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Sarkozy très clair sur ses
objectifs en matière de politique internationale.
Ce n'est pas le rôle d'Héritage&Progrès de prendre parti dans les
candidatures à la présidentielle de 2007.
Les questions de politiques internationales nous semblent fondamentales
et souvent plus importantes que les questions de politique intérieure.
C'est pourquoi nous rependrons ici les propositions des trois
principaux candidats " de gouvernement " car leur positionnement
dans ce domaine est essentiel.
Nicolas Sarkozy a tenu le mercredi 28 février
2007 une conférence de presse dont nous avons retenu six points
importants.
Mais d'abord une philosophie générale claire : " Je souhaite
une approche plus doctrinale des affaires internationales. La doctrine
ne doit pas empêcher le pragmatisme.
Au Quai d'Orsay on a parfois l'habitude de dire, en forme de boutade,
qu'une politique étrangère dont les objectifs sont obscurs ne peut
pas échouer. Je ne me satisfais pas de ce mot d'esprit. Car, à travers
notre politique étrangère, ce que nous exprimons, c'est notre identité
en tant que Nation, les valeurs que nous voulons porter."
L'Europe : huit mesures sont
proposées, dont sept nous semblent souhaitables :
1 - La mise en place d'une présidence
stable pour donner à l'Europe un visage et une voix et favoriser
des actions à long terme.
2 - La création d'un ministère
et d'un ministre européen des affaires étrangères en même temps
que la mise au point d'un système de réunions automatiques en cas
de crise afin que l'ensemble des pays européens se déterminent entre
eux avant de discuter avec les autres grandes Nations sur les solutions
à apporter à la crise.
3 - L'extension du domaine
de la majorité qualifiée, notamment en matière judiciaire et
pénale, et dans le domaine de l'immigration.
4 - L'extension du domaine
de la codécision qui augmente le rôle du Parlement européen,
un accord étant indispensable entre le Conseil et le Parlement sur
les principaux domaines du législatif.
5 - La généralisation de
la double règle de la majorité qualifiée : 55 % des Etats représentant
au moins 65 % de la population.
6 - L'adoption d'une clause
" passerelle " permettant aux Etats membres de décider du passage
de la règle d'unanimité à la règle de la majorité qualifiée.
7 - Un mécanisme d'alerte précoce
qui permet à chaque Parlement national de veiller à ce que l'union
n'excède pas son champ de compétences.
8 - Un droit d'initiative
citoyenne donnant la possibilité à une pétition recueillant
un million de signatures de susciter des propositions de directive
de la commission.
C'est ce dernier point qui nous semble dangereux car, avec Internet,
il est assez simple d'obtenir un million de signatures dans un ensemble
de plus de 400 millions d'habitants.
Peut-être serait-il souhaitable d'exiger un chiffre plus proche
de 4/5 millions et une répartition sur un certain nombre de pays.
L'OTAN : L'opposition entre
l'alliance atlantique et l'Europe de la défense est stérile.
Européens et Américains ont besoin des deux à la condition que
l'OTAN garde sa vocation d'organisation de défense et non d'organisation
mondiale généraliste.
Mais l'Europe ne doit pas s'en remettre
à l'OTAN et doit conserver une forte capacité de défense.
Pour la France, c'est au moins 2 % du PIB qui doivent y être affectés
sans que la défense devienne une variable d'ajustement de la dépense
publique.
Pour le second porte-avions, comme pour les chars (10 000 en Europe)
et les avions de combat (3 000 en Europe),
il faut absolument intégrer les efforts de l'Union.
Il est anormal que le Royaume-Uni et la France supportent seuls
plus de 40 % du budget européen de défense.
La prolifération nucléaire :
La communauté internationale doit être unie.
Lors de la crise de Cuba, le général de Gaulle avait montré qu'il
était un allié déterminé des Etats-Unis.
Dans le même temps, il est souhaitable de permettre aux Etats sous-développés
de bénéficier du nucléaire civil et de tous ses développements.
Immigration : Ni la communauté
internationale ni l'Europe ne sont actuellement organisées pour
travailler réellement sur les migrations internationales qui ne
font l'objet d'aucune régulation.
Il faut proposer ici un traité et une agence internationale des
migrations.
Démocratie, droits de l'homme et grands
risques mondiaux : C'est sans doute dans ce domaine
que Nicolas Sarkozy a fait preuve de plus d'indépendance que la
démocratie classique en critiquant parfois vivement un certain nombre
de pays.
1 - En Afrique, la real politique
se confond trop souvent avec stabilité, immobilisme et renoncement.
Dans les Etats francophones, comme dans les autres et notamment
au Soudan, le silence et l'inaction sont devenus inacceptables.
2 - Ce n'est pas parce que la
Chine et la Russie sont de très grandes puissances que
l'on doit s'interdire de les critiquer.
" L'évolution de la Russie ces derniers temps est à mes yeux
préoccupante. "
3 - En Irak, la voie adaptée
consiste à fixer un horizon pour le retrait des troupes de la coalition.
4 - Dans le monde arabo-musulman,
nous devons tout faire pour conforter les régimes modérés et,
notamment, garantir l'indépendance du Liban. 31
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