire purement idéologique.
Si les communes y ont intérêt, elles s'associeront d'elles-mêmes. Sinon, pourquoi les y obliger en créant une structure artificielle de plus ?
Les vraies, les bonnes structures intercommunales, sont les plus économes et les moins subventionnées.

Le pays.
Il s'agit d'une structure totalement nouvelle sur le plan administratif et, de ce fait, particulièrement dangereuse car rajoutée au mille-feuille administratif.
Le pays pourrait être une structure utile, entre la grande ville et le département, mais il doit à ce moment constituer une intercommunalité volontaire et surtout pas un échelon supplémentaire.
Heureusement, peu de textes le concernent, il faut tout simplement les supprimer.

Le conseil général.
Cette structure, une des plus anciennes car elle recoupe assez ben les évêchés d'anciens régimes, ne paraît dépassée que dans une quinzaine de cas. La région parisienne, le Rhône, les Bouches-du-Rhône, les Alpes-Maritimes et quelques très grosses agglomérations représentant plus de 75 % de la population du département.
Partout ailleurs, cette structure présente le très grand avantage de la proximité, une journée de cheval hier, une heure d'automobile aujourd'hui.
De plus, son importance et son budget lui donnent une réelle capacité d'action.

Le conseil régional.
Cette structure a pris une importance trop grande pour une aire d'action trop petite.
Les régions ayant fort peu de compétences à l'origine ont dépensé sans compter et se sont dotées d'auto-compétences et de services souvent inutiles.
De plus, ces services recoupent très largement ce que l'Etat a développé de son côté pour le seul motif de contrôler les régions.
C'est dans ce domaine qu'il y a le plus à faire pour concentrer, simplifier, diminuer, voire supprimer certains services de l'Etat ou des conseils régionaux.

L'Etat.
L'importance prise par les conseils généraux et les départements oblige l'Etat à conserver une structure forte au niveau des directions départementales.
Par contre, au niveau de la région, il serait presque possible de supprimer trois services sur quatre au prix d'une unification de la région - Etat et de la région - collectivités locales.

En conclusion, chacun peut constater que la tâche est considérable et qu'à force de ne rien réformer, on est parvenu à une structure d'une complexité invraisemblable.
Le cumul des mandats que beaucoup regrettent est devenu hélas une quasi-obligation pour un politique qui veut avoir une action forte et ne peut y parvenir qu'en connaissant, de l'intérieur, les rouages de toutes les administrations locales. 37


Le 8 février 2007
Colloque à l'Université d'Avignon

POUR CONSTRUIRE ET BIEN CONSTRUIRE,
CHANGER LA LOI ET L'ESPRIT DES LOIS
Protéger l'environnement et les paysages en zone périurbaine et rurale


Ce colloque a été organisé avec la participation d'ICREI - Centre international de recherches pour l'Environnement, associé au Centre d'Analyse Economique de la Faculté d'Aix-en-Provence.

avec la participation de:
La ville d'Avignon- Agence paysagiste KANOPE - Cabinet d'Avocats Guin -Geoxia Provence - Urban Consult - UCB Vaucluse - Crédit Foncier Vaucluse-
Association pour le devenir de l'agriculture et la défense du patrimoine
Association pour le Développement et la Qualité de l'Habitat Périurbain et Rural
Chambre de Commerce et d'Industrie de Vaucluse- Chambre des Notaires du Vaucluse
Communauté d'Agglomération du Grand Avignon- CAPEB - Confédération Artisans et Petites Entreprises du Bâtiment- CAUE - Conseil d'Architecture d'Urbanisme et d'Environnement
Compagnie des Commissaires Enquêteurs PACA
Conseil Régional de l'Ordre des Géomètres - Experts et Syndicat
Entreprises Générales de France PACA
Fédération des Promoteurs PACA- Fédération Nationale des Agents Immobiliers Vaucluse
SFU Société Française des Urbanistes - Syndicat des Architectes de Vaucluse
Syndicat Départemental de la Propriété Rurale -
Union Des Constructeurs Immobiliers (FFB)- Union Régionale des Constructeurs de Maisons Individuelles UNTEC
Union Nationale des Techniciens Economistes de la Construction

La Présentation du colloque a été faite par:
Marie-Josée Roig, Député-Maire d'Avignon, Présidente de la communauté d'Agglomération d'Avignon,
Monsieur Mariani, Président de la CCI du Vaucluse
Christian julienne, Président d'Héritage&Progrès

la Première table ronde traitait des besoins individuels et besoins collectifs
Ce que désirent les habitants individuellement
Guy Fargon,
Président adjoint de la FNAIM Vaucluse et de la FNAIM PACA
Compléments et débats avec :
- J-R Vidal, Vice-Président de la Fédération des Proteurs PACA
- Gérard Masnières, Président de l'Union des Constructeurs de Maisons Individuelles Vaucluse
- Guy Marchot, Directeur Général Adjoint GEOXIA Groupe
Ce que désirent les habitants collectivement
Jean-Pierre Gautry, Président de la Société Française des Urbanistes SFU
Compléments et débats avec :
- Pierre Gadoin, Architecte paysagiste,agence KANOPE
- Jean-Paul Cassulo, Architecte, Président de l'UNSFA Vaucluse
- Richard Trapitzine, Urbaniste, Directeur URBAN-CONSULT

La seconde table ronde des rapports entre l'urbanisme, la propriété et la démocratie
Zonage et non-indemnisation des servitudes d'urbanisme
Max Falque, Délégué Général de l'ICREI, économiste-juriste
Compléments et débats avec :
- Jean-Marie Cavayé, Expert foncier auprès des tribunaux
- James Lecuyer, Président de la Compagnie des Commissaires Enquêteurs PACA
La question spécifique de la propriété rurale, des exploitations agricoles et de l'utilisation du foncier
Marie-Paule Garcin Gauffridy, Présidente de l'ADADP (Association pour le Devenir de l'Agriculture et de la Défense du Patrimoine)
Compléments et débats avec :
- Roland Chauvin, exploitant agricole
- Hubert Richard, ancien exploitant agricole et ancien Maire de Joucas

la troisième table ronde plaidait pour une réforme profonde de l'urbanisme
Un urbanisme à 20 ans pour bien adapter l'offre et la demande
- Denis Chastanier, Directeur de l'urbanisme de la ville d'Avignon
Compléments et débats avec :
- Jean-Pierre Richard, entrepreneur, aménageur et constructeur, Union des constructeurs immobiliers FFB-PACA
- Luc Castigli, géomètre expert urbaniste
Pour une réforme profonde de l'urbanisme et du droit de construire
Jean-Pierre Guin, Maître de conférence des facultés de Droit et avocat au barreau d'Aix-en-Provence
Compléments et débats avec :
- Maître Clavel, Président de la chambre des notaires du Vaucluse
- Jérôme Vignolles, expert auprès des tribunaux

Table ronde finale avec les élus sur l'ensemble des thèmes traités au cours du colloque
- Jean-Claude Andrieu, Maire de Carpentras, Conseiller Régional, Président de la COVE
- Maurice Giro, Député-Maire de Cavaillon, Président de la CCC Provence Luberon Durance
- Alain Milon, Sénateur, Maire de Sorgues, Président du SCOTT, Président de la CCPRO

De nombreux maires du Vaucluse etaient présents et beaucoup de communes étaient représentées.

Participation de dernière minute d'Yves Jego qui a fait part de son expérience en tant que député-maire de la ville de Montereau Seine&Marne, ville nouvelle où 75% des logements sont des logements sociaux.N'ayant pas de problème de disponibilité du foncier, la ville a acquis des terrains, engagé une véritable opération d'habitat en maisons individuelles, pousse et aide à l'accession à la propriété ses habitants. La maison à 100000 euros.

190 personnes étaient présentes et passionnées. Les conclusions que nous donnons de ce colloque sont réductrices tant les exposés étaient denses, approfondis et divers. Nous le regrettons. Nous mettrons en ligne dans les prochains jours chacun des textes des intervenants.

