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Prisons : un scandale national permanent.

Le 16 janvier on apprenait qu'un onzième détenu s'était suicidé dans une prison française depuis le 1er janvier.
Aucune instance de contrôle n'existant pour vérifier les causes de la mortalité en prison, force est d'accepter les informations de la direction de l'administration pénitentiaire, pourtant contestées par certaines associations.
Mais déjà, ce chiffre est extravagant.
Comment tolère-t-on, chaque mois, cinq, huit, dix suicides de prisonniers ?
Avec 64 000 détenus et un taux de surpeuplement de 140 %, les prisons sont la honte de la France.
Le Président Sarkozy avait décidé la création d'une autorité de contrôle et de surveillance des prisons qui a été confiée à M. Jean-Marie Delarue.
Celui-ci a rendu un rapport affligeant le 7 janvier dont la presse a d'ailleurs rendu compte assez largement.
Un des éléments le plus étonnant de ce rapport est la phrase selon laquelle " Les directeurs de prisons et leurs adjoints connaissent mal la détention. Ils ne peuvent s'en remettre sur ce point au seul encadrement...
Il importe qu'ils possèdent une vue approfondie des détenus et qu'ils prodiguent aux personnels le soutien dont ceux-ci ont besoin.
Il est donc nécessaire que l'emploi du temps des responsables d'établissement leur permette de passer du temps en détention, de recevoir les détenus qui le souhaitent et, plus généralement d'avoir une connaissance précise et renouvelée des personnes incarcérées dans leur établissement. "

Le terme de renouveler est important quand on sait que le dernier suicide-assassinat qui a eu lieu en prison début janvier était celui d'un jeune homme qui, en cellule avec deux grands malfaiteurs, a été torturé pendant deux semaines et s'est suicidé sans qu'aucun surveillant ne se soit aperçu de quoi que ce soit.
La Garde des Sceaux, ne l'oublions pas, est à la fois chargée de la justice pour que celle-ci passe mais aussi de la prison pour que la réinsertion soit une réalité.
Prononcer cette phrase aujourd'hui semble le plus souvent une sinistre plaisanterie.

Lire à cet égard l'ouvrage : " Comment rendre la prison (enfin) utile ", Institut Montaigne, rapport de septembre 2008, 93 pages, 10 euros.
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