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Le prochain livre blanc sur la Défense doit déboucher sur une révision radicale de notre politique.

Que se passe-t-il sur le plan international depuis 60 ans ?
La menace soviétique a disparu. Elle peut renaître compte tenu de la richesse apportée à la Russie par le pétrole, le gaz et les matières premières, compte tenu de la domination du KGB et de l'armée sur la vie politique russe, compte tenu encore de la volonté sous-jacente du Kremlin de récupérer l'Ukraine, le Kazakhstan, la Georgie et même certains pays de l'ex Asie russe. Les Etats-Unis peuvent s'y opposer, pas la France.
La Chine concentre tous ses efforts sur son développement économique et ne semble pas vouloir faire autre chose dans les 20 ou 30 ans qui viennent, sauf à récupérer Formose si l'île proclamait son indépendance.
Même si demain, la Chine devenait plus agressive et plus dangereuse, les Etats-Unis et le Japon pourraient s'y opposer, pas la France.
La prolifération nucléaire reste un risque fondamental venant d'Etats dangereux comme l'Iran, la Corée du Nord, le Pakistan ou tel ou tel autre pays auquel on ne pense pas aujourd'hui mais qui peut être touché par l'islamisme militant. Quid, demain, d'une révolution en Arabie Saoudite ? Les Etats-Unis pourraient s'y opposer, pas la France.

La France, comme l'Angleterre, l'Italie ou l'Allemagne, peut intervenir dans des conflits touchant des Etats de petite taille et de faible poids économique comme nombre d'Etats d'Afrique noire, du Moyen-Orient ou du Sud-Est asiatique.
Il est aisé de lister ces Etats où des conflits ont éclaté dans les 30 dernières années et de voir quels sont les moyens militaires à mettre en œuvre pour y intervenir soit dans le cadre de l'ONU, soit, demain, dans un cadre européen, soit seuls lorsque l'urgence existe.
C'est cette réflexion qui doit guider notre nouvelle défense nationale plutôt qu'une admiration totalement désuète pour l'action du général de Gaulle, fier de quitter l'OTAN - dont nous n'avons heureusement pas eu besoin - de prononcer le discours de Phnom Penh - aussi caduc aujourd'hui que les événements de mai 68 - et de créer une force atomique dont l'inutilité est évidente dans tous les conflits récents.

Et si l'on craint demain un conflit avec une puissance atomique (la Russie, la Chine, l'Inde, le Pakistan), on sait bien que la France n'ira jamais seule et que l'alliance militaire avec l'OTAN sera strictement indispensable.
C'est en fonction de ces constats que l'on doit apprécier le maintien à un niveau élevé de notre puissance nucléaire, la construction d'un second porte-avions nucléaire, le maintien de nos quatre sous-marins nucléaires, le programme des Rafales, des chars Leclerc, des missiles de croisière M51 et de nombreux autres équipements.
Ce dont nous avons besoin c'est de pouvoir déplacer très vite des " task force " de 5 à 15 000 hommes opérationnels sur deux ou trois théâtres d'opérations à la fois. Chiffre qui, dans une armée moderne, doit être multiplié par 7 ou 8. Et ces " task force " n'ont aucun besoin du matériel ultramoderne hyper-sophistiqué et ruineux qui doit être conçu et utilisé uniquement dans le cadre d'alliance regroupant les USA et l'Europe.

Le budget de la défense tournant autour de 40 à 45 milliards, cela vaut la peine d'étudier sérieusement la question et le livre blanc que l'on nous annonce pour bientôt. 45