Conclusions Christian Julienne:
Il serait nécessairement arbitraire d'affirmer que des conclusions unanimes se sont clairement dégagées de l'ensemble de la trentaine d'exposés du colloque du 8 février 2007.
Il nous semble cependant que quelques points de vue, affirmations et propositions, ont recueilli l'adhésion d'une forte majorité des participants.
Nous les indiquons ci-dessous avec le nom de leurs auteurs.
L'étalement urbain est un concept flou qui peut correspondre à deux données différentes :
- la " rurbanisation " ou diffusion de l'habitat sur des aires urbaines vastes (Julienne, Trapitzine),
- ou la densification insuffisante de l'urbain qui n'existe plus en dessous de 15/20 logements à l'hectare (Gautry, Julienne).
Un certain consensus se manifeste autour de l'idée qu'une ville harmonieuse est un ensemble homogène et continu allant de 120 à 140 log./à l'hectare, jusqu'à 15/20 log./en périphérie avec un dégradé assez régulier (Chastanier).
Le meilleur moyen de réduire l'étalement urbain et de pallier aux défauts du mitage est de construire en contiguïté dans les communes qualifiées d'urbaines et de densifier raisonnablement le centre et les proches périphéries (Vidal, Marchot).
On peut ainsi contenir les 250 000 habitants d'une grande agglomération urbaine type Avignon dans un rayon de 10 kilomètres (Musslin, Julienne).
En zone rurale, cette construction en contiguïté et en mitoyenneté, permettrait de réduire ou de supprimer le mitage tout en valorisant le patrimoine foncier et l'habitat rural souhaité par beaucoup (Mme Garcin-Gauffridy, H. Richard).
La nécessité du zonage en trois secteurs au moins (constructible, à constructions limitées, non constructible) est reconnue par tous.
Mais la non-indemnisation des servitudes d'urbanisme et, surtout, les changements de zonage sans préavis et les qualifications arbitraires engendrent à la fois jalousie, animosité, amertume et injustices (Falque, Cavayé).
Des solutions existent.
Elles reposent sur l'intelligence et la sensibilité des élus (H. Richard), sur les transferts de COS (Falque) et sur les associations foncières urbaines (Gautry, Chastanier).
Une réforme des procédures et de l'enquête publique semble ici nécessaire (Lecuyer, Mme Garcin-Gauffridy) de même qu'une réflexion s'impose sur le transfert des droits à construire dans le cadre d'un COS municipal unique (Falque).
Par ailleurs, le marché foncier doit être analysé en sachant que la transaction moyenne s'effectue tous les 25 à 30 ans.
De ce fait, toute estimation du foncier constructible qui ne retient pas ce délai conduit à la rareté :
trente hectares de foncier constructible, c'est un hectare de disponibilité annuelle (Julienne, Clavel).
L'urbanisme doit ainsi être prévu sur 30 ans, mais modifiable et adaptable quasiment chaque année, voire davantage (Castigli).
La législation de l'urbanisme est certes très lourde.
L'allègement de la réglementation et des procédures doit aller de paire avec le développement d'un droit plus contractuel et plus négocié.
La contractualisation entre constructeurs et élus doit s'accompagner impérativement d'un renforcement du rôle des hommes de l'art : architectes, urbanistes, paysagistes (Julienne). L'architecture doit absolument laisser la place à la variété et à ce mélange de modernité et de tradition qui fait la ville (Cassulo).
Le paysage doit être pris en compte avec toutes ses perspectives proches et lointaines (Gadoin).
L'urbanisme est un tout qui inclut les grandes répartitions (Chastanier, Castigli) mais tout autant l'organisation des petits espaces de proximité (Gautry, Gadoin).

Fort de cette réussite et voulant approfondir cette question qui pose un vrai problème dans toute la région PACA et toute la bordure méditerranéenne,Héritage&Progrès organisera un deuxième colloque à Marseille en octobre ou novembre 2007.

Nous tenons à remercier Sylvie Paturaut pour l'organisation sans faille de ce colloque et Laurent Dulcamara qui a crée et mis en page tous les documents de communication.

 

 


Dîner du 14 novembre 2006

Hotel Mercure - 20 rue de la Gaîté 75014 Paris

Délinquance juvénile, récidive et réitération.
Une comparaison Ile-de-France et agglomération new-yorkaise.
Une analyse du département de Seine-Saint-Denis et de l'agglomération d'Orléans


avec trois conférenciers pour traiter ce sujet sous la responsabilité générale de :
- M. Florent Montillot, Maire-adjoint d'Orléans, Conseiller général et conseiller régional, Directeur du département politique de la ville-sécurité d'Ernst & Young et auteur de plusieurs ouvrages sur la sécurité urbaine et la prévention de la délinquance.
- M. David Skuli, Directeur départemental des services de police de la Seine-Saint-Denis.
- Mme Coralie Fiori-Khayat, auteur d'une thèse remarquée sur les politiques suivies aux Etats-Unis (Etat de New York) et en France (Région Ile-de-France) en matière de délinquance des jeunes.

Le dîner de travail organisé par Héritage&Progrès sur ce sujet a passionné tous les participants, tant par la remarquable connaissance du sujet de chaque intervenant, que par l'aisance avec laquelle ils se sont tous exprimés, sans note et avec une parfaite maîtrise de la matière et du fond.

Madame Fiori-Khayat, juriste et angliciste, a réalisé une thèse de doctorat sur la récidive et la réitération chez les mineurs délinquants dans l'agglomération new-yorkaise et en Ile-de-France.
Elle constate, au terme d'un travail de deux ans sur ce sujet, que les deux régions connaissent, à une décennie d'intervalle, des situations relativement proches. En revanche, les réponses apportées divergent fondamentalement.
L'agglomération new-yorkaise s'est détournée de l'omniprésence de l'Etat (à laquelle elle n'a jamais crue), au profit des communautés et du monde associatif.
Plus qu'à la tolérance zéro, c'est au contrôle social que l'on doit la baisse de la récidive des mineurs.
Quel que soit le mode de calcul que l'on adopte - il existe plusieurs méthodes pour comparer les taux d'actes violents et les taux de récidives - les infractions violentes commises par les mineurs en France sont plus nombreuses qu'outre-Atlantique.
Pour ce qui est des politiques extrajudiciaires, tout semble opposer le fonctionnement new-yorkais au fonctionnement francilien.
A New York, en effet, les stratégies de lutte contre la récidive relèvent essentiellement de la sphère privée et du monde associatif.
Les associations de quartier, soutenues par des bailleurs de fonds à la surface financière importante sont tenues d'une véritable obligation de résultats.
Cela les conduit à être en activité au moment où les mineurs sont livrés à eux-mêmes c'est-à-dire le soir.
La contrepartie de budget de fonctionnement très élevé est à ce prix.
Si une structure associative n'obtient pas les résultats escomptés, les mécènes retirent leurs fonds et l'association disparaît.
Les systèmes d'évaluation sont omniprésents aux Etats-Unis.
Si un programme de lutte contre la récidive donne de bons résultats, il est proposé à d'autres structures et s'étend pendant que le budget de fonctionnement de l'association qui l'a créé augmente régulièrement.

En France, les politiques extrajudiciaires de lutte contre la récidive sont marquées par une omniprésence de l'Etat, un refus de l'évaluation et, consécutivement, une certaine forme de répugnance aux approches pragmatiques.
Alors qu'aux Etats-Unis et en particulier à New York, c'est la population qui propose des solutions concrètes d'amélioration à ses difficultés, en France, le rôle central est dévolu au Conseil généraux et aux préfets.
C'est pourquoi on assiste à un mécanisme d'uniformisation des solutions proposées.
De plus, le personnel et les associations sont récalcitrants à toute idée d'évaluation.
Cela conduit de fait à une absence d'innovation et au fait que les souhaits de la population ne sont pas vraiment pris en compte.
Les politiques judiciaires présentent, dans les deux pays, le même contraste : évaluation permanente aux Etats-Unis, refus catégorique d'évaluation par les personnels opposés à tout jugement émanant d'un tiers à l'institution en France.

Aux Etats-Unis, les mises à exécution des décisions de justice sont rigoureuses et rapides.
Les mineurs coupables de faits répréhensibles sont immédiatement emprisonnés. Mais pour une très courte durée - douze jours - pendant lesquels leur sortie de prison est étudiée dans les moindres détails pour les insérer dans un projet professionnel réaliste et attractif.
De plus, ils sont extrêmement bien suivis par des éducateurs dès leur sortie de prison.
Dans les foyers fermés, le mineur est soumis à un régime proche de celui de la détention dans les prisons françaises, à ceci près qu'il relève non du département pénitentiaire mais des services éducatifs.

