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Les
verts : nouvelle force politique ou illusion d'un scrutin ?
L'ensemble
des voix qui se sont portées sur les listes vertes est largement
supérieur à celle du parti socialiste : 16,48 % pour ce dernier
contre 16,28 pour Europe Ecologie, plus 3,63 pour l'Alliance Ecologiste
indépendante, plus 0,4 % pour une dernière liste de cette tendance,
soit au total 20,3 %.
Que représente cette proportion tout à fait inhabituelle ?
Ni un ensemble politique homogène, ni même une coalition de sous-ensembles
proches.
Les électeurs qui se sont retrouvés sur ces listes sont tout
à fait hétérogènes : des Français de tendance fédéraliste clairement
affirmée. L'ambition d'une Europe fédérale est sous-jacente dans
les orientations du parti socialiste, dans celles du MODEM et même
d'une partie de l'UMP.
Toutefois, aucune de ces trois tendances n'a osé l'affirmer estimant
que l'Europe fédérale était peu porteuse
d'espoir et de succès dans la population.
Cohn Bendit étant le seul à avoir assumé cette vision, il pouvait
rallier tous ses adaptes.
Des électeurs socialistes déçus par les querelles internes de leur
parti et ne comprenant pas le contenu européen du programme défendu
par les listes de Martine Aubry.
Il est d'ailleurs assez étonnant que le parti socialiste n'ait pas
profité du boulevard anti-libéral que lui offrait la crise. L'anti-sarkozysme
paraissait bien déplacé alors qu'un vrai programme de réformes économiques
pensé en fonction de la crise aurait pu susciter un grand intérêt.
Des électeurs jeunes ou moins jeunes, sensibles au langage " dépolitisé
" de Daniel Cohn Bendit et à l'idéalisme d'Eva Joly.
Le lecteur de Libération se reconnaissait beaucoup mieux là que
dans la pléthore d'anciens ministres du PS.
Enfin, sans doute très minoritaires, les vrais électeurs verts traditionnels
: ceux qui souhaitent une certaine décroissance de la consommation,
ceux qui acceptent de payer plus cher la nourriture bio, ceux qui
souhaitent porter atteinte à leur niveau de vie en consommant de
l'énergie plus chère, de l'automobile plus chère, des importations
plus chères, des transports collectifs plus chers, etc...
Il existe en effet une véritable doctrine de l'écologie " dure "
: celle de la décroissance, celle d'une plus grande égalité entre
pays riches et pauvres, celle de l'immigration acceptée, celle de
la consommation réduite et planifiée.
Cette doctrine ne devrait guère séduire plus de 5 % de la population.
Ce sera à nouveau le score des verts lorsque les socialistes
auront fait leur mue ou lorsqu'un grand parti démocrate aura unifié
la gauche et le centre.
Certes ce n'est pas pour demain, et c'est aujourd'hui la grande
chance de l'UMP.
Mais cela viendra et il faut s'y préparer.
En attendant, se jeter au cou des verts,
et même se presser d'adopter toutes les rêveries des Grenelles de
l'environnement, nous paraît une grave erreur.
Pourquoi les verts sont-ils extrêmement minoritaires depuis trente
ans ? Parce que les Français sont raisonnables, conscients des réalités
économiques et plus soucieux de leur pouvoir d'achat que de commerces
équitables et bios.
De ce fait, tout naturellement, ils maintiennent les verts dans
des zones de 5 % à 10 % des votants.
Pourquoi l'UMP se mettrait-elle soudain à courir après ce petit
pourcentage d'électeurs et à contredire l'opinion de la grande majorité
à droite comme à gauche ? 56
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