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Manuel Valls, le Tony Blair d'une
Gauche moderne.
Le jeune député-maire d'Evry - en France un homme politique est
jeune à 46 ans, aux Etats-Unis, au même âge, il se présente à la
présidentielle - développe depuis six ans au sein du parti socialiste
des idées aussi iconoclastes que réalistes.
Il vient de les reprendre et de les synthétiser dans un très long
article en tête du dernier numéro de la revue " Le meilleur des
monde " et sous le titre volontairement provoquant : " Le P.S.
doit changer de nom ".
Historien de formation, Manuel Valls part des origines du socialisme,
et notamment des grandes controverses au sein de la sociale-démocratie
allemande et européenne (Bernstein-Kautsky, Jaurès, Guesde.
" Le parti socialiste a été marqué par une sorte de schizophrénie
dont Guy Mollet a été la caricature : un discours très à gauche
et une pratique opportuniste une fois au pouvoir. Une certaine vulgate-marxiste
présente dans toute la gauche française, et parmi les intellectuels
nous a empêché de théoriser les évolutions de la société. "
Ce long article passe en revue toutes les grandes questions que
doit se poser une sociale-démocratie moderne :
- Quelles leçons tirer de l'expérience
blairiste en Grande-Bretagne ?
- Comment le parti démocrate
américain aborde-t-il tous les problèmes sociaux ?
- Comment en France réformer
l'Etat ?
- Comment remplacer le fétichisme
des mots par la clarté des projets ?
- Comment aborder les questions
de l'immigration, des retraites, des monopoles, de la compétition
économique internationale, du nucléaire, des OGM, de la santé, de
l'éducation... ?
Manuel Valls défend aujourd'hui très exactement le point de vue
que défendait hier Jean-Marie Bockel, maire de Mulhouse, ministre
et fondateur de la gauche moderne.
Il paraît solidement arrimé au parti socialiste.
Peut-il convaincre plusieurs fédérations, plusieurs dirigeants parlementaires
socialistes de se réunir autour d'un travaillisme moderne ? Il
faut en tout cas le souhaiter car un pays dynamique ne peut pas
se passer d'une gauche moderne.
Le balancier électoral reviendra tôt ou tard à gauche.
Le progrès et la réforme pourraient continuer avec des hommes comme
Manuel Valls, Jean-Marie Bockel, Eric Besson, Pierre Moscovici Dominique
Strauss-Kahn.
Les milieux dirigeants du PS ne laissent guère apparaître d'autres
noms aujourd'hui. 45
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