En conclusion de son exposé, Mme Fiori-Khayat constate que l'omniprésence de l'Etat est manifeste dans toute la nébuleuse appelée " politique de la ville " où les associations sont soumises aux mêmes pesanteurs étatiques que l'administration.
La situation est inverse aux Etats-Unis où ce sont les communautés, les associations, les fondations privées, les entreprises qui prennent collectivement en charge le traitement de la délinquance.
" Je préfèrerais maintenant acheter un appartement dans le Bronx qu'au forum des Halles " .....



M. David Skuli, Directeur de la police du 93, indique ensuite les principales actions de ses services en soulignant lui aussi que la délinquance est de plus en plus le fait de jeunes entre 15 et 18 ans, mais qu'elle touche même les plus jeunes que les aînés utilisent et habituent ainsi à la violence.
La police du département dispose d'environ 4 000 agents pour y faire face.
Théoriquement cet effectif pourrait être suffisant mais la difficulté vient de ce que ce sont surtout de très jeunes policiers qui sont affectés au département et qu'ils y restent trop peu de temps pour y développer les compétences nécessaires.
Ces policiers sont souvent d'ethnies différentes mais ce n'est pas suffisant pour qu'ils s'adaptent bien aux délinquants d'origines africaine ou maghrébine, notamment sur le plan du langage.
Parler arabe ne permet pas toujours de dialoguer avec des jeunes qui n'ont en fait presque jamais été scolarisés et parlent un langage à la fois réduit et peu compréhensible.
De nombreux grands ensembles ont été conçus sans jamais penser aux problèmes de circulation et de sécurité.
Certaines zones sont inaccessibles aux véhicules de police.
Dans beaucoup d'immeuble à toits plats, de véritables réserves de projectiles sont constituées et il faut souvent nettoyer ces immeubles avant d'y intervenir. Ce sont des opérations dites de " déshabillage "

Les arrestations sont souvent difficiles et doivent avoir lieu soit très tôt le matin, soit avec des forces importantes car la violence est toujours prête à éclater.

M. Skuli est frappé par l'agressivité, parfois la haine, développée par certains groupes envers la police et même les pompiers ou d'autres représentant de l'Etat et des services publics.
Ainsi, des débuts d'incendie sont souvent provoqués dans le seul but d'agresser les pompiers qui doivent maintenant intervenir accompagnés de véhicules de police.
Il en est de même des services d'autobus.
Parmi la population la plus difficile, on trouve une proportion de plus en plus importante de noirs d'Afrique sub-saharienne alors que la tendance est à une intégration de la population maghrébine.

Le phénomène de récidive est généralisé. Il est dû notamment à une réponse judiciaire très faible et surtout très théorique.
L'arrestation de mineurs plus de 10, 20 ou 30 fois est fréquente. On a compté des cas de récidive beaucoup plus importants.
M. Montillot insiste lui aussi avec M. Skuli sur l'inadaptation de la réponse extrajudiciaire, comme de la réponse judiciaire, à la récidive de la délinquance des mineurs.


M. Florent Montillot, maire-adjoint d'Orléans et Président du Club 109, est sans doute le meilleur spécialiste français du sujet, ayant travaillé depuis plus de vingt ans les problèmes de sécurité urbaine, longtemps à Nanterre et depuis six ans à Orléans.
Il est l'auteur d'un livre blanc sur les questions de sécurité et d'un ouvrage récent, écrit en collaboration avec Claude Pernes, maire de Rosny-sous-Bois : " Violence, la démocratie en danger ".
M. Montillot indique en préalable que le développement de la violence, de plus en plus jeune, n'a pas de rapport ni avec le chômage ni avec la pauvreté, toutes les études faites sur de très longues périodes le prouvent. Mais il est entièrement lié à un défaut d'éducation dans toute son acception : éducation dans la famille, éducation à l'école auquel s'ajoute la solitude trop grande des enfants entre 16 heures et 19 heures lorsque les deux parents travaillent etc...

C'est pourquoi le fondement de toute politique de prévention doit porter sur la scolarité et la surveillance parentale.
Pour la scolarité, Orléans a mis en place l'étude surveillée jusqu'à 18 heures dans la totalité des établissements scolaires.
Pour sensibiliser les parents, des groupes de formation parentale ont été créés avec l'aide de bénévoles et d'agents des caisses d'allocations familiales et de l'assistance sociale.
Ces groupes ont notamment pour tâche de sensibiliser les parents dès que les premiers actes de délinquance sont signalés et surtout lorsqu'il y a réitération.
Orléans dispose d'une police municipale très étoffée, qui travaille en étroite collaboration avec la police nationale.
Non seulement il n'y a aucune hostilité entre les deux, mais un partage des tâches précis en même temps qu'une coopération sur certaines opérations.

Des caméras de surveillance ont été installées dans un grand nombre de rues et de zones sensibles.
M. Montillot insiste à ce sujet sur le fait que ce matériel est totalement inutile s'il n'est pas utilisé 24 heures sur 24 et si les bandes ne sont pas étudiées et décryptées dès qu'une action délinquante est signalée.
Il vaut mieux peu de caméras sans cesse en action et en observation que beaucoup mal utilisées.

Pour sécuriser les transports en commun, la mairie demande à des jeunes, et notamment à des jeunes " connus des services de police ", d'accompagner les bus dans des zones sensibles et à des heures difficiles. En contrepartie il est proposé à ces jeunes d'obtenir gratuitement le permis de conduire, y compris le permis de conduire poids lourds.

A certaines périodes, des arrêtés municipaux imposent un couvre-feu pour les mineurs et les conséquences positives ont été reconnues immédiatement.
C'est notamment le cas dans les dix jours qui précèdent la fin du ramadan où les parents s'occupent moins de leurs enfants parce qu'ils vont davantage à la mosquée et sont fatigués par le jeun.

M. Montillot a par ailleurs beaucoup insisté sur la relation police/justice et sur les réponses tout à ait insuffisantes dans ce domaine : rappel à l'ordre touchant au ridicule, remise aux parents totalement théorique, un des deux parents étant souvent absent et parfois les deux, (!!!) travaux d'intérêt général ni appliqués ni contrôlés, peines de prison fermes non exécutées faute de place ou même en raison d'instructions ministérielles etc...

Enfin, une partie de la magistrature, minoritaire mais non négligeable, estime qu'un coupable de faits de délinquance, est avant tout une victime de la société qui n'a pas su l'éduquer, le former et l'intégrer socialement. Il n'y a donc presque jamais de coupable - sauf dans les classes sociales les plus élevées - mais des victimes de la société, donc tout aussi victimes... que les victimes !

Après une heure de questions nombreuses et précises, la réunion s'est terminée plus tardivement que d'habitude, tous les participants ayant exprimé une très grande satisfaction et beaucoup demandant aux conférenciers la possibilité d'autres interventions, d'autres contacts, d'autres prolongements. 29

Assemblée Générale

Mardi 26 septembre
Restaurant du Sénat - Salon Napoléon

Seuls les adhérents et leur conjoint à jour de leur cotisation 2006 ont invités à cette AG.

Cette année marque la sortie du premier ouvrage de notre association,
"logement - solutions pour une crise fabriquée" Ed. Les Belles Lettres




Un exemplaire du livre a été offert à chaque adhérent présent à cette occasion.


Mardi 4 avril 2006
20 rue de la gaîté 75014 Paris

Dîner-débat sur la question des institutions introduit et dirigé par Jean-Claude Casanova avec la participation de Hervé Mariton, député-maire de Crest, Jean-Jacques Descamps, député-maire de Loches et Christian Julienne.

Jean-Claude Casanova, Directeur de l'excellente revue "commentaire", ancien chef de cabinet de plusieurs ministres et de Raymond Barre, professeur à l'institut d'études politiques de Paris, a traité ce sujet dans un exposé introductif très complet sur le plan historique - du second Empire à nos jours - et très approfondi en analysant globalement la situation politique de la France depuis la naissance de la Vème République.

Une remarque préliminaire de M. Casanova nous a paru essentielle: le Général de Gaulle a conçu la constitution en partant d'une idée simple: comment donner au Président de la République et au gouvernement des pouvoirs forts lui permettant de moderniser le pays et de réaliser les réformes lorsqu'elles s'avèrent nécessaires.

