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Image, pouvoir et légitimité d'un dirigeant politique.


Nombre d'auteurs depuis Roger-Gérard Schwartzenberg et son ouvrage sur l'Etat spectacle, ont attiré l'attention sur le quatrième pouvoir, celui des médias.
Force est de constater qu'il n'est plus le quatrième mais le premier pouvoir dans les pays démocratiques.
La soumission de nos élus à ce pouvoir, et particulièrement à celui de la télévision et de la presse, est totale. C'est un phénomène d'autant plus déplorable que les médias, par nature, ont un rôle essentiellement négatif.
Sur dix informations au journal télévisé, neuf concernent la dernière guerre en cours, le dernier massacre, le dernier incendie, le dernier vol à main armée, la dernière agression scolaire, le dernier accident grave, le gel inattendu, la chaleur excessive et la tempête…
Cette importance des médias contraste avec la perte de contrôle de nos gouvernements sur la vie économique et sociale du pays.
Le pouvoir politique est de plus en plus diffracté entre quatre pouvoirs :
1 - celui de l'Europe aujourd'hui à l'origine de 50 % de notre législation,
2 - celui des pouvoirs territoriaux (régions, départements et communes),
3 - celui de la finance mondiale qui gouverne aujourd'hui l'économie,
4 - celui des médias qui gouverne l'émotion...
Entre ces quatre pouvoirs, l'action gouvernementale a une portée limitée et un peu de mémoire suffit pour s'en apercevoir.
Il y a un an, nos gouvernants affirmaient que l'Europe et la France pouvaient être déconnectées de la crise mondiale.
Il y a six mois, la contagion était inévitable mais sa portée limitée : la France ferait encore 1 % de croissance.
Il y a trois mois, l'année 2009 marquerait non pas la récession mais la stabilité.
Aujourd'hui, la prévision est de moins 2 %.
Ni Nicolas Sarkozy, ni le gouvernement n'y sont pour rien, car ils n'y pouvaient rien.
Le Président de la République l'a compris et compense cette absence de pouvoir par une présence médiatique de tous les instants. Faut-il le regretter et l'en accuser ? Non.
Nicolas Sarkozy a compris que, pouvant faire peu, il est nécessaire d'occuper tout l'espace, tout le temps, sur tous les fronts.
Cette occupation des médias correspondait d'ailleurs de septembre à décembre 2008 au mandat européen de la Présidence française et à la crise financière internationale. Elle était bienvenue, elle était nécessaire, elle a été efficace. Mais elle ne pouvait évidemment pas résoudre cette crise, pas plus que la réunion de Londres en avril ne le pourra.
L'action du Président pour tenter de résoudre la crise de Gaza était également bienvenue et nécessaire.
Mais c'est des Etats-Unis, et d'eux seuls, que peut venir une solution.
Enfin, l'action quasi quotidienne du Président sur le front économique -
- garantie des crédits bancaires,
- plan de refinancement des banques,
- plan de soutien à l'économie,
- création d'un fonds d'investissement,
- second plan de refinancement des banques,
- plan de relance de l'automobile…
était indispensable et le restera dans les mois qui viennent.
Hélas, il faut en être conscient, le Président français contrairement au nouveau Président des Etats-Unis, a beaucoup moins de pouvoir en raison des contraintes économiques, mais plus encore des contraintes médiatiques.
Barak Obama arrive au pouvoir avec 80 % d'opinions politiques favorables et, plus encore, une Nation consciente de ses difficultés mais aussi de son unité et de ses capacités. Personne aux Etats-Unis ne remet en cause ni le capitalisme, ni la vigueur et l'intérêt de l'économie de marché, ni la primauté de la liberté sur l'égalité.
En France, c'est l'inverse.
Les médias montrent rarement les capacités de la Nation à rebondir.
La moitié du monde politique critique stupidement l'économie de marché et le capitalisme au lieu d'analyser la meilleure façon de réformer et d'améliorer les choses,
la Nation n'a guère de conscience de son unité et la recherche de l'égalité prime toujours sur la liberté, la responsabilité et l'autonomie.
C'est pourquoi la légitimité de nos dirigeants est sans cesse contestée.
C'est pourquoi encore on a souvent l'impression d'un pays au bord sinon de la révolution, du moins de la jacquerie.
C'est pourquoi 2 % de baisse du revenu français en 2009 est une situation extrêmement dangereuse.
C'est pourquoi Nicolas Sarkozy rappelle souvent que la révolution française a coupé la tête de Marie-Antoinette, jeune reine étrangère qui n'était vraiment responsable en rien des malheurs des Français. 51