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Vingt mois de réformes ont-ils
mieux préparé la France à la crise… et à la reprise ?
Nous avons déjà consacré un article aux réformes dont
chacun sent confusément qu'elles sont ou trop nombreuses, ou trop
désordonnées, ou trop disparates, ou lancées sans réflexion.
Le terme même de réforme semble avoir perdu de sa valeur, devenant
un leitmotiv dont on ignore la vraie signification.
Positive, inquiétante ou participant du simple rituel politique
?
Un ouvrage de Pierre Cahuc et André Zylberberg
vient d'être publié sur ce sujet.
Plus qu'un livre à recommander, cet ouvrage
est un événement politique.
Écrit par deux économistes renommés qui avaient renouvelé il y a
quatre ans la réflexion sur le chômage, et inspiré sur ce sujet
les politiques de droite et de gauche, il a le mérite d'être très
factuel et très précis, tout en étant critique.
Il éclaire d'un jour tout à fait nouveau la politique suivie par
Nicolas Sarkozy.
Il en analyse les résultats et en tire malheureusement la conclusion
que,
- pour les régimes spéciaux,
- pour la modernisation du marché du travail,
- pour la défiscalisation des heures supplémentaires,
- pour le renforcement de la concurrence,
- pour une réforme de l'État,
aucun résultat positif ne peut être dégagé.
Pire encore, syndicats dominés par les fonctionnaires, lobbys
privés et débats parlementaires ont dans plusieurs cas aggravé la
situation.
Au terme de ce bilan aussi solide que sévère, on est un peu confondu
que le tapage médiatique ne nous ait pas permis de voir plus clair
ni dans un sens ni dans un autre.
Le " bruit " de l'Élysée et des médias étouffe la réflexion.
Un club de réflexion fondé par Hervé Mariton, Réforme et Modernité,
a bien compris l'importance de cet ouvrage et organisé immédiatement
un débat entre Pierre Cahuc et Jérôme Lefèvre.
Nous en rendrons compte dans un prochain article mais il est certain
que cet ouvrage va créer, peut-être pour la première fois, un vrai
débat sur la politique et la stratégie de réforme du Président.
" Les réformes ratées du Président Sarkozy ", Pierre Cahuc et André
Zylberberg,
Ed. Flammarion, 244 pages, mars 2009, 18 euros.
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