Cette vision d'un pouvoir fort, revendiquée tout au long de la IIIème et de la IVème République par des hommes comme Millerand, Clémenceau, Tardieu, les planistes d'avant-guerre... correspondait bien à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème lorsque l'autorité venait nécessairement d'en haut dans tous les domaines: la politique, l'industrie, les finances...
De Gaulle élevé, éduqué, formé dans la première moitié du 20ème siècle est un homme du passé attaché à cette forme d'autorité verticale.
Mais en 1958, dans l'économie de l'informatique, des technologies de communication, de la recherche, dans une société éclatée où les initiatives individuelles étaient essentielles, où l'entreprise devait être plus agile qu'obéissante, était-ce vraiment le moment de chercher à établir une constitution garantissant l'autorité du pouvoir central?

Et d'ailleurs, on voit bien que cette constitution n'a permis de résoudre aucun des grands problèmes auxquels la France est confrontée:
- la réforme de son système scolaire,
- l'autonomie des universités,
- la réforme de la recherche et du CNRS,
- la réforme de la Sécurité Sociale,
- la réforme de l'Etat
et, depuis trente ans, la solution au problème du chômage et la réduction de la dette publique.

Pourquoi cette faiblesse congénitale du système français malgré cette constitution réputée forte?
Pour trois raisons.
La constitution de la Vème République est un compromis entre un régime voulu par trois personnalités différentes: le général de Gaulle, Michel Debré et Roger Frey.
Le général souhaitait une constitution présidentielle.
Il ne pouvait l'imposer en 58. Il l'a imposée cinq ans plus tard avec l'élection du président de la République au suffrage universel.
Michel Debré voulait un régime parlementaire avec un Parlement travaillant efficacement, voué à la création de majorité stable et à un rôle de contrôle efficace accompagné par une fonction législative très organisée et très rationnalisée.
Roger Frey, fin connaisseur de la carte politique et de l'opinion, croyait à l'importance essentielle d'un système électoral: le scrutin uninominal à deux tours.
Dans tous les régimes politiques démocratiques, c'est le mode de scrutin qui détermine très largement le fonctionnement des institutions.
Or le scrutin à deux tours français conduit nécessairement à des coalitions et à des coalitions faibles.
Le plus grand des partis de droite ou de gauche n'atteint qu'exceptionnellement 25 % des voix.
Au second tour, il en regroupera 51 mais le parti majoritaire gagnant part à l'origine avec un petit pourcentage de voix.

Au plan de l'élection présidentielle, c'est pire encore. Le gagnant a fait souvent moins de 25 % au premier tour. Rappelons que Jacques Chirac n'avait fait que 19,5 en 2002. Comment gouverner avec l'autorité nécessaire dans de tels cas de figures...

En définitive, les constitutions n'ont certainement pas l'importance qu'on leur accorde.

Il est plus important d'analyser les traits les plus profonds de la sociologie d'un pays - on ne change pas le peuple - le système électoral adapté à la mise en valeur de tendances fortes, sinon majoritaires, enfin la classe politique elle-même et la façon dont elle conçoit le rôle du pouvoir, à tous les niveaux.
A cet égard, au niveau de la classe politique comme au niveau de la sociologie du pays, la démocratie n'est pas suffisamment développée. Les syndicats vivent pour l'essentiel des subventions de l'Etat, ce qui n'est évidemment pas sain. La presse, possédée pour l'essentiel par quelques très grands patrons, a davantage pour but de ménager les intérêts de leur firme à droite comme à gauche plutôt que d'éduquer et d'orienter l'opinion dans un sens ou dans un autre. Le pouvoir et ses hauts fonctionnaires se considèrent beaucoup trop comme propriétaires de la France et se servent trop largement et trop facilement. La transparence ne règne guère.

En conclusion, M. Casanova estime que le meilleur moyen de guérir notre République de ses maux et de ses difficultés, c'est d'abord la réforme du système électoral (beaucoup d'exemples sont à prendre en Europe), c'est ensuite de développer à tous les niveaux une démocratie réelle. Seule la démocratie peut guérir la Démocratie.

M. Casanova a passionné son auditoire alliant une érudition hors du commun, un grand sens de l'humour, une finesse d'analyse et une simplicité que tous ont appréciés.


Mardi 17 janvier 2006

Une grande réunion de rentrée des membres d'Héritage&Progrès.
Pour la rentrée 2006, l'équipe d'Héritage&Progrès avait souhaité réunir autour d'un cocktail dînatoire les membres de l'association et les abonnés de notre Lettre mensuelle.
110 personnes avaient répondu à l'appel et les rencontres ont été nombreuses et riches entre tous les membres, dont la plupart se connaissent maintenant, au moins par groupe d'une dizaine.
Trois parlementaires, Françoise de Panafieu, Hervé Mariton, Jean-Jacques Descamps, nous ont fait le plaisir de nous rejoindre et une quinzaine d'entre eux se sont excusés en nous adressant leurs vœux pour la nouvelle année.

Monsieur Julienne en souhaitant ses vœux à tous a commenté un propos extrêmement riche de C.S. Lewis sur la démocratie :
" L'exigence d'égalité a deux sources ;
la première est la plus noble, la seconde la plus vile de toutes les émotions humaines.
La source noble est le désir de justice, l'autre est la haine de toute supériorité [...]
L'égalité (en dehors des mathématiques) est une notion purement sociale.
Elle ne concerne l'homme qu'en tant qu'animal politique et économique. Elle n'a pas de place dans le monde de l'esprit.
La beauté n'est pas démocratique, la vertu n'est pas démocratique, la vérité n'est pas démocratique.
La démocratie est condamnée si elle s'efforce d'étendre l'exigence d'égalité à ces sphères plus élevées.
La démocratie éthique, intellectuelle ou esthétique est quelque chose de fatal. Une éducation vraiment démocratique - c'est-à-dire une éducation qui aura préserver la démocratie - doit être, dans sa sphère propre, implacablement aristocratique, audacieusement élitiste [...]
La démocratie exige que de petits personnages puissent ne pas prendre les grands hommes trop au sérieux, mais elle meurt quand elle est pleine de petits personnages qui se prennent pour des grands hommes.
"

Ce texte est tiré d'un excellent petit ouvrage que Simon Leys vient de publier " Les idées des autres " (éditions Plon).

Après ces réflexions, Mme de Panafieu a incité les participants à user du pouvoir de leur bulletin de vote, dans leurs partis politiques respectifs, pour désigner les candidats qui leur semblent les meilleurs pour les prochaines élections municipales.
Elle a saisi cette occasion pour développer ses idées et son programme pour Paris... c'était de bonne guerre !


Mercredi 19 octobre à 19 heures à l'hôtel Mercure,
20 rue de la gaîté 75014 Paris


Consacré à la question du logement examiné sous l'angle d'une contrainte fondamentale :
celle du foncier et de l'urbanisme qui conditionne le mode d'habitat de chacun.

Peut-on encore choisir librement son mode d'habitat malgré les législations foisonnantes de l'urbanisme et de l'environnement et les contraintes du permis de construire ?

Ce dîner a réuni soixante personnes autour de quatre animateurs : Pierre Pomelet et Christian Julienne introduisant le sujet et posant toute une série de questions aux politiques, Michel Piron Député du Maine et Loire et Président du Conseil National de l'Habitat, André Trillard Sénateur de Loire Atlantique répondant à ces questions et développant leurs conceptions sur la politique de l'habitat et de l'urbanisme.
Le secteur de l'habitat est, dans tous les pays, même les plus libéraux, l'objet d'une réglementation importante pour des raisons bien naturelles :
- la liberté de jouir de son logement, quel que soit son statut, doit évidemment être limitée par les problèmes de voisinage,
- la nécessité de réserver une large place aux équipements publics,
- le besoin de protéger la nature et l'environnement...

