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Deux grands penseurs nous ont quitté : Jean-François Revel et Philippe
Muray
Jean-François Revel fait partie de cette lignée assez
rare des " penseurs-actifs
Philosophe avant tout - l'agrégation de philo était son horizon
essentiel à vingt-quatre ans - il n'aurait pas imaginé d'écrire
des ouvrages qui ne soient complètement intégrés à la vie sociale
et politique de son époque.
Un de ses meilleurs livres reste le libelle "
Pourquoi des philosophes ? ".
Il connaissait la réponse et l'a donnée durant trente ans à travers
la presse et une vingtaine d'ouvrages dont le meilleur reste à notre
avis ses mémoires " Le voleur dans la maison
vide ".
J-F. Revel était un des rares hommes à pouvoir communiquer les fondements
de la philosophie et de l'économie libérale à plusieurs centaines
de milliers de personnes peu accessibles à des ouvrages de philosophie
ou de sociologie, mais parfaitement à même d'accueillir son argumentation
et son langage journalistique.
Il a fait beaucoup plus pour la pensée qu'un grand nombre de
philosophes proches de lui, peut-être parce que son premier
livre s'appelait précisément : " Pourquoi des philosophes ? ".
Je laisserai Michel Desgranges, l'éditeur de Philippe Muray,
parler cent fois mieux que je ne le pourrais, de cet auteur qu'il
édita durant trente ans.
" Il y eut son Céline et surtout le XIXème siècle à travers les
âges qui connut un véritable succès public.
Muray était désormais un écrivain majeur.
Philippe n'avait ni fortune ni emploi à loisir rétribué et, même
si son œuvre lui ouvrait déjà les portes du milieu intello-littéraire,
sa simple honnêteté et un élémentaire respect de soi, lui interdisaient
d'être un atome ou une étoile d'un univers de compromissions constantes,
de trahisons et de jalousies, de mensonges et de flatteries hypocrites.
Ce qu'il décida fut digne : il fit le choix d'écrire discrètement
plus de cents romans policiers populaires assez bêtas et plutôt
rigolos vendus à plusieurs dizaines de millions d'exemplaires.
Et je pense que tout Français a lu Philippe Muray sans le savoir.
Cela lui permit d'être ce qu'il voulait : un écrivain authentiquement
libre. "
Nous avons rendu compte de plusieurs livres de Philippe Muray. Difficile
d'en recommander certains plutôt que d'autres. "
Festivus, festivus ", dialogues avec Elisabeth Levy,
constitue un peu son testament.
Mais il faut surtout relire les quatre volumes de ses "
Exorcismes spirituels ".
Michel Desgranges annonce dans sa dernière chronique la réédition
de l'ensemble de son œuvre.
A ce sujet, chacun peut s'abonner gratuitement à la Chroniques des
Belles Lettres que publie - et écrit - chaque semaine Michel Desgranges.
C'est une promenade littéraire qui est aussi un grand plaisir pour
l'esprit, tant pour la découverte d'écrivains anciens ou récents
oubliés ou peu connus, que pour la qualité de l'écriture (www.lesbelleslettres.com)
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