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La crise économique ne doit pas faire oublier les graves questions
de société qui font la vie quotidienne des Français :
Les soins de santé,l'âge de la retraite, la justice, la prison,
le travail du dimanche, la psychiatrie.
Les soins de santé.
Le déficit de la Sécurité Sociale, malgré toutes les tentatives
de réformes, reste stable autour de 10 milliards par an et ce n'est
pas la remontée du chômage qui va le réduire.
Une trentaine de pathologies graves ou chroniques sont prises en
charge à 100 %. 15 % des assurés en bénéficient, ce qui représente
66 % des dépenses de santé.
La réforme du traitement financier de ces pathologies graves
ou chroniques est à l'étude par tous les gouvernements depuis 25
ans, aucune solution ne semble réunir une nette majorité, mais cette
question reste totalement d'actualité car ces affections vont
représenter 89 % de la croissance des dépenses d'assurance maladie
dans les prochaines années.
L'âge
de la retraite.
Après l'aberration de la fixation de l'âge de la retraite à 60 ans,
les réformes Balladur, Raffarin et Fillon n'ont pas abouti à réduire
le déficit global de la branche vieillesse de la Sécurité Sociale.
Sans toucher au chiffre officiel de 60 ans, le chiffre officieux
varie selon le nombre d'années nécessaires pour toucher une retraite
à taux plein : aujourd'hui 62 à 63 ans. Mais tout dépend
de l'âge auquel on a commencé à travailler.
C'est pourquoi le Parlement vient de voter un texte permettant
d'aller jusqu'à 70 ans sur la base du volontariat pour ceux qui
ayant commencé tard souhaitent absolument avoir un taux plein et
même pour certains, un bonus.
Cette prolongation possible pose évidemment le problème de la pénibilité
du travail.
Qu'un fonctionnaire ou un cadre administratif puisse aller jusqu'à
65, 68 ou 70 ans ne semble pas aberrant.
Qu'un ouvrier du bâtiment ou de la métallurgie, mais aussi une infirmière
ou un pilote d'avion aille jusque-là, paraît assez absurde.
Voilà le type de vrai problème sur lequel devrait se pencher
les politiques de droite et de gauche sans a priori pour aboutir
à des solutions consensuelles.
La
justice.
Les professions judiciaires revendiquent à juste titre leur indépendance.
Revendication d'ailleurs assez schizophrène pour une grande partie
de ces professions car imaginer un Parquet indépendant est un contresens.
Par ailleurs, indépendance ne signifie
pas irresponsabilité.
Or de mémoire d'observateur attentif, on n'a jamais vu de juge licencié
immédiatement de son poste lorsqu'une erreur judiciaire grave, lourde,
désastreuse sur le plan humain a été commise.
A notre connaissance, le petit juge d'Outreau est toujours juge,
comme celui qui a pourchassé le notaire de Bruay-en-Artois et quelques
autres.
Et lorsqu'une page entière d'un grand quotidien est consacrée au
dépôt de la honte du tribunal de Créteil, où 9 000 personnes sont
accueillies chaque année dans un espace de 16 m² où sont souvent
réunis 15 personnes avec un W-C. sans cloison, qui décide de
l'affectation des sommes versées pour les locaux du tribunal, sinon
le président ?
Il est alors assez étonnant de voir 500 magistrats signer une pétition
contre leur ministre.
Mme Rachida Dati a sans doute des torts dans la gestion de son ministère.
Elle semble réunir contre elle nombre d'opinions négatives dont
certaines semblent impartiales.
Mais il reste inadmissible que les magistrats soient aujourd'hui
totalement au-dessus des lois.
La prison.
On atteint presque, et l'on atteindra certainement, le chiffre
de 100 suicides en prison pour 60 000 détenus par an. Soit 1 pour
600 détenus. Ce chiffre est dix fois plus élevé que la moyenne nationale
des suicides. Cette moyenne est d'ailleurs faussée par le fait
que le suicide augmente avec l'âge.
La population incarcérée étant beaucoup plus jeune que la moyenne,
le nombre de suicide en prison est 20 fois plus élevé que la moyenne
nationale.
Ce chiffre est une honte pour le système carcéral français,
comme d'ailleurs l'état physique de nos prisons et leur très faible
efficacité pour la réinsertion des condamnés, le travail, le sport...
Le travail du dimanche.
La bataille du travail du dimanche n'est ni vaine ni inutile.
Elle rejoint de grands problèmes de société comme l'intérêt d'une
journée consacrée à la famille et aux rapports parents-enfants.
L'institution du sabbat, du jour du Seigneur, comme celle imaginable,
d'une journée sans télévision, sont des sujets dont il est utile
de discuter.
Il reste que dans la société marchande qui est la nôtre, et compte
tenu des difficultés d'emploi de plusieurs millions de personnes,
une solution pour ouvrir au travail du dimanche un certain nombre
de commerces semble souhaitable : pour les jeunes, pour les célibataires,
pour les salariés ayant des emplois précaires et pour les volontaires
à condition que le volontariat soit réellement
garanti et le niveau de salaire intéressant.
Le débat en cours n'a rien d'inutile. Il est plutôt à l'honneur
de nos parlementaires.
La psychiatrie.
L'anti-psychiatrie a fait fureur en France après les années 68,
Michel Foucault, l'école freudienne italienne puis, progressivement,
une large partie du monde psychiatrique ont adopté cette théorie
et cette pratique.
Comme toute démarche intéressante et forte, elle a suscité des passions
et donc des excès.
Qu'un certain nombre de cas de folie représente un grave danger
pour l'entourage des soignants mais aussi pour l'ensemble de la
population, c'est indubitable.
Et le schizophrène ayant appris à manipuler le sabre avec assez
talent pour trancher la tête de deux infirmières, avait été signalé
moultes fois par ses parents, ses voisins, son entourage et nombre
de soignants.
Mais ni le psychiatre référent, ni le commissaire de police n'avaient
pris les mesures nécessaires pour l'enfermer. Chaque année, un certain
nombre de cas de ce type apparaissent. Faut-il alors prévoir des
mesures d'enfermement et/ou des contrôles sévères ? Bien sûr.
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