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Le CO2, des mythes à la réalité, de la passion à la raison.
Le discours sur le CO2 est symptomatique du bruit et de l'agitation
dont nous indiquions en tête de cette lettre qu'ils ne permettent
plus ni d'écouter ni d'agir.
Nicolas Hulot a dominé la campagne électorale. Il est pourtant
avéré qu'il n'a jamais fait un an d'études supérieures et qu'il
est totalement incompétent sur le plan scientifique.
Le Président de la République a chargé Jean-Louis Borloo de prendre
la suite et semble cautionner totalement le projet de loi " Grenelle
II " dont les conséquences seraient considérables sur toute l'économie
française s'il était voté tel quel. Dans
le concert dominant, deux spécialistes viennent de faire entendre
une voix dissidente :
- Christian Gerondeau avec un ouvrage intitulé " CO2 un mythe planétaire
" et
- Rémy Prud'homme, économiste, professeur au M.I.T. et ancien directeur
adjoint de l'environnement à l'OCDE.
Il s'agit dans les deux cas de scientifiques d'un niveau très largement
équivalent au directeur du GIEC.
C'était aussi le cas de Claude Allègre et de nombreux auteurs sur
lesquels il s'appuyait dans ses ouvrages récents : Richard Lindzen,
de l'Académie des Sciences Américaine ; Fred Singer, Directeur météo
de la NASA et Marcel Leroux, professeur de climatologie à Lyon.
Quelques faits tirés de ces deux ouvrages
nous semblent importants à signaler :
- Le méthane concourt à l'effet de serre à hauteur de l'équivalent
de 15 milliards de tonnes de gaz carbonique à comparer aux 30 milliards
de tonnes dus à la combustion du pétrole, du gaz et du charbon.
Une vache émet ainsi en moyenne 2,5 tonnes de CO2 chaque année.
C'est un peu plus que l'émission d'une voiture moyenne qui parcourt
14 000 kilomètres et émet 2,3 tonnes de CO2, quantité en décroissance
régulière, ce qui n'est pas le cas des vaches.
Les écologistes pourraient ainsi lancer un nouveau slogan : Pour
sauver la planète devenons végétariens.
- L'évolution de la concentration de gaz carbonique dans l'atmosphère
est connue avec une grande précision.
Elle a augmenté de 30 % avec une très grande régularité de 1850
à 2008.
Durant le même temps, la température moyenne du globe a augmenté
de 0,7°, soit 5 %. Mais cette augmentation est très irrégulière
: forte de 1910 à 1940, faible et même un peu négative de 1950 à
1980, très forte de 1980 à 1995, stable ou en baisse de 1998 à 2008.
Ces variations semblent d'ailleurs n'avoir aucun rapport avec la
vie économique.
C'est de 1940 à 1980 que l'on aurait dû avoir une très forte croissance
des températures avec une économie qui a tourné à plein régime pendant
la guerre mondiale et plus encore avec la reconstruction de 1950
à 1970.
De même, 1998/2008 ont été des années de croissance mondiale remarquables,
surtout pour les pays hyper-polluants que sont la Chine, l'Inde
et la Russie, alors que la température baisse légèrement.
Le GIEC est un organisme politique qui recourre certes à un réseau
d'experts de tous les pays du monde mais qui n'a aucun caractère
scientifique.
En effet, le GIEC est un groupement de représentants des gouvernements
des pays membres.
Certains sont des scientifiques, d'autres des fonctionnaires, d'autres
des représentants d'ONG, d'autres des politiques purs.
Choisis en général par les ministres de l'écologie, ils représenteront
par exemple en France la pensée de M. Borloo, de Nicolas Hulot et
autres proches des ministres, mais pas du tout l'Académie des Sciences
ou les patrons des labos scientifiques.
Les travaux du GIEC (alarmiste presque par définition) indiquent,
en valeur moyenne probable, que le niveau de la mer augmenterait
de 30 cm avec une température moyenne du globe qui s'élèverait de
2,5°.
Il s'ensuit la description d'une litanie de catastrophes correspondant
à cette élévation de 3 cm par décennie.
Quand on sait que 30 % du territoire des Pays-Bas se situent à plusieurs
mètres de dénivelés sous la mer, on peut penser que les pays intéressés
peuvent se défendre, comme l'ont fait les Néerlandais, d'une augmentation
de niveau qui reste d'une bien faible amplitude.
Le long article de Rémy Prud'homme est en quelque sorte un complément
à l'ouvrage de Christian Gerondeau.
Tout en pensant comme celui-ci que les catastrophes dues au CO2
sont pour une bonne part imaginaires et non fondées, cet économiste
admet, pour sa démonstration, les affirmations du GIEC.
Il ne discute ni les causes ni les conséquences
ni la prospective du réchauffement climatique.
Il s'interroge simplement sur la politique à suivre pour en éviter
les effets les plus nocifs.
Il constate à cet égard que la politique
programmée par la France est à la fois extrêmement coûteuse et inutile
(un ruineux cautère sur une jambe de bois).
Il part pour cela de constats simples que l'on ne trouve nulle part
dans le bruit médiatique ambiant.
Citons-en un seul : celui du contenu en carbone des diverses économies
mondiales.
Ce concept mesure la tonne de CO2 produite pour chaque million de
dollars de PIB.
Les résultats sont les suivants :
- France................. 270
- Royaume-Uni........ 397
- Japon.................. 403
- Allemagne............ 426
- Espagne.............. 466
- Etats-Unis............ 761
- Mexique............... 942
- Inde................. 2 834
- Russie............... 3 788
- Chine................ 3 810
- Monde................. 882
Citons encore un dernier chiffre :
la croissance française 2000/2008 étant de l'ordre de 2 % par
an, alors que la croissance chinoise est de 10 %, l'augmentation
annuelle des rejets de CO2, avec une politique identique, serait
dans un rapport de 1 à 71 entre la Chine et la France sur les quarante
prochaines années.
La politique volontariste proclamée par le gouvernement consiste
à imposer pour les cinquante prochaines années une réduction de
75 % des rejets de CO2, alors que l'ensemble de la planète réduirait
ces rejets de 25 %. C'est ce qu'on appelle " le facteur 4 ".
Au lieu d'augmenter de 25 % on réduira
de 75. Objectif totalement irréaliste, ruineux et inutile.
Cet objectif, nous dit-on, peut créer 500 000 emplois dans les dix
ans qui viennent, mais comment ?
Grâce bien sûr à la dépense publique : subventions, prêts bonifiés,
déductions fiscales, etc.
Si la dépense publique créait vraiment
des emplois, cela se saurait puisque nous sommes les champions du
monde dans ce domaine.
Comme le dirait Bastiat, les 500 000 nouveaux emplois verts,
c'est ce qui se verra.
Mais les 700 000 emplois détruits par l'hyper-fiscalité, les prix
excessifs des énergies renouvelables et l'ensemble des coûts d'une
économie théoriquement plus verte, c'est ce qu'on ne verra pas.
Christian Gerondeau, " CO2, un mythe planétaire
", Ed. du Toucan.
Rémy prud'homme, " C02, raison garder " (Commentaire N° 125).
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