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L'éducation va-t-elle enfin tenir la première place dans le débat pour les présidentielles ?


Tout se joue pour le succès d'une vie socioprofessionnelle et même d'une vie familiale dans les premières années de la vie.
La psychanalyse va sans doute trop loin en pensant que tout est joué à cinq ans.
Mais c'est en tout cas entre six et vingt ans que se joue 90 % de la réussite d'une vie.
C'est pourquoi il est criminel de faire entrer au collège des enfants qui ne maîtrisent pas parfaitement la lecture, l'écriture et le calcul.
Passer quoi qu'il arrive en sixième à onze ou douze ans est une absurdité.
C'est pourtant ce qu'imposent l'Education Nationale et nos chers IUFM depuis trente ans.
Réjouissons-nous que le débat se développe enfin sur ce sujet, comme sur celui du passage en troisième, comme sur le baccalauréat, comme sur l'accès aux universités.
Réjouissons-nous aussi qu'enfin de Nicolas Sarkozy à Ségolène Royal, en passant par Gilles de Robien et François Fillon, tous nos grands politiques se saisissent de la question.
Toutefois, préconiser la fin de la carte scolaire n'est pas réaliste si cette mesure n'est pas accompagnée par une réflexion profonde sur l'autonomie des établissements scolaires, l'adaptation des programmes, le développement de classes de rattrapage, la création d'équipes d'enseignants volontaires travaillant en toute liberté hors du moule des programmes imposés par l'Education Nationale.
Ce n'est pas un hasard si la Grande-Bretagne, confrontée aux mêmes problèmes, va beaucoup plus loin que les propos tenus par nos politiques, Tony Blair développant sans complexe une politique d'autonomie complète des collèges et des lycées.
Espérons seulement que, le coût d'envoi étant lancé sur ce sujet, le débat va vraiment s'approfondir et des solutions pratiques et détaillées être proposées.
A cet égard, il faut lire un remarquable petit livre d'une centaine de pages écrit par Jean-Robert Pitte, Président de l'Université Paris-Sorbonne : " Jeunes, on vous ment ! ".
Citons quelques chiffres frappant sur les dysfonctionnements de l'éducation.
1) Dépenses par élève ou étudiant en France (en euros par an)

Cours préparatoires aux grandes écoles 13 760
Sections de techniciens supérieurs (proches des IUT) 12 300
Lycées général, technique et professionnel 10 300
IUT 9 160
Universités hors IUT 6 700
Collèges 7 400


Ces chiffres résument le paradoxe et le drame du système éducatif français.
Il n'est pas un pays au monde qui dépense nettement plus d'argent pour ses collégiens que pour ses universités.
Tous étudiants confondus, on notera que la France consacre environ 8 800 dollars par an et par étudiant, alors que les Etats-Unis en dépensent 22 200, presque trois fois plus.

2) Evolutions récentes des effectifs d'élèves et d'étudiants en France

 
1980 - 1981
2004 - 2005
Premier degré 7 400 000 6 600 000
Second degré 5 300 000 5 500 000
Apprentissage (du CAP à l'enseignement sup.) 240 000 380 000
Enseignement sup. 1 200 000 2 300 000
Dont université 800 000 1 300 000
Dont CPGE 40 000 77 000
Dont STS 70 000 230 000
Dont IUT 50 000 110 000
Dont école de commerce et d'ingénieurs (toutes catégories) 50 000 190 000


Source : ministère de l'Education nationale
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