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Le crédit renouvelable : un problème social grave.

43 millions de comptes dits " revolving " sont actuellement ouverts en France dont 20 millions sont actifs.
C'est beaucoup plus que dans tous les pays européens.
9 % seulement des ménages déclarent rembourser ce type de crédit. Ainsi, 91 % des bénéficiaires vivent en permanence avec des crédits de ce type. Cela représente des sommes considérables puisque les opérations de crédits classiques indiquent un encours moyen en 2007 et 2008 d'environ 34 milliards d'euros alors que les crédits renouvelables en représentent près de la moitié, 14 milliards.
Les banques et les sociétés de crédits renouvelables (COFINOGA, CETELEM, SOFINCO...) font la majorité de leurs bénéfices sur les frais de découverts bancaires d'une part, et les crédits à la consommation d'autre part.
Pourquoi ? Parce que la législation sur l'usure est absurde.
Les taux d'usure fixés par la Banque de France varient selon les types de crédits consentis entre 7,7 et 21,3 %. Certains d'entre eux, comme les taux d'usure de découvert bancaire, ne comprennent pas les frais et commissions spéciales dus sur les plus forts découverts.
En taux effectif global, le découvert bancaire peut atteindre 22 % sans qu'il y ait usure.
On peut comprendre que les coûts de gestion des banques varient fortement avec l'importance du crédit accordé.
La gestion d'un crédit immobilier de 300 000 euros ne coûte pas grand-chose alors que celle d'un petit crédit de 1 500 euros, renouvelé ou pas, avec un incident de paiement, peut coûter beaucoup plus cher.
Est-ce une raison pour passer de 1 à 3 en matière de taux d'usure ? Certainement pas.
Deux rapports sont sur le bureau de Christine Lagarde pour réformer le crédit renouvelable avec quelques idées simples qui auraient une grande portée sociale si elles étaient appliquées :
- Créer un fichier central regroupant les dossiers des personnes ayant recours aux crédits classiques et aux crédits renouvelables, ce qui n'existe pas actuellement.
- Garantir que le remboursement permette un amortissement minimum du crédit.
- Limiter de façon drastique les sollicitations.
- Etablir des seuils d'alerte fixant un rapport entre le revenu du ménage emprunteur et le montant de son emprunt.
- Supprimer en même temps l'automaticité du caractère renouvelable.
- Baisser fortement le taux d'usure, ce qui découragera les banques de pousser à la consommation ce type de crédit. Lorsqu'on cherche des moyens d'améliorer le pouvoir d'achat des Français, il ne faut pas chercher bien loin car ce sont les ménages les plus pauvres qui ont massivement recours à ce type de crédit.
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