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Loi sur les peines planchers et la réforme de l'ordonnance de 1945 sur les mineurs.

Rachida Dati, Ministre de la justice, présentera à la session parlementaire de cet été un premier projet de loi tendant à renforcer la lutte contre la récidive des majeurs et des mineurs.
Un second projet de loi est en gestation pour réformer l'ordonnance de 1945 qui traite de l'ensemble des mesures de prévention, d'éducation et de répression de la délinquance des mineurs.
Ces deux projets conduiront nécessairement à une augmentation importante du nombre de mineurs et de majeurs détenus : les chiffres varient de 5 à 10 000.
D'ailleurs, si les peines infligées étaient effectivement appliquées, ce chiffre passerait facilement à 15/20 000.
On sait en effet que les peines de moins de 3 mois sont exonérées de prison et que de 4 à 9 mois elles sont rarement mises en œuvre et le plus souvent limitées à 1 ou 2 mois.
L'idée que la population carcérale passerait ainsi d'environ 60 000 à 70 000 n'a rien à voir avec ce que dénoncent ceux qui voient dans ces mesures l'adoption d'une politique judiciaire du " tout carcéral ".
Il est de même absurde d'opposer strictement l'éducation et la prévention d'une part, l'incarcération d'autre part.

La prison, à condition que sa durée soit courte - deux à trois mois - est souvent le meilleur instrument de prévention et d'éducation. Un jeune qui passe deux mois en prison en ressort neuf fois sur dix avec la volonté de ne jamais recommencer car l'expérience de la privation de liberté et de la vie dans une cellule de douze mètres carrés est en règle générale rédhibitoire.

Il nous semble donc que rien ne doit s'opposer à l'idée d'augmenter la population carcérale mais à deux conditions, et deux conditions très strictes :
1 - la surpopulation de nos prisons est strictement inadmissible, en particulier pour les jeunes qui sont nécessairement victimes des anciens et des " caïds ",
2 - les conditions d'emprisonnement doivent être humanisées sur trois points fondamentaux :
la possibilité de travailler, l'hygiène et le sport.
C'est trois conditions sont particulièrement importantes pour les jeunes.

En attendant, toute législation nouvelle sera, comme par le passé, aussi théorique qu'inutile.
Si un département a besoin de moyens financiers, c'est bien la justice.
Il est notamment tout à fait scandaleux que la société politique en général et la gauche en particulier se cramponnent au 1 % culturel et ignorent complètement les 3 % judiciaires qui devraient être la norme de tout pays civilisé.

Alors attention aux lois nouvelles qui resteront des effets d'annonce si les moyens ne suivent pas.
Les citoyens sont aujourd'hui bien assez informés pour s'en apercevoir.
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