Le problème consiste donc à trouver un bon équilibre entre la liberté individuelle et les besoins collectifs et la limite entre le droit et les obligations des propriétaires comme des locataires.
Ce droit est de plus en plus limité à tous les niveaux :
- droit d'habiter : on ne peut par exemple transformer un logement en bureau ou un bureau en logement sans autorisation droit de construire : le permis de construire, pièce maîtresse du droit de l'urbanisme, est devenu de plus en plus complexe
- droit de diviser : un propriétaire ne peut diviser son terrain comme il le souhaite même pour ses enfants ou ses héritiers
- droit de vendre : le droit de préemption est aujourd'hui étendu à toutes les villes et pratiquement à tous les cas de figure
- droit d'expropriation : l'Europe a sévèrement condamné la méthode française et n'accepte pas totalement la nouvelle réglementation mise au point depuis.
Enfin, les nouvelles ambitions du droit de l'urbanisme et du droit de l'environnement, depuis une quinzaine d'années, aboutissent, indirectement, à imposer ou en tout cas à faire pression sur les citoyens pour qu'ils adoptent le type d'habitat que souhaite telle ou telle majorité politique, ce qui est évidemment inadmissible.

Les interventions des participants ont été très nombreuses et d'une grande qualité.
Le débat a été facilité par le fait qu'une bonne moitié de ceux-ci avaient une activité professionnelle dans le monde de l'immobilier et de la construction.
Par ailleurs, tous les participants avaient reçu une fiche d'information sur le logement dans la région parisienne, ce qui facilitait la discussion.


Assemblée générale annuelle d'Héritage&Progrès

Le lundi 27 juin 2005 de 18 heures 30 à 22 heures au restaurant du Sénat.

L'Assemblée Générale s'est tenue au restaurant du Sénat à partir de 18 heures 30 avec une cinquantaine de participants.
Le Président, Christian Julienne, a commenté le rapport moral.
Le Trésorier, Gustave Peltzer, a commenté le rapport financier.
Le Secrétaire général, René Le Goff, a commenté ces deux rapports et animé la discussion avec Christian Julienne.
La réunion a été très animée et l'on peut dire que la quasi-totalité des participants est intervenue à un moment ou à un autre dans la discussion, soit avant le vote des résolutions, soit pendant le dîner qui a suivi.
Ce dîner a été animé par M. François Scellier, Député et Président du Conseil Général du Val d'Oise, par ailleurs Président de l'intergroupe parlementaire sur le logement qui réunit 80 députés à l'Assemblée Nationale de la gauche à la droite de l'hémicycle.

Trois résolutions ont été adoptées à l'unanimité :
1 - L'approbation du rapport moral.
2 - l'approbation des comptes et du rapport financier.
3 - L'approbation du tarif des cotisations que nous rappelons ici :
Cotisation des particuliers : 100 euros avec latitude pour le bureau de l'association d'accepter des membres à un tarif inférieur, retraités, étudiants, membres de nombreuses associations de même tendance...
Cotisation des particuliers réglées par l'entreprises : 500 euros.
Cotisation des entreprises : 10 000 euros avec latitude pour le bureau de l'association d'accepter des PME ou des associations à un tarif plus bas ; toutefois ce tarif ne pourra jamais être inférieur à 5 000 euros.

Le rapport Moral

Rapport moral Exercice 2004 et premier semestre 2005
2004 a été en réalité la première année d'activité de notre association.
Durant cette année, nous avons eu deux types d'activité :
1 - La recherche de sujets précis à traiter sur lesquels nous pouvions apporter une valeur ajoutée certaine intéressant des entreprises susceptibles de se joindre à nos efforts.
2 - La volonté de prendre place dans le concert d'associations généralistes souhaitant apporter aux dirigeants politiques des idées, des projets, des propositions précises sur un certain nombre de sujets de société : l'éducation, l'entreprise, le travail, les revenus, les problèmes sociaux, l'urbanisme, la propriété, la vie sociale...

I - Les sujets d'étude
Sachant que nous ne pouvions traiter un grand nombre de sujet la première année, nous avons travaillé sur plusieurs pistes avant de nous arrêter aux sujets sur lesquels nous pouvions présenter une assez bonne valeur ajoutée :
- Vaincre l'illettrisme : Cette piste a été abandonnée d'autant plus vite que SOS Education réalise sur ce sujet un excellent travail et possède toute l'information nécessaire pour aller plus loin.
- Promouvoir l'innovation industrielle contre le principe de précaution : Après deux dîners de travail avec une douzaine de grandes entreprises industrielles et six parlementaires, nous avons également abandonné l'idée de travailler sur ce sujet, la volonté du Président de la République étant telle qu'il était vain de vouloir empêcher la réforme de la constitution sur ce point.
De plus, les entreprises les plus touchées par ce principe sont souvent dépendantes de l'Etat.
Bien que d'accord avec nos orientations, elles ont manifesté leurs craintes de s'opposer frontalement au gouvernement.
- Les pauvretés. Une autre méthode et d'autres moyens pour les réduire :
Ce sujet a été approfondi de façon quasi-permanente toute l'année.
Après un numéro spécial de la lettre, nous avons noué des rapports avec les principales associations caritatives pour tester nos propositions.
Nous sommes également en rapport avec le service des études de l'UMP et avec Mme Christine Boutin sur ce sujet.
Le temps nous manque hélas pour finaliser un ouvrage, certes bien avancé, mais toujours en cours.
- Pour que 70 % des Français deviennent propriétaires : Ce groupe de travail a débuté avec un premier dîner de professionnels et de parlementaires en mars 2004.
Depuis cette date une douzaine de réunions de travail ont eu lieu et un groupe a été formellement constitué depuis septembre/octobre 2004.
Il réunit 16 professionnels et 6 experts.
Ce groupe s'est donné un plan de travail pour 18 mois, en fait pour préparer la double échéance présidentielle et législative et promouvoir une nouvelle politique du logement axée sur la restauration du marché et le développement de la propriété.
En outre, ce groupe suit en permanence les projets gouvernementaux et administratifs dans ce secteur d'activité.
- La libéralisation du transport : Un impératif pour faire baisser les prix dans un secteur peu connu mais où les investissements sont considérables et les déficits aussi importants.
Ce groupe de travail est en voie de constitution.
Nous souhaitons le mettre en place au cours du dernier trimestre et en assurer le développement en 2006, parallèlement au groupe de travail sur le logement.
Ces deux groupes couvrent une même entité ministérielle : le ministère de l'équipement avec, selon les cas, les secrétariats d'Etat, aux transports, au logement, à la ville...

II - Le travail politique et sociétal
Il se manifeste par quatre types d'interventions dont deux sont peu visibles et trois sont plus apparents :
1) Un contact quasi-permanent avec le Parlement pour constituer un petit groupe de relation privilégiée tant au niveau politique général que pour les sujets qui nous préoccupent, particulièrement le logement et la pauvreté.
2) Un contact également très régulier avec les associations de tendance libérale ou, tout simplement libres, telles que les cercles libéraux, l'Institut Turgot, l'ALEPS, Génération Entreprise, l'Institut de Locarn, le Club Courbet, ACADI, Liberté Chérie, SOS Education, Contribuables Associés, Sauvegarde Retraite, EURO 92, le Club de l'Embarcadère, le Club Tocqueville et des organismes plus institutionnels comme le MEDEF, l'Institut de l'Entreprise, Entreprises et Progrès.
3) La publication d'une lettre mensuelle qui représente chaque mois un travail important pour lequel nous serions heureux d'avoir davantage les avis et les concours de nos membres.
4) L'organisation, seul ou en collaboration, de réunions - débats.
5) La mise au point d'un programme de formation politique très complet sur lequel nous aurons l'occasion de revenir car c'est une activité qui nous semble indispensable pour l'avenir.
6) La mise en place d'un site internet permettant de mieux nous faire connaître et de participer pleinement au débat d'idées.

