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Protocole de Kyoto : on gagnerait à en discuter de façon plus intelligente.

L'accord international signé dans l'ancienne capitale du Japon, Kyoto, en 1997, n'a pas été ratifié par les Etats-Unis.
La presse déplore régulièrement ce refus de signature et estime que les Etats-Unis ont fait là une très mauvaise action voire un crime contre la planète.
Pourrait-on en discuter calmement et surtout intelligemment ?
D'abord les Etats-Unis sont un pays fédéral. Si le gouvernement américain refuse de se soumettre à un certain nombre d'obligations par un traité, chaque Etat américain peut parfaitement adopter ces obligation et même bien davantage.
C'est ainsi qu'en Californie, une législation a été adoptée qui oblige les véhicules à baisser de 22 % leurs émissions de CO2 d'ici 2012 et de 29 % en 2016.
Plusieurs Etats de la Côte Est, New York, le Connecticut et le New Jersey sont en train d'adopter des législations similaires.
Par ailleurs, la Californie poursuit en justice les cinq plus grandes sociétés productrices d'énergie pour non respect du combat contre les gaz à effet de serre.
Sept autres Etats se sont joints à cette action judiciaire.
Un des plus grands fonds de pension américain, Calpers, lutte auprès des entreprises membres de son portefeuille pour qu'elles incluent des aménagements techniques réduisant les taux de CO2.
Le gouvernement américain estime, à notre avis à juste titre, qu'il est beaucoup plus compétent que toute organisation internationale pour décider des mesures à prendre afin de réduire la pollution. Il pense notamment que c'est parce que les entreprises sont riches qu'elles peuvent se permettre de lutter contre la pollution et non pas parce qu'on leur impose des normes fixées et contrôlées internationalement.
A-t-il tort ?
Avant de répondre notons quelques particularités souvent oubliées par la presse :

1 - Un accord international ne vaut que s'il est efficacement contrôlé. Dans le cas de Kyoto, ce sont les Nations Unies qui contrôleront, c'est-à-dire 198 pays dont une bonne centaine de dictatures et 150 qui n'ont guère le niveau technique nécessaire pour quelque contrôle que ce soit.

2 - Le contrôle se fera sur la base des données statistiques de pollution de l'année 1990.
Ces chiffres ne seront officialisés qu'en 2007. Notons en passant que pendant ces 17 années, la Chine sera passée de l'indice 100 à l'indice 480.

3 - La réalité des actions sera mesurée six ans plus tard, c'est-à-dire en 2013.
La presse a accueilli avec enthousiasme la signature du gouvernement russe en 2004, imaginons ce que sera le contrôle de l'O.N.U. sur les installations russes en 2013 !!!

4 - Le protocole de Kyoto ne concerne que 34 pays industrialisés. Parce que, dit-on, ce sont les plus polluants.
On oublie totalement que la pollution est d'origine industrielle mais tout autant d'origine humaine.
5 milliards d'individus vivants dans des pays peu industrialisés, se chauffant au bois et au charbon et disposant d'un cheptel de plusieurs milliards de bêtes, représentent un considérable niveau de pollution.

5 - On évalue à environ 10 000 établissements en Europe le nombre de sujets qui devront respecter les normes de pollution ou acheter des droits à polluer. Quid de la concurrence avec les pays sous-développés et notamment l'Asie qui n'a pas à connaître le protocole de Kyoto.

6 - La focalisation sur l'industrie et l'énergie fait oublier le bâtiment et l'automobile.
S'il y a des énergies renouvelables, y a-t-il une possibilité de substituer quoi que ce soit à l'automobile ?
Les Ayatollahs anti-voitures veulent-ils nous concentrer dans de très grandes villes avec obligation de circuler en métro ou en bus ?
Tandis que les Khmers verts luttent contre l'automobile, Pékin construit son cinquième périphérique.

Voici quelques réflexions que nous complèterons dans un prochain article par une réflexion sur les O.G.M.
67 millions d'hectares sont déjà cultivés sur la planète avec des progressions à deux chiffres d'une année sur l'autre, leur principal atout étant de réduire l'usage des pesticides.
L'Europe a déjà pris dix ans de retard.
Mme Ségolène Royal est fière d'annoncer que grâce à elle, la région Poitou-Charentes aura bientôt 16 ans de retard. A suivre...