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Prisons : sommes-nous dans un Etat républicain ou avons-nous abandonné les lieux à la loi de la jungle ?

Nicolas Sarkozy avait pris une excellente initiative en créant un " contrôleur général de lieux privatifs de liberté " doté d'une petite équipe et d'un budget.
Jean-Michel Delarue a été nommé contrôleur général et a travaillé un an sur le sujet avant de remettre un premier bilan.
Tandis que le parti socialiste (André Vallini) et Noël Mamère voulaient lui faire dire qu'il manquait cruellement de moyens, M. Delarue a répondu clairement : " Les problèmes ne sont pas dans les moyens mais dans ce que l'on va mettre au grand jour : la corruption des fonctionnaires, l'alcoolisme et les trafics. "
M. Delarue souligne que le pire, ce ne sont pas les prisons, mais les commissariats qui sont dans un état inacceptable.
Pourtant, la situation des prisons est elle aussi violemment critiquée : absence de formation des personnels qui sont par ailleurs fatigués, voire exténués, par la violence et les rapports de force qui y règnent.
Avec la violence, l'inactivité et donc l'ennui et la dépression.
Trop de prisons ne comportent aucune activité de travail et de faibles activités de sports et de loisirs.
Par ailleurs, un manque criant de psychiatres est constaté alors que près de 40 % des prisonniers ressortent davantage de la psychiatrie que d'une délinquance assumée.
Pour les prisons, comme pour beaucoup d'autres choses en France, les commissions organisées sont compétentes, les rapports d'activités sont excellents, les contrôleurs généraux et les présidents font en général un excellent travail mais tout cela est d'une désolante inutilité.
Dix à quinze suicides par mois, voilà qui semble un rythme quasiment normal et qui ne trouble guère les fêtes et réceptions organisées dans nos ministères. 55