1) Contacts avec le Parlement : Nous avons noué des relations amicales et régulières avec trois groupes :
-le Groupe des Rénovateurs, présidé par Hervé Novelli,
-le Groupe Entreprise et Progrès, présidé par Jean-Michel Fourgous et Olivier Dassault et
-le Groupe des Amis de M. Méhaignerie.
Parallèlement, nous avons noué de bonnes relations avec l'entourage de M. Nicolas Sarkozy, notamment Mme Mylène Descamps et M. Brice Hortefeux, Députés européens.
Dans le même temps, nous avons identifié les principaux responsables parlementaires de la politique du logement :
les rapporteurs des budgets du logement et de l'équipement à l'Assemblée et au Sénat,
les responsables du Conseil National de l'Habitat,
les responsables de la politique du logement à l'UMP,
les responsables du groupe interparlementaire " politique du logement " qui a l'avantage, comme le Conseil National de l'Habitat, de réunir des parlementaires de la majorité et de l'opposition.
Nous avons de ce fait la possibilité d'intervenir très rapidement auprès d'une dizaine de parlementaires connaissant bien le sujet.
C'est ce qui nous a permis d'intervenir avec vigueur au moment où le prêt à taux zéro était menacé.
On peut dire sans forfanterie que le nouveau prêt à taux zéro doit beaucoup à une réunion - dîner de travail présidée par M. Méhaignerie en septembre dernier.
C'était un premier succès important pour Héritage&Progrès.
Nous sentons très fortement qu'après le délire anti-libéral de la campagne européenne, il est en train de se créer à l'Assemblée un mouvement aujourd'hui majoritaire, favorable au libéralisme sans le dire et regroupant les réformateurs, le Groupe Entreprise, le Groupe Méhaignerie et un nombre de plus en plus important de députés UMP proches de Nicolas Sarkozy.

2) Contacts avec les associations :
Les associations que nous avons citées ci-dessus sont sans doute les principales à Paris mais il en existe certainement beaucoup d'autres.
De même, les associations provinciales sont très nombreuses.
Nous en connaissons un certain nombre par les cercles libéraux et la lettre d'Alain Madelin.
Là encore il en existe d'autres.
On peut regretter l'absence d'esprit de coopération qui se manifeste parfois dans ce milieu.
Bien sûr, il est normal que chacun développe sa spécificité et que chacun de ces clubs soit géré un peu comme une petite entreprise montée par une équipe d'amis.
C'est d'ailleurs bien ainsi que nous fonctionnons nous-mêmes.
Mais je crois que toutes ces associations gagneraient beaucoup à monter des manifestations et des débats en commun comme cela a été fait très intelligemment par le groupe des Réformateurs en septembre dernier, le Club Courbet dans sa manifestation annuelle, Contribuables Associés en appuyant l'édition de certains ouvrages et dans ses réunions avec les parlementaires.

3) Lettre mensuelle :
Notre lettre est envoyée par mail à environ 700 personnes et par courrier à une centaine de personnes.
120 parlementaires en sont destinataires.
Peut-être aurions-nous intérêt à augmenter ce chiffre car tous les parlementaires ont une adresse mail.
Nous n'avons que trois ou quatre retours et appréciations sur divers sujets précis par numéro.
Nous souhaiterions avoir davantage votre opinion et bien sûr des articles et des recensions d'ouvrages.
Dans l'ensemble cette lettre semble très bien perçue.
Nous tenons à assurer sa régularité et elle paraît chaque mois sauf en août, depuis décembre 2003.

4) L'organisation, seul ou en collaboration, de réunions - débats :
Nous avons dans les douze derniers mois organisé ou participé activement à 9 réunions générales :
- le 10ème anniversaire de l'Institut de Locarn organisé avec deux de nos membres, M. Alain Glon et M. Joseph Le Bihan. Cette réunion comptait au moins trois cents personnes et les trois principaux leaders bretons : Pierre Méhaignerie, François Goulard et Jean-Yves Le Drian.
- les premières rencontres de la réforme montées en commun par le Groupe des Réformateurs, l'ALEPS, l'IFRAP, Contribuables Associés, Liberté Chérie et Héritage&Progrès.
- Conférence d'Hervé Mariton sur les pouvoirs de contrôle du parlement.
- Cocktail pour le premier anniversaire d'Héritage&Progrès.
- Dîner-débat animé par René Le Goff, notre secrétaire général, Conseiller de Paris, ancien président d'UNISYS, avec un groupe de d'adhérents UMP du 14ème arrondissement sur les nécessaires réformes de la vie politique française.
- Déjeuner-débat animé par Brice Hortefeux sur le Traité constitutionnel européen.
- Réunion plénière de l'Institut de Locarn animée par Christian Julienne : deux exemples de l'entreprise du XXIème siècle avec les dirigeants d'INTEL (Mme Andrietti) et de CISCO (M. Philippe Elie).
- Participation au colloque annuel du Club Courbet animé par Douce de Franclieu et Paul Dubrulle, avec Francis Mer, Pascal Salin, Philippe Nemo et Sabine Herold.
- Dîner-débat avec Hervé Mariton, Député de la Drôme, Rapporteur spécial du budget des transports, Bernard Plasait ancien sénateur, Conseiller économique et Christian Lamboley sur le thème : " Les transports publics, un coût énorme mal contrôlé - Les transports en Ile-de-France : des choix politiques au détriment des choix techniques "

5) Programme de formation politique :
A la demande de plusieurs de nos amis parlementaires, nous avons réfléchi avec d'autres membres de notre association à la mise au point d'un programme de formation politique pour de jeunes cadres qui souhaitent s'impliquer dans ce domaine et conquérir des municipalités ou des cantons avant d'aller plus loin.
Il s'agit d'un programme très complet abordant à la fois les questions de philosophie et de morale publique, les questions de sciences politiques, l'analyse des structures civiques, sociales et politiques, les méthodes pour faire campagne et le comportement personnel.
Ce programme va être analysé, testé, réalisé à titre de " prototype " avant d'être adopté, nous l'espérons, dans un certain nombre de départements.
Former nos élites politiques, les former à l'écoute du monde moderne, relier le terrain électoral local et la mondialisation nous semble un impératif source d'une vraie rénovation de la chose publique dans les années à venir.

6) Site internet : www.heritage-progres.com
Il nous a paru essentiel de disposer au plus vite d'un site internet permettant de mieux faire connaître notre association, nos idées, nos propositions et nos activités.
Le site existe depuis quelques mois et a connu des développements continus afin de répondre aux exigences des utilisateurs.
Il mérite encore d'être amélioré en utilisant dans le futur les techniques de communication moderne tels que les " blogs ", mais cela nécessite des moyens humains et financiers.
Nous demandons à tous nos adhérents internautes de nous aider par leurs conseils et par l'utilisation fréquente de ce site de participer avec nous à son amélioration.


III - Perspectives pour le second semestre 2005 :
Nos perspectives sont très clairement tracées pour la fin 2005 car elles sont dans la continuité des douze derniers mois.
1 - Développer et approfondir notre action de lobbying pour faire en sorte que 70 % des Français soient propriétaires à échéance d'une douzaine d'années.
Ce qui est parfaitement possible si la majorité parlementaire le souhaite. Les réformes à réaliser sont certes importantes mais elles ont l'avantage d'une part de ne rien coûter, d'autre part de correspondre très exactement à ce que souhaitent les Français.
Il faut pour cela préparer dans le détail et sous les formes juridiques qui conviennent un ensemble de propositions qui touchent les structures juridiques de la production de logement, le financement des acquéreurs, une réglementation malthusienne de l'urbanisme.
Nous allons travailler dans ce domaine avec les dirigeants de l'UMP et les responsables du Conseil National du Logement et du Groupe Interparlementaire du Logement.

2 - Finaliser notre document sur les pauvretés.
Si l'édition d'un livre paraît trop difficile pour la fin de l'année, nous publierons des fiches couvrant l'ensemble du sujet mais de façon plus didactiques et plus synthétiques.
Quelle que soit la forme du ou des documents qui sortiront, une partie importante sera liée aux questions scolaires et à l'illettrisme.
J'espère que nous pourrons dans ce domaine travailler en collaboration avec SOS Education, dont il faut saluer le travail et notamment l'action de lobbying entreprise à l'occasion de la loi Fillon.

3 - Nous travaillerons à la mise sur pied d'un second groupe professionnel autour des transports publics.
Il y a là un très vaste sujet :
- la création souhaitable d'une concurrence en Ile-de-France,
-les réseaux de transports urbains dans les grandes villes,
-la libéralisation du monde des transports départementaux et régionaux par autocars,
-la privatisation des sociétés d'autoroutes, question d'une grande complexité,
-la concurrence sur le réseau ferré français,
-la concurrence exacerbée dans le transport routier de marchandises, notamment avec l'élargissement de l'Europe, l'autonomie complète des ports maritimes, le nouveau pavillon français créé par la réforme de François Boulard etc...

4 - Une première mouture de L'Institut de Formation Politique sera testée au dernier trimestre.

