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Le prix du pétrole et l'automobile de demain.

Le pétrole et l'impôt.
Dans notre Lettre N° 42 (février 08), nous avions attiré l'attention sur le fait qu'à cent dollars, voire un peu plus, le monde ne manquerait pas de pétrole.
Nous avions également souligné que passer en trente ans de 30 à 100 dollars constants le baril, c'était une augmentation de 3 % par an, parfaitement normale pour une matière première sensible.
Nous en sommes maintenant autour de 132 dollars, mais on évoque les 150, voire davantage. Cela change évidemment la donne.
Et d'abord, pour l'Etat français et l'équilibre de la dépense publique.
La taxe intérieure sur les produits pétroliers représente en effet le cinquième impôt par ordre d'importance en 2007
(en milliards d'euros) :
TVA .................. 135,7
CSG .................. 80,4
IS ....................... 49,2
IRPP .................. 48,5
TIPP .................. 24,4

Le mouvement de révolte des professions pour lesquelles les carburants représentent plus de 20 % du chiffre d'affaires (marins pêcheurs, routiers, taxis, ambulanciers, agriculteurs) contraindra nécessairement le gouvernement à baisser la TIPP dans une proportion importante.
Or il reste impératif de réaliser quelques 40 milliards d'euros d'économie d'impôts en 4 ans pour réduire la dette et respecter la discipline européenne. Pas simple !

La formidable possibilité d'innovation des hommes... et du capitalisme... !
La stabilisation des cours du pétrole en dollars constants autour de 30 à 35 euros avait lancé la recherche de carburant de remplacement dans les années 1990/95.
C'est le Japonais Toyota qui a travaillé avec le plus de ténacité sur le sujet, aboutissant au lancement en 1998 d'un véhicule hybride métissant l'essence avec un peu d'électricité, la Toyota-Prius, voiture de grande série qui s'est vendue à plus 1,3 million exemplaire et qui table dès 2009 sur 1 million de vente par an pour une troisième génération de Prius où l'électricité passe d'un rôle secondaire au rôle quasi principal.
General Motors annonce un véhicule mixte également avec batterie rechargeable pour 2010, PSA pour 2011/12.
Un autre type de voiture fonctionnant au super éthanol est déjà sur le marché mais presque uniquement au Brésil.
La solution des biocarburants semble aujourd'hui quasiment abandonnée en raison de la hausse des cours mondiaux des produits alimentaires.
Certains constructeurs travaillent pour un nouveau type de biocarburant fabriqué à partir de végétaux non alimentaires (copeaux de bois, cellulose, paille, algues etc.). Solution attendue pour 2020.
Mais les solutions les plus prometteuses semblent tourner autour de deux concepts : la voiture avec pile à combustible et la voiture à hydrogène.
Toutes les grandes marques travaillent sur la pile à combustible, notamment en tablant sur les nanotechnologies qui permettent de diviser par deux la quantité de platine nécessaire.
General Motors, Daimler-Benz se disent prêts pour les années 2012/2015.
C'est BMW qui apparaît aujourd'hui en pointe pour la voiture à hydrogène qui n'émet aucun gaz carbonique.
La technologie est très complexe.
Si tous les scientifiques s'accordent à dire que c'est la solution d'avenir, tous pensent également qu'il faut encore au moins 10 ans pour parvenir à une technologie en grande série.
10 ans c'est peu de chose car avec un pétrole entre 130 et 150 euros, les réserves mondiales gagnent au moins 50 ans.
Dernière solution, celle d'un ingénieur niçois, Guy Nègre, qui s'acharne depuis plusieurs années sur une nouvelle technologie : l'air comprimé.
Cette formule est une solution à bi-énergie car elle nécessité un mini moteur à essence complémentaire pour atteindre les 100 km/h et avoir une très grande autonomie : 800 km.
Le géant indien, Tata Motors, vient de signer un partenariat de 20 millions d'euros avec Guy Nègre qui pense mettre sur le marché une voiture de série en 2009/2010.
En bref, dix constructeurs au moins vont proposer en 2010 des modèles au minimum hybrides permettant de faire tomber la consommation de carburant traditionnel à moins de 3 litres au cent... ou a zéro : Honda, BMW, Tata, Daimler, GM, PSA, Renault, Mercedes, Toyota, Ford, sans compter les nouveaux venus comme Dassault et Boloré.

Une fois de plus, la souplesse de l'économie capitaliste, la vigueur de la concurrence et les contraintes du prix des carburants, montrent que les solutions sont trouvées quand le marché l'impose. 45