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L'hébergement
d'urgence en hôtels de préfectures et en hôtels meublés : impuissance
administrative et scandale financier
Environ
500 000 personnes se trouvent dans un état de très grande précarité
en matière de logement : expulsés sans moyen financier, ménages
très pauvres refusés en HLM par manque de garanties, réfugiés déboutés
du droit d'asile, étrangers en situation irrégulière...
Une partie importante de cette population est logée en hôtels de
préfectures et en hôtels meublés dans des conditions financières
extravagantes.
Les nuitées moyennes varient de 16 à 29
euros par personne et par jour soit, pour une famille de 5 personnes,
de 2 400 euros à 4 350 euros par mois.
La Ville de Paris, le Conseil Général des Hauts-de-Seine, le SAMU
Social et divers organismes publics ou caritatifs négocient ces
prix à des tarifs inférieurs de moitié et parfois moins mais c'est
l'exception plutôt que la règle car la rareté des places d'hébergement
d'urgence face à l'afflux de demandeurs permet à l'hôtellerie de
la pauvreté de maintenir très souvent des tarifs scandaleux.
2 400 euros pour une famille de 5 personnes dans une chambre,
soit 15 700 francs par mois, pour ce prix là , on peut leur construire
une vraie maison !
Cette situation est une véritable manne pour les hôteliers de ce
secteur car les risques d'impayés sont faibles pour deux raisons
:
- soit les services sociaux
publics acquittent eux-mêmes 80 à 100 % des frais d'hébergement,
- soit cette population très
fragilisée fera tout pour éviter la rue et mettra 60 à 70 % de son
faible revenu dans sa chambre.
Voilà donc une affaire ultra-rentable et un marché important (à
90 % d'étrangers) qui ne peut que se développer même si apparemment,
tout est fait pour décourager l'immigration.
Pourquoi cette situation perdure-t-elle
?
Elle est en effet absurde puisque l'Etat et les collectivités locales
d'une part, les ménages pauvres de l'autre dépensent une fortune
pour se loger misérablement.
Osons trois suggestions :
1 - Constituer un groupe de travail qui
comporterait cinq personnes du secteur privé - constructeurs
de maisons économiques, promoteurs d'immeubles bon marché, chaînes
hôtelières de type une étoile -
et cinq du secteur social, local et public
- Emmaüs, Armée du Salut, Samu Social, CAFDA et Ville
de Paris.
Les noms cités sont une simple suggestion.
L'important est que le groupe soit à 50 % privé et que, devant une
situation de marché florissante, il propose des solutions sociales
intelligentes et financièrement équilibrées.
2 - Cesser de faire croire au mirage HLM
à Paris et dans les trois départements de la première couronne.
Si la production de HLM locatifs sociaux a baissé de façon continue
depuis vingt ans, tombant aux environs de 50 000 en 2002, ce n'est
pas parce que les socialistes étaient méchants. C'est parce que
l'Etat, de gauche ou de droite, n'a plus d'argent.
Il est peu probable que les grands projets de M. Boorlo changent
durablement cette situation.
3 - Décentraliser toute la politique de
logements d'urgence en partant du principe que Paris et la première
couronne sont totalement saturés et que toutes les aides
doivent être quasiment supprimées et réparties sur la province et
particulièrement les dix premières métropoles régionales.
Les étrangers seront toujours beaucoup plus à l'aise dans une grande
ville où ils risquent de retrouver de petits groupes minoritaires
de la même origine.
C'est pourquoi ils veulent tous venir dans la région parisienne.
C'est aussi pourquoi on ne peut pas leur imposer campagnes et petites
villes mais l'on peut parfaitement concentrer les aides sur 8
à 10 grandes agglomérations urbaines dépassant 400 000 habitants.
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