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Réformer les IUFM, repenser
la pédagogie, un préalable à la réforme de l'Education.
Il n'est pas un ouvrage d'enseignant - et il s'en publie plus de
trente par an - qui ne critique avec virulence le fonctionnement
actuel des IUFM.
On se souvient notamment du livre " L'école désoeuvrée ou la
nouvelle querelle scolaire ", publié en 1999 par Laurent Jaffro,
mais bien d'autres ont été publiés depuis sur le même sujet.
Les IUFM (Instituts Universitaires de Formation des Maîtres) ont
été créés par Lionel Jospin dès la seconde année de son long séjour
à l'Education Nationale.
C'était, pour le Ministre et la tendance qu'il représentait alors,
un excellent moyen d'investir durablement et profondément - certains
n'hésiteraient pas à dire de pourrir - un système éducatif déjà
largement atteint.
Les formateurs des IUFM auraient pu et
auraient dû être en grande majorité des professeurs expérimentés.
La professionnalisation et la qualité de l'enseignement y auraient
naturellement beaucoup gagné.
Mais c'est absolument l'inverse qui s'est produit.
Les créateurs, les cadres et les animateurs des IUFM ne souhaitent
pas, et même refusent, cette idée de " professeurs expérimentés
". Ils veulent être les garants d'une transformation
majeure de l'école, amplifiant et pérennisant une idéologie éducative
y compris dans ses aspects les plus farfelus.
Or cette structure des IUFM est fondamentale puisqu'ils
accueillent quelques 85 000 futurs enseignants par an.
Le résultat le plus clair de leur action depuis 17 ans est la
longue plainte des jeunes professeurs et surtout des professeurs
de collèges qui estiment aborder leur métier sans aucune préparation
réaliste, concrète et expérimentale.
C'est à cette institution que veut s'attaquer le Ministre de l'Education
Nationale, Gilles de Robien, en organisant une tournée européenne
pour aller étudier la formation des maîtres, notamment dans les
pays de l'Europe, du Nord et du Centre.
La loi Fillon de 2005 était restée extrêmement vague sur ce sujet
en préconisant un plus fort rattachement des IUFM aux universités
- on se demande pourquoi - et la définition d'un cahier des charges
national harmonisant le contenu des enseignements et redéfinissant
les missions prioritaires des enseignants.
Cette réforme des IUFM devrait être au
cœur des projets de nos présidentiables pour l'école.
Le nœud principal de toutes les difficultés d'adaptation de celle-ci
se situe vraiment dans l'appareil pédagogique : l'INRP (Institut
National de Recherches Pédagogiques), les CRDP (Centres régionaux
de Documentation Pédagogique), le IUFM et, bien sûr, le corps des
inspecteurs.
C'est à l'ensemble de ce système qu'il faut s'attaquer pour réformer
l'Education Nationale, comme il faut s'attaquer à la toute puissance
des syndicats d'enseignants et à l'affectation nationale des professeurs
en créant une véritable autonomie des établissements d'enseignement.
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