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Question
Sociétale
Michel de Poncins, auteur de plusieurs essais économiques et
sociologiques, Président de l'Association Catholique pour les Libertés
Economiques nous a envoyé quelques propos savoureux sur l'idée de
rendre les curriculum vitae (C.V.) aussi impersonnels que possible
et sans photo.
Nous reproduisons ici une partie de ses propos.
Blanchir les C.V., ils seraient
donc sales ?
Quand un employeur embauche quelqu'un, que ce soit pour n'importe
quel travail il pratique une discrimination, choisissant parfois
parmi des dizaines de candidats et selon des critères dont il
doit être le seul juge.
C'est comme l'amitié ; on se rappelle la phrase fameuse " parce
que c'était moi, parce que c'était lui. "
La loi de prétendue modernisation sociale maintenue avec soin par
notre fausse droite ne l'entend pas ainsi.
Si un candidat croit ne pas voir vu sa candidature retenue à cause
de sa religion, de sa provenance, de son orientation sexuelle et
de bien d'autres critères, il a le droit d'intenter une action civile
et éventuellement pénale contre l'employeur avec, le cas échéant,
de lourdes sanctions.
C'est vraiment l'horreur. Un pas nouveau se franchit à présent avec
la proposition de la Commission présidée par monsieur Bébear de
rendre les C.V. anonymes. Il va falloir blanchir les C.V.,
ce qui veut dire d'une façon surprenante qu'ils seraient " sales
".
Pour les prétendus antiracistes à l'origine de la nouvelle chimère,
c'est un peu étonnant !
Un préfet, il y a quelques mois, s'est écroulé sous sa casquette
en préconisant que les C.V. ne comportent plus de nom, de prénom,
de lieu de naissance, d'adresse : c'est le C.V. " plus blanc
que blanc " :
dans cette terminologie aussi, les promoteurs n'ont pas vu qu'ils
se contredisaient eux-mêmes de manière assez comique…
On pourrait apprendre à ce préfet, ce que dans les brillantes
écoles dont il est issu on n'apprend pas, à savoir que la révolution
veut qu'un " pur trouve toujours un plus pur qui l'épure. "
S'il veut garder sa casquette, il devrait préconiser un C.V. encore
plus " blanchi ", seul moyen de satisfaire le mensonge officiel
de l'égalité : il ne comporterait ni diplômes, ni compétences, ni
désir de servir l'entreprise, car le contraire donnerait des complexes
à ceux qui n'ont ni diplômes, ni compétences et qui viennent pour
détruire l'entreprise après les six premiers mois !
Mais la chimère s'étend à grande vitesse.
D'ores et déjà, 46 chefs de grandes entreprises se sont engagés
dans le processus. Ces personnes se rallient à " SOS racisme " qui
préconise une sorte de centrale des C.V. chargée de transmettre
les C.V. aux entreprises.
A quand la centrale des embauches et le service unique et laïc
de l'emploi ?
Il y aurait aussi des audits " diversité " pris en compte par des
agences de notation sociale.
Les politiques se mettent de la partie. Certains parlent d'imposer
légalement le C.V. blanc, sans indication d'origine, de sexe, d'âge,
d'adresse aux entreprises d'un certain niveau.
Le résultat sera une nouvelle usine à gaz décourageant de nouveaux
employeurs et les poussant à émigrer.
Il existe aussi dans tout cela une certaine naïveté : on attache
une importance magique au C.V., et au premier entretien, ce qui
compte, certes, dans un recrutement mais n'est pas l'essentiel.
M. de Poncins
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