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Discrimination positive : une querelle idéologique sans intérêt.
Le Président de la République a répété dans son allocution du 14
novembre qu'il était opposé à la discrimination positive comme à
la logique des quotas.
Aux Etats-Unis, ce principe baptisé " affirmative action " est également
contesté, plusieurs arrêts de la Cour Suprême sur le sujet étant
contradictoires.
Cette bataille de mots entre Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac et
Dominique de Villepin est une petite guerre politicienne sans aucun
intérêt car les faits, exigeants, sont là.
Les deux questions à se poser, et ce sont les seules, sont :
1 - comment donner un minimum de formation
à tous ces jeunes qui ont abandonné l'école,
2 - comment à niveau à peu près égal donner
une chance réelle de travail aux noirs, aux arabo-musulmans, deux
populations qui visiblement ne sont pas intégrées alors que Espagnols
et Portugais, Asiatiques de toutes origines, chrétiens libanais,
Américain du sud n'ont pas de problèmes ?
La réponse à cette seconde question est complexe :
- Handicap culturel profond peut-être dû à la prédominance masculine
dans les sociétés arabo-musulmanes,
- héritage culturel du colonialisme,
- très forte volonté des Ibères et des Asiatiques de réussir par
eux-mêmes ?
Sur ces sujets le Ministre de l'Intérieur avait organisé place Beauvau
une table ronde d'une journée où les problèmes de fonds ont bien
été posés par Nicolas Sarkozy et une douzaine de participants de
grande qualité : Claude Guéant, Tahar Ben Jelloun, Claude Bébéar,
Richard Descoings, Roger Fauroux, Luc Ferry, Serge Weinberg, Daniel
Canepa, Michel Gaudin, Guy Parayre, Paul Peny, André Rossinot
Un dernier mot : que l'Etat commence par
appliquer ses propres recommandations.
Les Français ayant deux parents immigrés représentent 3,7 % de la
population.
On en trouve 3,9 % parmi les salariés du secteur privé et 2,3
% parmi ceux du secteur public.
Voilà ce que personne ne dit : malgré les réticences bien connues,
il n'y a finalement pas ou peu de discrimination dans les entreprises
privées dans les niveaux de qualification faibles qui sont trop
souvent ceux de cette population alors que dans le secteur public,
le refus d'engager des enfants d'immigrés est patent et très élevé.
C'est sans doute dans les emplois concernant
les bacs + et les emplois d'encadrement que la discrimination est
réelle.
Oublions donc ce terme de discrimination positive et regardons
la réalité, c'est-à-dire la proportion des diverses populations
présentes dans les entreprises.
Cela doit permettre d'indiquer à Jacques Chirac et Dominique de
Villepin que c'est par le secteur public qu'ils doivent commencer.
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