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La France est mal connue de l'étranger.
Est-on sûr que la création d'une chaîne publique payant à M. de
Pouzilhac un salaire de 310 000 euros et à Christine Ockrent 240
000 euros est une bonne solution pour concurrencer CNN ?
Nos présidents de la République ont parfois autant de pouvoirs que
le Roi Soleil.
C'est sur un beau mouvement de menton de Jacques Chirac accompagnant
une envolée lyrique de Dominique de Villepin que la chaîne " France
24 " a été créée.
Après le grand discours de Dominique de Villepin contre le déclenchement
de la guerre en Irak, de longs applaudissements avaient salué son
verbe à l'ONU.
Las, CNN avait coupé ces applaudissements, comme l'ensemble des
télés américaines, qui s'étaient bornées à résumer l'intervention
de notre brillant ministre.
Furieux de ne pas avoir été entièrement filmé, ovations comprises,
Dominique de Villepin et Jacques Chirac avaient résolu de créer
une CNN française émettant en trois langues, anglais, arabe et français.
Alain de Pouzilhac, récemment éliminé d'HAVAS, s'est vu confier
la charge de ce projet à hauteur de 310 000 euros. Pour cette somme,
il n'aurait guère le temps de travailler sérieusement : il lui fallait
donc un adjoint, Christine Ockrent, Mme Bernard Kouchner dans la
vie civile, excellente journaliste payée modestement 240 000 euros,
c'est-à-dire autant que Patrick de Carolis. Celui-ci est pourtant
responsable de toute la télévision française alors que l'audimat
constate actuellement que France 24 n'attire en Europe que 960
000 téléspectateurs par semaine.
Dans un article critique de la revue Capital (juin 2009), ce
mensuel constate que l'audience de la chaîne de Mme Ockrent est
inférieure à celle de Cuisine TV en France.
La chaîne a pourtant été lancée au cours
d'une fête somptuaire dans les jardins des Tuileries : un millier
d'invités de la politique et du show-biz pour un coût évalué à 1
340 000 euros.
Deux ans plus tard d'ailleurs, pour fêter un succès égal
à celui de Cuisine TV, seconde fête presque aussi grandiose indique
Capital dans le club le plus select du bois de Boulogne " Le Tir
aux pigeons ".
Les recrutements de la chaîne - 250 journalistes - sont aussi rapides
que le renvoi ou la démission de ceux-ci.
Il paraît que la France est enfin engagée dans une politique
d'économie grâce à cette merveille administrative baptisée " revue
générale des politiques publiques ".
Il semble que France 24, comme d'ailleurs de multiples excroissances
de France Télévision et de France Radio, ne fassent pas partie de
cette revue générale. 55
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