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La France a besoin d'un Parti
socialiste crédible et fort.
Est-ce à un libéral, à un partisan d'une droite assumée et responsable,
de souhaiter l'existence d'un Parti socialiste solide et susceptible
d'assurer dans cinq ou dix ans une alternance à la majorité actuelle
?
La réponse est assurément oui.
Et le vœu que nous formons d'une rénovation profonde du Parti
socialiste est un vœu sincère qui correspond à l'intérêt national.
Encore faut-il qu'il s'agisse d'un Parti
socialiste qui abandonne une fois pour toutes le marxisme et le
constructivisme d'Etat et qui soit capable d'assurer une alternance
tranquille en conservant tout ce que la Droite a fait d'efficace
et en y ajoutant des réformes de gauche également axées sur l'efficacité.
Il est nécessaire pour cela que le socialisme français accepte une
idée qui lui est encore totalement étrangère :
la Droite est peut-être aussi morale que
la Gauche.
Les deux grandes tendances de la société française ont simplement
des points de vue souvent - mais pas toujours - différents sur l'efficacité
de diverses mesures économiques et des valeurs souvent - mais pas
toujours - différentes sur les priorités sociales.
La droite et la gauche pourront se relayer au pouvoir, sans drame,
lorsque le changement de majorité n'aura pas pour but de supprimer
tout ce qu'a fait la majorité précédente mais au contraire de
conserver et de compléter les bonnes mesures prises précédemment.
On est hélas bien loin de cela dans la
mesure où le parti socialiste refuse absolument de choisir.
Doit-il évoluer clairement vers la modernité, avec l'alliance au
centre, et la volonté de comprendre, d'accepter et de faire évoluer
l'économie de marché et la mondialisation ?
Doit-il au contraire revenir au langage de 1981 et faire passer
la France de l'ombre à la lumière en passant du capitalisme au socialisme
?
Dans la bataille de personnalités qui se livre aujourd'hui au parti
socialiste, les positions des uns et des autres sont exprimées dans
une telle langue de bois qu'il faut beaucoup d'imagination pour
penser que tel ou tel représente la modernité, tel autre la sociale-démocratie,
tel autre le retour au marxisme etc...
Une seule personnalité socialiste a aujourd'hui un langage parfaitement
clair : Jean-Marie Bockel. Sa motion n'a malheureusement recueilli
que moins de 2 % au dernier congrès du P.S.
Ne traitons pas le P.S. comme un parti à passer par pertes et profits.
Sa rénovation est strictement indispensable à une vie politique
équilibrée en France. Il faudra la suivre avec attention. 36
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