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Le lobby financier obtient l'ajournement
de la réforme du crédit à la consommation.
Le crédit à la consommation, dont la forme principale est le
crédit automatiquement renouvelable (revolving), scandalise à juste
titre tous ceux qui se préoccupent de la protection du consommateur
:
- il est accordé sans aucun contrôle du niveau d'endettement ;
- il fait l'objet d'une publicité scandaleuse ;
- il est utilisé essentiellement par les ménages les plus pauvres
qui sont souvent peu rationnels dans la gestion de leur budget ;
- les taux d'intérêts sont généralement très élevés : de 15 à 20
% actuellement.
La seule justification de ce type de crédit est de permettre à des
consommateurs présentant peu de garanties, parce qu'ils ont peu
de capital, de consommer " sans modération ".
Les sociétés financières spécialisées, en accord avec les banques,
se félicitent de cet état de fait et n'ont qu'un argument pour défendre
ce système : si on le freine, la consommation diminuera… !
Bien sûr, et c'est bien ce que souhaitent tous les acteurs un peu
rationnels du marché.
Neuf millions de consommateurs ont eu recours à ce crédit qui est
le facteur numéro 1 du surendettement.
192 000 dossiers déposés en 2009, plus d'un million depuis six ans.
Le dernier projet de loi déposé par Mme Lagarde traite dans le détail
toute une série de points accessoires mais refuse toujours la seule
mesure susceptible de régler le problème : la
création d'un fichier central de tous les prêts et crédits en cours,
qu'ils proviennent des banques, des sociétés financières, des compagnies
d'assurances et de tous autres acteurs du moins à partir d'un certain
montant.
Ce fichier central, prévu à l'origine dans la loi, a fait l'objet
d'un amendement de dernière minute : une commission est chargée
d'étudier sa réalisation et remettra son rapport, de préférence
dans un an, un peu plus tard si nécessaire ! ! !
Cet enterrement de première classe est un formidable succès pour
le lobbying du crédit revolving. 65
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