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Une nouvelle approche de la question sociale.


Après avoir beaucoup parlé de la précarité et de la fracture sociale, après le flot de discours qui a entouré la loi Borloo, les politiques semblent maintenant s'apercevoir que rien n'est réglé et ne sera réglé par une législation pléthorique et confuse.
En même temps, on constate que les classes moyennes déplorent la stagnation ou même le recul de leur niveau de vie et ont le sentiment que les politiques les abandonnent n'ayant de souci que pour les plus défavorisés tandis que les plus riches s'en tirent toujours.

Dans un ouvrage à paraître prochainement, un de nos meilleurs économistes se penche sur un phénomène assez spécifique à l'hexagone, celui du resserrement des salaires autour d'1,2 à 1,5 smic.
A ce niveau, surtout lorsqu'il y a deux salaires dans un couple, le ménage ne bénéficie pratiquement plus d'avantages sociaux, paye des impôts élevés et sait que tout gain supplémentaire ne sera guère avantageux sauf à passer vraiment à un tout autre niveau.
Il y a de toute évidence un spleen, une morosité des classes moyennes qui ont le sentiment de beaucoup participer à la redistribution sociale alors qu'elles sont fragilisées par la mondialisation et la stagnation de notre économie.

Les cercles libéraux ont provoqué une première réunion sur ce sujet.
Nicolas Sarkozy en a fait le thème central d'un grand meeting à venir fin mars.

C'est aussi, on le sait, le thème de réflexion principal d'Héritage&Progrès avec l'ouvrage en cours de rédaction sur " Les pauvretés ".
Rappelons ici que c'est vraiment le pluriel qui est essentiel
et que la pauvreté au singulier n'a guère de signification.
Par contre, si la question est analysée et traitée au pluriel, on voit immédiatement que toutes les grandes lois génériques applicables à tout le monde en dessous d'un certain seuil de revenu sont non seulement inutiles mais nuisibles.

Pour ceux qui souhaitent approfondir ce sujet il faut signaler le dernier rapport annuel sur le logement de la Fondation Abbé Pierre qui, comme les précédents, est remarquable à la fois par sa conception (la notion de reste à vivre) et par ses in formations.
Le rapport est moins bon au niveau des solutions mais on ne peut pas demander à une institution caritative toute la compétence en matière d'économie de la construction.