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L'image désastreuse du PS est provisoire. Elle ne conforte en rien l'UMP.

L'UMP, plus de 300 000 adhérents à jour de leurs cotisations au moment de la présidentielle n'existe pratiquement plus. Certes, elle a encore, comme le PS, les adhérents automatiques que sont les nombreux élus locaux, nationaux et leurs proches. Elle a aussi quelques dizaines de milliers de colleurs d'affiches toujours prêts à obéir sans discuter.
Ce qui a par contre disparu, c'est la grande activité d'études, de discussions, de recherches programmatiques animée par Emmanuelle Mignon et les nouvelles équipes constituées autour de François Perol, Raymond Soubie, Brice Hortefeux, Patrick Buisson, François Fillon, Henri Guaino...
Les grandes conventions thématiques qui avaient fondé le programme du candidat à la présidentielle ont fait place au quasi néant.
Le Président n'ayant pas voulu nommer de successeur et ne laissant aucune autonomie à tous ceux qui tentent d'animer le parti, il était bien normal de voir celui-ci sinon décéder, du moins se vider de ses forces vives.
Et les noms prononcés aujourd'hui pour succéder à Patrick Devedjian ne changeront rien au vide existentiel d'un parti dont tout le contenu réside à l'Elysée.
En face, le PS a perdu lui aussi toute valeur programmatique et tout pouvoir de proposition.
Déchiré entre deux groupes de taille égale, animé par Martine Aubry et Ségolène Royal, il semble incapable de s'opposer avec une quelconque efficacité à l'équipe gouvernementale en place.
Ce serait une erreur de penser que cette situation est durable.
D'abord parce que l'ancrage territorial du PS est considérable : il gère vingt régions, la majorité des villes de plus de 100 000 habitants, 55 % des villes de plus de 30 000 et, ce qui est nouveau, de très nombreuses petites villes.
Par la grâce de ses élus et de ses électeurs, le PS est riche.
Ni Martine Aubry, ni Ségolène Royal ne voudront casser un parti qui représente d'abord beaucoup d'argent, fort utile pour les campagnes ultérieures.
Enfin, la gauche existe. Elle existe maintenant dans quatre mouvements qui savent parfaitement qu'aucune victoire n'est possible sans réconciliation : l'ultra-gauche, la gauche de la gauche avec les communistes et les socialistes proches de Mélanchon, la gauche classique dont Martine Aubry connaît bien le maniement, comme hier Guy Mollet et François Mitterrand, enfin la gauche démocrate et centriste que souhaitent incarner Ségolène Royal et les jeunes élus qui auraient été hier rocardien et sont prêts à s'allier avec François Bayrou.

Nous ne pensons pas que le leader du Modem est le grand bénéficiaire du conflit de personnes qui agite le PS depuis un an, au contraire.
La gauche saura toujours le moment venu réconcilier trois de ses quatre composantes pour constituer une force beaucoup plus importantes que le Modem.
Celui-ci ne sera jamais qu'une force d'appoint.
D'autant plus que la crise économique certaine des années 2009/2010 amènera une radicalisation des forces politiques.
L'élection le 30 novembre 2008 d'un député socialiste en Gironde, dans une circonscription traditionnellement à droite, a sonné comme un réveil pour tous ceux qui pensaient le parti socialiste défunt.
Et ce n'est pas le jeu de chaises musicales qui va maintenant s'instaurer entre la direction " fictive " du parti, le gouvernement et le conseil élyséen qui va redonner à l'UMP le lustre qu'elle a perdu depuis dix-huit mois. 49