|
Un débat très grave sur l'extension du secret/défense.
La question des libertés publiques et de la protection des citoyens
contre la raison d'État est trop importante pour la laisser à l'opposition
et aux débats de salles de concerts, fussent-elles le Zénith.
Le secret/défense, chacun se souvient de quelques cas particulièrement
graves où il a été évoqué :
- l'assassinat du Juge Borrel à Djibouti,
- l'affaire des frégates de Taiwan avec cinq morts toujours inexpliquées,
- l'Angolagate,
- l'affaire Clearstream…
Que ce secret existe semble une nécessité, encore que, dans un pays
comme les États-Unis, il est extraordinairement limité et les investigations
judiciaires semblent quasiment sans limites.
En France, au contraire, ce secret est
pratiqué avec une acception très large.
Beaucoup plus grave un projet de loi de
programmation militaire prévoit de l'étendre de façon considérable.
Deux syndicats de magistrats ont déjà tiré la sonnette d'alarme.
Aujourd'hui, c'est une commission consultative de la Défense Nationale
qui est responsable de cette classification.
Le projet de loi veut aller beaucoup plus
loin et classifier non pas des documents mais des lieux.
Par exemple, certains services et certains ministères
seraient mis ainsi totalement à l'abri des magistrats enquêteurs.
Toute perquisition y serait soumise à notification préalable : tous
documents compromettants pourraient disparaître avant perquisition.
Un projet inadmissible dans un véritable État de droit.
53
|