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Le Grenelle II va interdire dans
les faits aux Français de se chauffer à l'électricité et accorder
un quasi-monopole au gaz.
Son prix vient d'augmenter de 10 % et, comme tout monopole, il
faut s'attendre au pire.
C'est ce que démontre brillamment un article de Rémy Prud'homme
dans Les Echos du 30 mars 2010 :
" En 2007, et précédemment, le gaz était minoritaire avec 34
% du marché contre 44 % à l'électricité et le reste au fuel.
Les gaziers passèrent alors un accord stratégique avec les antinucléaires.
L'espoir changea de camp, le combat changea d'âme. Le Grenelle de
l'environnement prononça discrètement la condamnation à mort du
chauffage électrique.
Comment en est-on arrivé là ? La loi Grenelle stipule que les bâtiments
construits dans l'avenir devront consommer moins de 50 kWh d'énergie
primaire par mètre carré et par, 3 à 4 fois moins que les bâtiments
existants.
Voilà qui semble une mesure désirable pour l'environnement. Mais
le diable se cache dans les détails.
Pour son chauffage, un bâtiment consomme des mètres cubes de gaz
ou des kWh d'électricité.
Pour additionner ou comparer il faut une seule unité, le kWh.
Pour le gaz on utilise un coefficient assez classique qui convertit
les mètres cubes de gaz en kWh.
Pour l'électricité direz-vous la chose est simple puisque cette
énergie est mesurée et facturée en kWh.
Eh bien non, pas du tout, la réglementation dit que les kWh électrique
comptent triple, plus précisément 2,58 fois plus que les autres.
Interdire la construction de logement consommant plus de 50 kWh
par mètre carré et par an en affectant les kWh électriques de ce
coefficient, c'est exiger un chauffage
électrique consommant moins de 20 kWh au mètre carré. Ce que personne
ne sait faire. C'est donc interdire le chauffage électrique.
Ce petit coefficient de 2,58 est l'arme du crime.
Il date du temps où l'électricité était fabriquée à partir du charbon.
Il devient indéfendable avec l'électricité hydraulique et nucléaire,
90 % de l'électricité produite en France.
Cette histoire " édifiante fait deux vainqueurs : les gaziers
et les antinucléaires.
Elle fait aussi quatre victimes :
1 - les consommateurs qui trouvaient
leur compte parce que les investissements électriques étaient moins
lourds et les prix plus stables que ceux du gaz, calqués sur ceux
du pétrole ;
2 - la filière industrielle du chauffage
électrique qui emploie plusieurs milliers de salariés
;
3 - l'indépendance énergétique de la France,
puisque tout notre gaz est importé ;
4 - la lutte contre l'effet de serre
car le gaz brûlé rejette plus de CO2 que ne l'aurait fait l'électricité.
"
Assez curieusement, on n'a pas entendu M. Proglio le nouveau
patron d'EDF sur ce sujet.
Y a-t-il entente parfaite entre lui et M. Mestrallet ? 65
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