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Retour sur l'écologie.

Les critiques renouvelées que nous avons portées sur les théories écologiques de Nicolas Hulot et de ses disciples à l'UMP, sur les tendances d'évolution du climat, sur l'influence du C02 dans cette évolution et sur les obligations que veut imposer l'Etat à l'industrie, à l'agriculture, au logement et au mode de vie des Français à travers les lois Grenelle I et II ne nous empêchent pas d'avoir la préoccupation constante de protéger la planète, d'être attentifs aux ressources naturelles, de sauvegarder la biodiversité, de protéger la paysannerie et les modes de production agricole dans les pays pauvres, de souhaiter une politique dynamique de traitement des déchets…
Le souci de l'environnement n'est en aucun cas contradictoire avec les thèses de Claude Allègre et de Bjorn Longborg, bien au contraire.
C'est l'affolement climatique, la volonté d'inquiéter et de culpabiliser les populations et les gouvernements qui aboutit à l'effet inverse : lancer des politiques brouillonnes dans tous les domaines empêche de travailler dans le calme, dans l'expérimentation, dans l'analyse comparée des meilleures solutions pour dégager les moyens optimaux de préserver l'environnement. L'affolement et l'urgence sont de très mauvais conseillers.

Quelques exemples illustrent bien les bêtises nées de l'écologisme médiatique et politique
:

-L'énergie éolienne.
Quelques individus peu scrupuleux se sont répandus auprès des maires de nos communes rurales pour obtenir le droit de monter des éoliennes sur le territoire communal.
Or, aujourd'hui, chacun reconnaît l'intérêt de l'énergie éolienne, mais chacun sait que pour en tirer un rendement correct, il faut réunir des conditions climatiques très particulières et prévoir avec beaucoup d'intelligence son rattachement aux réseaux de distribution.
L'énergie éolienne peut apporter le pire et le meilleur. Il est absurde de demander aux maires ruraux de juger de cette question.
Le gouvernement a demandé un rapport complet sur l'énergie éolienne qui lui sera remis fin avril.
Il est sage, en attendant, de ne rien entreprendre, sauf à reconnaître la valeur des études américaines et européennes sur ce sujet.

- Le photovoltaïque.
Les Echos titraient le 13 janvier 2010 en première page : " Energie solaire : comment l'Etat a désamorcé une bombe ? "
Pour faire plaisir aux Khmers verts, l'Etat a imposé à EDF des tarifs d'achat d'électricité solaire extrêmement élevés.
Les spéculateurs sont toujours à l'affût de la réglementation gouvernementale lorsque celle-ci leur permet de gagner de l'argent sans autre souci que de déposer des dossiers et d'attendre que la manne étatique se déverse sur les déserts de leur incompétence.
Le gouvernement ayant publié de nouveaux tarifs d'achat de l'électricité solaire en changeant les règles pour les projets déposés les derniers mois, l'EDF a reçu dernièrement 3 000 dossiers par jour alors qu'elle en traitait précédemment quotidiennement une quinzaine.
Si l'Etat avait accepté de traiter les dossiers déposés en novembre et décembre comme les autres, la charge pour l'EDF aurait représenté 2,8 milliards d'euros par an, et ceci pendant vingt ans. Une absurdité totale.
La bombe a été désamorcée dans des conditions juridiques peut-être contestables… mais inévitables. -

- Séquestration du C02.
Tous les hommes un peu soucieux de l'environnement souhaitent évidemment diminuer les taux de C02 dans l'atmosphère.
Une des techniques possibles est la séquestration de ce gaz à proximité des lieux même où il est produit de façon importante : les centrales thermiques par exemple.
Un certain nombre d'experts - et notamment Claude Allègre - travaillent sur ce sujet.
Les techniques connues jusqu'à présent sont coûteuses. Ce sujet devrait être prioritaire au niveau des crédits de recherche.

- Taxation des émissions de C02 et/ou alimentation d'un marché annuel des droits d'émission.
Voici un beau problème comme les aiment les polytechniciens adeptes des théories du coût marginal et conscients des rapports délicats entre la fiscalité et l'économie.
Un de nos plus brillants esprits, Marcel Boiteux, ancien directeur général de l'EF a réfléchi sur ce sujet.
Voilà un travail de fonds qu'il aurait fallu confier au conseil d'analyse économique avant de se précipiter sur la taxe carbone recalée par le conseil d'Etat.

- La voiture électrique.
Tous les constructeurs se préoccupent aujourd'hui soit de remplacer le moteur thermique par le moteur électrique, soit, plus souvent d'ailleurs, d'associer les deux avec des modes de motorisation hybrides.
Il est inquiétant, et même extrêmement dangereux, de voir des dizaines de municipalités acheter des véhicules électriques et/ou subventionner l'utilisation de ces véhicules alors qu'on ignore presque totalement aujourd'hui comment ces techniques peuvent être rentabilisées et assurées de la pérennité :
Quel type de batterie ?
Quels matériaux ?
Quels systèmes de recharge ?
Quelles complémentarités entre le thermique et l'électrique ?
Les grands constructeurs se feront sans doute une idée claire de l'avenir fin 2012.
D'autant que l'on cherche toujours une solution miracle idéale autour de l'hydrogène.
Il serait souhaitable que nos élus municipaux attendent deux ans avant de jeter l'argent des contribuables dans des techniques incertaines et peut-être abandonnées prochainement. C'est le rôle des entreprises privées et de la recherche d'étudier, de trouver et d'expérimenter les meilleurs types de motorisation. Ce n'est pas le rôle des institutions politiques de faire ces expériences avec les impôts.
Tandis que le gouvernement français s'acharne sur des accords internationaux voués à l'échec, les gouvernements américain et chinois refusent de signer Kyoto et n'ont jamais envisagé de conclure un accord à Copenhague, ni demain ailleurs.
Par contre, on mesure l'avance américaine dans toutes les industries " vertes ", et l'avance chinoise dans l'industrialisation de procédés très récents, alors que nous restons très loin de ces deux pays.
En France, le ministère de l'écologie se transforme et s'étoffe, les grandes agences publiques brillent de tous leurs feux, nos hauts fonctionnaires parcourent le monde mais les Etats-Unis cherchent et trouvent, la Chine et l'Allemagne construisent et développent.
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