5 - Pour les autres activités d'Héritage&Progrès, la lettre et l'organisation des réunions, nous souhaitons et nous espérons, une collaboration active de nos membres et des autres associations avec lesquels nous aimerions monter le maximum d'opérations.


Pour conclure, nous serions heureux d'avoir de la part de nos membres un soutien moral et un soutien financier.

Soutien moral :
- par l'apport de nouveaux destinataires de notre Lettre susceptibles de devenir de nouveaux adhérents. Merci à ceux d'entre vous qui l'ont déjà fait.
-Par votre aide pour que nous organisions petites et grandes réunions.
Nous sommes prêts René Le Goff, moi-même et sans doute d'autres membres d'Héritage&Progrès spécialistes dans des domaines divers à venir porter la bonne parole.
-par la recherche de " jeunes " , étudiants, jeunes salariés afin que dans chacune de nos réunions leurs voix se fassent entendre et que... notre relève soit assurée !
- par le développement de " l'esprit " Héritage&Progrès qui passe par une meilleure connaissance des adhérents entre eux.
A cet effet, seriez vous d'accord pour qu'une liste des adhérents soit faite avec les détails que chacun choisira sur sa vie professionnelle, les thèmes qui le passionnent etc.
Demandez nous le document à remplir.
C'est en travaillant ensemble que nous nous apprécierons, que nous nous connaîtrons.

Soutien financier : L'équilibre budgétaire d'Héritage&Progrès est fragile. Tout apport de matériel, (informatique - fournitures etc..) est le bienvenu.
Le but est que chaque euro entré en cotisation ressorte en action et non dans les caisses de la Poste et des fournisseurs de toutes sortes.

Merci à tous de votre confiance et de votre fidélité


Dîner débat du 9 mai 2005 sur les transports Les transports publics, un coût énorme très mal contrôlé


Christian Julienne ouvre le dîner-débat sur les transports en rappelant l'importance de ce sujet sur le plan économique :
- 10 % du P.I.B.,
- l'essentiel des investissements de l'Etat et des collectivités locales,
- un déficit global (S.N.C.F. - R.A.T.P. + Régies des transports urbains) voisin de 23 milliards d'euros par an.

Les libéraux, soucieux d'économiser l'argent public pour améliorer les revenus privés, en particulier les plus modestes, ne sont pas les ennemis du service public.
Ils admettent parfaitement que des subventions publiques couvrent des déficits structurels.
Dans tous les pays du monde, les chemins de fer et les réseaux urbains sont déficitaires... et le resteront.

C'est pour cette raison que les transports collectifs français doivent faire l'objet d'une gestion rigoureuse : - - calculs très précis des coûts,
- programmation d'une réduction des déficits sur le long et moyen terme,
- fermeture de lignes,
- analyse comparative des investissements pour éviter les phénomènes de mode et réduire les " surinvestissements ",
- concessions au secteur privé,
- montage d'opérations d'investissements en Partenariat Public Privé etc...

Puis, Hervé Mariton traite largement des problèmes de la S.N.C.F. mais en abordant également la question des autoroutes et la gestion de la R.A.T.P.
Il le fait au double titre de rapporteur spécial du budget 2005 pour l'équipement et les transports terrestres et de Président d'une mission d'évaluation et de contrôle sur les relations financières entre l'Etat, la S.N.C.F. et réseau ferré de France.(RFF)
Hervé Mariton souligne l'importance des infrastructures de transports et de leur qualité pour la compétitivité du pays.
Le financement de ces infrastructures doit être assuré, avec régularité, sur la longue période ; c'est-à-dire en dehors des aléas budgétaires et des gels de crédits en cours d'année.
C'est ce que doit assurer l'Agence de Financement des Infrastructures de Transport de France, l'A.F.I.T.F., qui verra le jour dans le courant de cette année 2005. Elle devra concourir de façon stable au financement des projets d'infrastructures routières, ferroviaires, fluviales.
Encore faut-il immédiatement noter que les fonds dont disposera l'A.F.I.T.F. ne représenteront que le tiers des besoins estimés " a minima " par les audits du Conseil général des Ponts et de l'Inspection des Finances (7,5 milliards sur 22,5 milliards d'euro).

Pour permettre la mobilisation et la bonne utilisation de ces fonds, il faudrait avancer dans la solution de quelques problèmes essentiels.
- Le déficit de la S.N.C.F. : environ 11 milliards d'euros par an hors remboursement de sa dette. Le budget de la S.N.C.F. est assuré à plus de 50 % par des subventions publiques très enchevêtrées : dotations de l'Etat par le budget de l'équipement et d'autres budgets, versements de R.F.F. à la S.N.C.F. pour la gestion de son patrimoine, participation des régions, prise en charge d'une partie du coût énorme des retraites par l'Etat et les caisses de retraite du secteur privé, etc...
- La dette de la S.N.C.F. : L'encours moyen de la dette était de 15 milliards d'euros en 1990, 30 milliards en 95 et 41 milliards en 2003 et la dette augmentera de façon certaine dans les 5 ans qui viennent.
Les seuls frais financiers de cette dette représentent 25 % des concours du budget de l'Etat au système ferroviaire.
- La politique de redressement du fret : C'est le plus gros problème financier de l'entreprise. Le fret est lourdement déficitaire. De plus, chaque année depuis 15 ans, la S.N.C.F. promet, à défaut de la rentabilité financière, au moins le redressement du trafic. Or celui-ci baisse régulièrement, et encore de 5,1 % en 2004.
Le plan fret conçu par la S.N.C.F. prévoit de concentrer les efforts d'investissement sur cinq grands axes et l'abandon des petits clients.
Ce plan qui va se concentrer sur les marges bénéficiaires possibles plus que sur les volumes ne semble pouvoir réussir que si une politique commerciale crédible se met en place (plan anti-grèves et tarification marginale) et si la S.N.C.F. assure une offre internationale de bout en bout... ce qui nécessite des alliances avec d'autres partenaires et un esprit de collaboration... à acquérir.
- L'autonomie d'une entreprise " hors contrôle " : Le gouvernement semble avoir donné un seul objectif à M. Gallois, Président de l'entreprise : pas de vagues, pas de grêves... longues.
Car il y en a eu tout de même 35 au niveau national ou plurirégionales depuis le début de l'année.
L'absence totale de contrôle sur l'entreprise est illustrée par le fait que la S.N.C.F. a autoproclamé une " charte du service public " diffusée à 2 millions d'exemplaires complétée par une considérable campagne de publicité sans en avoir jamais référé à son Ministre de tutelle ni au Premier Ministre.
C'est pourtant bien à l'Etat et au gouvernement de définir le service public et non à chaque entreprise publique de fixer ses propres lois.
La situation est la même à la R.A.T.P. dont la gestion est par ailleurs plus moderne, axée sur des filiales ayant le statut - et la réalité - de sociétés anonymes.
- Le choix des investissements : Il est bien évident que les 50 grands projets d'aménagement du territoire proclamés par le Comité Interministériel d'Aménagement du Territoire (C.I.A.D.T.) ressortent plus de l'effet d'annonce et de la " communication " chère à nos gouvernants que de la réalité.
Le Projet Lyon Turin a, par exemple, fait l'objet de toute une série d'études qui en montrent la faible utilité en face de coûts pharaoniques évalués il y a 10 ans à 32 milliards de francs réévalués aujourd'hui à 15 milliards d'euros (100 milliards de francs).
La grande majorité des décisionnaires politiques estiment que ce projet prendra 20 ans de retard ou ne se fera pas, mais personne n'ose décider de l'arrêter purement ou simplement.
Alors on fait chaque année quelques millions d'euros supplémentaires d'études, de forages d'essais, de débuts de creusement de galeries ; beaucoup d'argent gâché mais qui ne rendent pas le projet irréversible.
Plus généralement les 50 grands projets du C.I.A.D.T. ne brillent pas par la qualité de leurs études " coûts-rentabilité ".

Hervé Mariton a encore abordé beaucoup de questions relatives à l'arrivée de la concurrence européenne dans le fret, à l'unanimité qui s'est manifestée dans sa mission pour préconiser l'ouverture de la concurrence dans les réseaux ferroviaires régionaux, aux critères de choix pour la privatisation des sociétés d'autoroutes, pour l'instauration de nouvelles formules de Partenariat Public Privé comme on l'étudie pour le T.G.V. Barcelone Perpignan Marseille...

