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L'agriculture, une priorité dans
le discours politique renouvelé lors de chaque salon agricole.
Dans la réalité, abandon progressif
des agriculteurs.
Le revenu net des entreprises agricoles par personne active employée
a diminué de 34 % en 2009.
La chute avait été de l'ordre de 20 % en 2008.
Depuis cinq ans, environ 8 000 exploitations font faillite ou disparaissent.
Cette chute des revenus est très variable en raison de la complexité
de la politique agricole commune mais aussi du mouvement des prix
dans les matières premières agricoles.
Dans certains domaines, comme le lait, la chute des revenus a été
telle que l'on a compté plusieurs dizaines de suicides en 2008 et
2009 dans les départements les plus spécialisés comme la Normandie
et la Bretagne.
Dans le même temps, la politique de l'Etat,
notamment en matière environnementale, est une politique de gribouille
:
1 - La chute des revenus agricoles entraîne une forte augmentation
des jachères et des abandons définitifs de cultures. Les paysans
souhaiteraient naturellement compenser ces pertes en consacrant
5 à 10 % de leurs terres à la construction.
C'est le moment choisi par le Grenelle II pour empêcher la construction
en périurbain.
2 - Les normes sanitaires et environnementales ont été considérablement
relevées depuis 5 ans et vont l'être davantage avec le Grenelle
II.
L'agriculture française a de ce fait des coûts de production plus
élevés que le reste de l'Europe.
3 - Après les trois réformes de la PAC (politique agricole
commune) en 1992, 2000 et 2003, les agriculteurs redoutent la
prochaine réforme que la France n'aborde pas avec des arguments
essentiels.
L'enchevêtrement des aides et des politiques agricoles est certes
critiquable.
Il reste que l'agriculture est un secteur
très particulier qui contribue à la qualité de nos paysages, au
tourisme, à une bonne harmonie entre une urbanisation généralisée
et des espaces de calme, de tranquillité, de symbiose entre l'homme
des villes et l'homme de la ruralité… Fernand Braudel en a fort
bien parlé. 51
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