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Carte scolaire et hypocrisie sociale
Favilla
a publié dans les Echos début juin un excellent article sur la carte
scolaire dont il nous semble que rien ne doit être modifié.
Nous en reproduisons ci-dessous l'essentiel :
" A entendre ses défenseurs les plus bruyants, les deux vertus
de la carte scolaire seraient l'égalité des chances et la mixité
sociale.
On parle très peu d'un troisième enjeu, celui de la qualité de l'enseignement,
comme si l'Education Nationale, vaste crèche, avait pour mission
unique la socialisation des jeunes.
Mais, même du point de vue de l'égalité des chances, quels sont
les gagnants et les perdants du système actuel ?
Les perdants sont assurément les bons élèves
des établissements " difficiles ", bridés dans leurs possibilités
par le faible niveau des classes.
On pourrait prétendre que les gagnants
sont les élèves les plus faibles entraînés vers le haut. C'est largement
faux.
Ceux qui enseignent savent bien qu'une masse critique d'élèves
réfractaires bloque facilement tout travail efficace......
Venons-en à l'argument de la mixité sociale
: il repose sur un curieux présupposé et sur deux hypocrisies.
Dire que la suppression de la carte scolaire accentuerait la ségrégation
entre les enfants selon leur milieu, c'est supposer que les familles
les moins aisées ne peuvent pas produire de bons élèves.
Pauvreté matérielle serait donc synonyme de pauvreté intellectuelle
?
Quant aux hypocrisies, la première
est de laisser croire que le cantonnement des enfants dans leur
périmètre scolaire contribuerait puissamment au maintien de la mixité.
Alors que toutes les études confirment la tendance à la " ghettoïsation
" c'est-à-dire à l'homogénéisation sociale des zones d'habitat.
La seconde est de feindre d'ignorer que
les familles aisées ont les moyens de contourner la carte scolaire
en plaçant leurs rejetons dans l'enseignement privé qui,
lui, ne sélectionne pas seulement par la qualité mais aussi par
l'argent...
La suppression de la carte scolaire exposera les équipes enseignantes
aux dures réalités de la concurrence mais permettra aussi - comme
l'avait d'ailleurs fait valoir Ségolène Royal - de bien identifier
les établissements en difficulté et d'y concentrer des moyens :
c'est là et là seulement qu'il faut réduire le nombre d'élèves par
classe... " 37
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