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Un contexte politique beaucoup plus difficile.

Avec les élections municipales et départementales, la Gauche complète les succès qu'elle avait remportés lors des dernières élections régionales.
Elle va gérer demain :
- 20 régions sur 22 gagnées en 2005
- 59 départements sur 100, puisqu'elle en a gagné 8 dimanche dernier
- 32 villes de plus de 100 000 habitants contre 17 pour la Droite
- 134 villes de 30 à 99 000 habitants contre 92 pour la Droite.

Ces résultats ne viennent pas d'un raz-de-marée de la Gauche. Celle-ci est à 51 % alors que les présidentielles la mettaient à 47 %. C'est assez naturel pour une élection " intermédiaire ", d'autant que les abstentions sont passées de 15 à 36 %, ce qui est inhabituel pour les élections municipales.
Cela prouve une très forte déception de la politique en général et de l'électorat de Droite en particulier,
ce qui interpelle nécessairement le Président de la République, son entourage et sa majorité.

Rebondir, oui mais comment ?
La première difficulté est sans doute de désarmer la hargne - sinon la haine - médiatique et politique.
On le sait, quels que soient les médias, de Gauche ou de Droite, et quels que soient leurs propriétaires, la presse est de Gauche.
Relire à cet égard le livre d'Eric Brunet " Etre de Droite, un tabou français ".
La récente photo-caricature de Nicolas Sarkozy dans le Nouvel Observateur a tout de la caricature antisémite vichyste.
L'affaire du faux SMS adressé à Cécilia Sarkozy et publié par le Nouvel Observateur est la honte du journalisme.
Le déchaînement après l'avis du Conseil constitutionnel sur la détention des condamnés dangereux ressemblait à la " fausse " colère de Ségolène Royal sur l'ouverture des écoles aux handicapés.
Rappelons à cet égard les propos de la mère du double meurtrier de Pau : " J'avais supplié les médecins d'interner Romain... Nous nous sentions coupables de vouloir le faire enfermer, mais, en même temps, nous ne pouvions plus assumer.
" Enfin, le grotesque " appel à la vigilance républicaine " de Marianne co-signé par D. de Villepin, Ségolène Royal et François Bayrou a précédé le déchaînement médiatique dû aux quatre mots excessifs du Président répondant à l'homme qui refusait de lui serrer la main.
La presse, les médias, les animateurs de télé, les " artistes " tenaient alors enfin leur revanche.

Les erreurs d'exposition de sa vie privée faites par le Président de la République sont évidentes, de la retraite spirituelle programmée pour " habiter la fonction " à la rapidité de son divorce et de son remariage, en passant par des signes extérieurs de richesse et de fréquentation, trop ostensibles.
Nicolas Sarkozy est trop politique et trop intelligent pour ne pas l'avoir compris. D'ailleurs, en moins d'un mois, tout a changé dans son comportement. Mais ce changement doit aller clairement de pair avec une pédagogie et des méthodes de communication renouvelées.
Entre tous les rapports demandés, toutes les réformes lancées et le rapport Attali, l'action gouvernementale est devenue illisible.
Et la dichotomie entre le rôle des douze principaux conseillers du Présidents et le rôle d'arbitrage du Premier ministre avec ses quinze ministres, rend l'action publique de moins en moins claire.

Une relance de l'action.
Cette relance doit être appuyée sur quelques explications simples, mais martelées avec une très grande force et centrées sur l'essentiel :
- Il n'y a qu'un moyen d'augmenter le revenu des citoyens, c'est de baisser les impôts et surtout ceux payés par tous de façon égale. Réduire la dépense publique ne peut se faire sans la réduction du nombre de fonctionnaires, la réduction de toute une série de services publics coûteux : déficit des retraites, déficit SNCF, déficit de l'Assurance Maladie...
- Il n'y a qu'un moyen d'augmenter le pouvoir d'achat, c'est d'augmenter la croissance.
Tout ce qui contribue à développer la concurrence, à développer l'investissement, à développer le travail et à réduire le chômage est bon pour la croissance.
- Il n'y a qu'un moyen pour rendre la France concurrentielle et fournir du travail aux jeunes, c'est la réforme de l'école, de 6 à 25 ans.
C'est pourquoi, depuis la réforme du primaire jusqu'à la réforme de l'université et de la recherche, tout doit être centré sur deux grands objectifs : supprimer les 160 000 sortis de l'enseignement sans aucun diplôme d'abord, sélectionner et moderniser l'enseignement universitaire et la recherche ensuite.
- Il n'y a qu'un moyen pour rendre la vie sociale plus agréable : réformer la justice en pensant d'abord aux victimes, rapprocher la police des habitants, rénover la vie des zones urbaines sensibles non par la démolition/reconstruction - encore qu'elle ne soit pas inutile - mais par la remise dans la vie sociale normale d'une population déclassée et délaissée.

Les nombreux rapports que le Président de la République réclame, les nombreuses propositions issues de réflexions lancées tous azimuts, doivent cesser de constituer un feu d'artifice parfois aveuglant et souvent traumatisant.

A cet égard, le slogan de l'UMP pour la campagne des municipales était à notre sens aberrant : " Déjà 50 réformes en neuf mois. "
Vouloir identifier 50 réformes en si peu de temps confine à l'absurde.
Il faut recentrer tous ces rapports, et la quinzaine de réformes déjà amorcées, autour de quelques idées simples qui doivent être martelées et " vendues " par un marketing efficace. 43