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A l'occasion du sommet mondial de Copenhague, il faut enfin travailler de façon approfondie et réaliste sur le climat.


La réunion de Copenhague a été préparée avec une agitation fébrile dont le but est - consciemment ou non - de faire oublier la crise économique et financière mondiale, moins importante que les risques encourus par la planète.
Nos grands présidents, B. Obama, N. Sarkozy, L. da Silva ont pris les choses en mains et chacun est sommé de s'en soucier, les adultes comme les enfants dès l'école maternelle.
Derrière cette agitation, bien peu de travail sérieux, puisque le réchauffement climatique n'a qu'une origine, le CO2 ! Toute analyse est remplacée par un impératif catégorique : réduire le montant de ces émissions de 80 % à l'horizon 2050 pour les pays développés (rapport Banque Mondiale, chapitre 4).
Fort heureusement, Copenhague a amorcé et parfois suscité un certain nombre de travaux qui vont maintenant se développer plus sérieusement.
Ils portent sur les vrais sujets qui préoccupent tous les citoyens conscients du fait que 9 milliards d'humains ne peuvent vivre de la même manière que les 1,5 milliards d'habitants des pays riches et que certaines ressources naturelles aujourd'hui vont nécessairement s'épuiser :
- sans que l'on sache si le volume du CO2 dans l'atmosphère est à l'origine de 20, 50 ou 70 % de l'effet de serre, son taux d'augmentation actuel doit être réduit et l'on doit prendre pour cela les moyens technico-financiers les plus efficaces ;
- sans que l'on sache quand se produira la décroissance des produits carbonés dans l'énergie (pétrole, gaz et charbon), on sait que cette décroissance interviendra dans une période de 50 à 100 ans. Il faut s'y préparer ;
- sans que l'on sache quand et comment les matières premières naturelles atteindront un pic de production et amorceront leurs décroissances, il faut travailler de façon systématique à un meilleur recyclage des déchets et à la recherche de produits de synthèse.

Pour ce qui concerne spécifiquement le climat, un excellent travail a été réalisé par l'Académie des Sciences qui a publié le 25 novembre 2009 un rapport de 81 pages.
Ce rapport, contrairement à la plupart des travaux sur ce sujet donne le point de vue d'une vingtaine d'experts qui développent des thèses parallèles, complémentaires ou opposées.
Ces thèses, souvent très techniques, sont exprimées de façon assez claire pour être lues par des non-spécialistes. Signalons par exemple la note Roger Temam - Agrégé de mathématiques, Professeur à Orsay et à Polytechnique, Professeur et Co-directeur (six années) de l'Institut scientifique d'Indiana aux Etats-Unis - sur le thème :
" Quelle est la crédibilité des modèles mathématiques pour prévoir les changements climatiques éventuels et leurs conséquences ? " : " Au niveau le plus général, on trouve les MCG (modèles de circulation générale) des océans, de l'atmosphère ou du couplage océans-atmosphère- glaces. On obtient des systèmes de millions d'équations à des millions d'inconnues dont la résolution se situe à la limite des ordinateurs les plus puissants et pour lesquels des méthodes numériques performantes doivent être développées. Les équations utilisées sont celles de la mécanique des fluides… Elles mettent en jeu dans les termes sources ou dans les conditions aux limites des termes mal connus… On considère que la plus grande source d'incertitude est due aux nuages qui modifient fondamentalement le bilan d'énergie de l'atmosphère par leur capacité à absorber ou non les radiations du soleil (ultra-violets) et de la terre (infrarouges) et par les phénomènes de condensation - gel, dégel ou évaporation - qui s'y produisent… " (pp. 22 et 23). Pour tous ceux qui veulent se faire une idée sérieuse de ces questions, autrement que par le déluge médiatique quotidien, ce rapport publié sur Internet est un document essentiel : " Libres points de vue d'Académiciens sur l'environnement et le développement durable. "
A lire aussi sur ce sujet le rapport 2010 de la Banque Mondiale sur le développement dans le monde intitulé " Développement et changement climatique ".
Le rapport de la banque mondiale ne présente malheureusement qu'une thèse, celle du CO2 coupable de tout. Toutefois, ce rapport contient une masse d'informations et de statistiques internationales comparées précieuses.61