Un exposé d'une grande richesse témoignant d'une parfaite maîtrise du sujet.
Pour ceux qui voudraient approfondir les deux rapports d'H. Mariton cités au début de ce compte-rendu sont encore disponibles mais en très petit nombre.

La seconde partie de ce dîner de travail était consacrée à la question des transports en Ile-de-France avec un double examen de la politique suivie par la Ville de Paris et le Conseil Régional.
M. Bernard Plasait, ancien adjoint au maire de Paris et membre du Conseil Economique, a traité ce sujet sur le plan des orientations politiques générales et M. Christian Lambolley, ancien directeur de la Voirie sur le plan de la gestion des flux et des trafics et de la politique d'investissements en infrastructures.

Ces deux exposés, fondés sur des analyses de trafic et de flux très précises feront l'objet d'un rapport complet dans une note spéciale que diffusera Héritage&Progrès à tous ses membres et qui sera fort utile... notamment pour conforter le débat municipal sur ce sujet.
En attendant ce document, notons les quelques grandes orientations clairement marquées par les exposés de MM Plasait et Lambolley et le débat très animé qui a suivi :
1 - L'opposition systématique entre transports publics collectifs et automobile est tout à fait irrationnelle et restera donc inopérante. Ce sont ces deux modes de transport qu'il faut améliorer en même temps. Notamment parce que les flux de transports se font de plus en plus de banlieue à banlieue et que tout le réseau a hélas été couvert de banlieue à Paris ou pour Paris seulement.
2 - Un tramway circulaire est une erreur fondamentale. Le tramway n'est utile que lorsqu'il est " pénétrant " (type Tram-Train) ou qu'il dessert des lignes longues aux arrêts espacés (de grande banlieue à grande banlieue : Issy - La Défense - Saint Denis).
3 - La sélection des investissements selon leur rapport coût-efficacité a cédé la place à un mode de sélection soit idéologique (poids de la mythologie verte), soit dicté par le seul intérêt des deux grandes sociétés publiques, la R.A.T.P. et la S.N.C.F. qui, souvent, s'opposent.
4 - Des investissements évidents sont de ce fait sacrifiés : les liaisons rapides directes avec les aéroports d'Orly et de Roissy, le prolongement des lignes de métro vers la grande banlieue, prolongement du nouveau métro Eole, etc... 5 - La politique de la R.A.T.P. conçue à l'origine pour Paris uniquement, doit, maintenant que le droit le permet, être entièrement repensée au niveau régional et par la région.

Une véritable mine d'informations statistiques et financières, de propositions de solutions simples, rapides à mettre en place, moins onéreuses que certains projets en cours a été fournie par MM Plasait et Lambolley,
ce qui nous a motivés pour en tirer un second document que nous diffuserons fin mai - début juin.

Mardi 1er mars, déjeuner-débat
Thème :
" Le traité constitutionnel européen : actif et passif, inconvénients et avantages.

Invité : Monsieur Brice Hortefeux

Participants : les membres d'Héritage&Progrès et leurs invités.

Monsieur Brice Hortefeux
a présidé et animé un déjeuner-débat qui a réuni 80 personnes et notamment Monsieur Philippe Auberger, Président de la Commission des finances de l'Assemblée Nationale, Monsieur Philippe Trilliard, Sénateur de Loire Atlantique et Monsieur Leblond Préfet, Président de la COFUHAT.
Décision ayant été prise que deux personnes d'opinions opposées sur le traité ne peuvent être invitées ensemble à une réunion publique, Monsieur Nicolas Dupont-Aignan s'était excusé.


Monsieur Julienne, Président de l'association, a introduit le débat en mettant en valeur un certain nombre d'éléments critiques :
- la difficulté d'appliquer le principe de subsidiarité dans tous les domaines de compétences partagées,
- le poids excessif des 7 très petits pays (exemple: Chypre) qui disposent comme les grands d'un droit de veto,
- le caractère confus d'un traité qui reprend 5 grands traités précédents et plus de 30 annexes ,
- enfin la question de la Turquie qui n'est toujours pas résolue.
Il termine sa présentation par une opinion personnelle favorable due à la constatation que la majorité européenne est constamment plus proche des idées libérales que de l'exception française.

Monsieur Brice Hortefeux développe tous les arguments favorables au traité dont plusieurs peuvent avoir échappé aux commentateurs :
- le poids beaucoup plus important du parlement européen qui peut s'opposer à la constitution de la commission et s'opposer aux directives qui ne lui conviennent pas avec un droit de saisine;
- le droit de pétition reconnu par le traité avec plus d'un million de signatures (ce qui est facile avec 430 millions d'habitants et les moyens modernes de communication),
- la création de la fonction de "Président de l'Europe" qui restera en place 2ans1/2 au lieu de 6 mois,
- enfin la création d'une fonction de "Ministre des Affaires étrangères" avec l'accord des trois organes de direction de l'union.

Monsieur Hortefeux souligne également que, parallèlement à la consolidation de l'Europe, les pouvoirs des parlements nationaux sont accrus et peuvent remettre en cause les directives de la commission.

Il constate enfin que de nombreuses critiques adressées aux directives européennes ne sont pas justifiées car ce sont les administrations nationales qui ajoutent souvent des contraintes de détail à des normes assez générales.

De nombreuses questions ont été posées à Monsieur Hortefeux et une très vive discussion a suivi après son départ:
- Comment obtenir des assurances sur la configuration de l'espace européen?
-
Comment accroitre le controle du parlement européen sur une commission composée uniquement de hauts fonctionnaires?
- Comment voter efficacement pour une constitution véritablement illisible?
- Quels risques pour la France si le non l'emportait?
- Le retour au traité de Nice ne serait-il pas catastrophique?
- L'idée d'une politique étrangère et d'une politique militaire européenne n'est-elle pas tout à fait utopique?
- La directive sur les services européens n'est-elle pas agitée comme un épouvantail alors qu'elle ne devrait s'appliquer que dans chaque pays d'origine?


Le 9 février, Petit-déjeuner des membres du groupe de travail pour le développement de l'accession à la propriété.

Cette réunion a été entièrement axée sur les questions relatives au droit de l'urbanisme et aux moyens de créer chaque année un plus grand nombre de terrains constructibles.

Participants : M.Marc-Philippe Daubresse Ministre du logement, cinq responsables politiques de haut niveau directement concernés, les membres du groupe de travail : organismes, syndicats professionnels et entreprises.

 


Lundi 20 décembre 2004

Conseil de développement

Participants: tous les membres du Conseil de développement

Mercredi 8 décembre 2004
La France est-elle malade de ses institutions? Le comportement politique des Français est-il en cause?
avec Jérôme Chartier, député UMP du val d'Oise
organisée avec l'Association Etre Citoyen Pierre Vallet

Participants: tous les membres d'Héritage&Progrès, les membres de Etre Citoyen et leurs invités.

Un dîner-débat a été organisé par Héritage&progrès et une association politique du quatorzième animée par monsieur Pierre Vallet " Etre citoyen ".
Il nous a semblé intéressant de monter ce dîner en commun pour confronter et surtout mélanger les points de vue d'une association nationale comme la nôtre avec une association de quartier ayant une vocation plus affirmée d'action politique locale.
Ce dîner devait être animé à l'origine par M. Jérôme Chartier, animateur d'un groupe de travail sur la modernisation de la vie politique. Il s'est excusé la veille au soir et a pu être remplacé au dernier moment par René Le Goff.
M. René Le Goff a ravi l'assistance tant la qualité de son exposé, le contenu de ses propositions et les réponses qu'il a faites aux participants ont été excellentes.
René Le Goff il est vrai a un profil particulier dans la vie politique française et une totale liberté d'expression.
Ancien directeur d'IBM et président d'UNISYS, Président actuel de la ligue française de basket-ball, conseiller de Paris, il est en même temps trésorier de l'UMP pour la capitale.
La discussion a essentiellement porté sur la démocratie très limitée du système politique français, la faiblesse des pouvoirs du Parlement, le présidentialisme sans contre-pouvoirs efficaces, la difficulté dans le système actuel d'avoir une vraie politique de réformes et de progrès économique et social.