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Sondages : mode d'emploi.
Depuis le premier septembre, les sondages politiques se succèdent.
Le rythme de leur fabrication s'accélère et gageons qu'à partir
du 1er janvier ils deviendront quasi quotidiens.
Sans vouloir entrer dans trop de détails sur les techniques statistiques,
il nous semble utile d'informer les sympatisants d'Héritage&Progrès
sur deux ou trois points importants :
Il existe deux grandes techniques de sondage, les sondages sur
échantillons aléatoires et les sondages sur échantillons par quota.
Les échantillons aléatoires sont statistiquement,
de très loin, les meilleurs.
C'est-à-dire que leur marge d'erreur est faible si l'échantillon
est réellement aléatoire.
Il faut pour cela que le tirage au sort s'effectue sur un fichier
incontestable, par exemple les abonnés à l'électricité puisque
en dehors de quelques écarts en montagne ou en forêt profonde, tout
le monde a l'électricité.
Encore faut-il que le tirage sur les compteurs électriques soit
un véritable tirage au sort. Si l'on prenait les mille premiers
compteurs des abonnés de la lettre A, on risquerait d'avoir trop
de Aaron, trop de Abbas ou trop de Abdelkader. Si l'on prenait la
lettre W, on aurait sans doute trop de Polonais, de Russes ou de
Vietnamiens.
Le tirage au sort doit donc être rigoureux. C'est assez dire
que la technique de l'échantillon aléatoire est une technique sûre
mais coûteuse.
De plus, l'échantillon minimum est de l'ordre
de 2000, ce qui en augmente encore le coût.
Les échantillons par quota comportent toujours
une marge d'erreur plus importante, marge aggravée par la technique
de l'enquête téléphonique.
En effet, la technique des quotas suppose de répartir la population
en neuf catégories socioprofessionnelles : agriculteurs, ouvriers,
employés, professions intermédiaires, cadres moyens, cadres supérieurs,
artisans et commerçants, professions libérales, chefs d'entreprise.
Ces neuf catégories professionnelles doivent être croisées par les
régions d'appartenance, non pas les 21 régions administratives mais
les grandes régions socioculturelles, c'est-à-dire une dizaine.
Cela fait donc 90 catégories de population.
Pour un sondage de mille personnes, 90 catégories conduisent à 11
personnes par catégorie, une ou deux pour les agriculteurs et les
patrons, douze ou quinze pour les ouvriers et les employés.
Le nombre de personnes ainsi interrogées dans chaque groupe est
extrêmement faible. De plus, l'enquête téléphonique aggrave cette
faiblesse car elle suppose que la personne interrogée se classe
elle-même dans tel ou tel groupe.
Comment contrôler si l'enquêté est effectivement un employé,
un cadre moyen ou une profession intermédiaire ?
Les marges d'erreur sur une enquête par
échantillon de 2000 personnes sont trois fois plus faibles que celles
d'une enquête téléphonique par quota : un point d'écart
en plus ou en moins pour un candidat dépassant les 30 % dans une
enquête sur échantillon aléatoire, trois points d'écart en plus
ou en moins dans une enquête téléphonique par quota.
Cela ne supprime naturellement pas l'intérêt de ces enquêtes,
mais cela nécessite de les apprécier à leur juste valeur : une simple
indication de tendance.
Toute personne raisonnable se contentera de savoir que :
- Nicolas Sarkozy fait entre 33 et 39 % des hypothèses de vote au
premier tour, soit un gros tiers,
- Ségolène Royal entre 30 et 36 %, soit un petit tiers,
- l'Extrême gauche et les écologistes entre 8 et 11 %,
- l'Extrême droite entre 9 et 13 %
- François Bayrou entre 6 et 10 %.
Cela n'empêche pas bien sûr que ces pourcentages
vont beaucoup varier dans les six mois qui viennent.
Ce qui sera toujours important c'est de les relativiser et surtout
de lire la petite note en bas de page : " Echantillon de 1000 personnes
interrogées par téléphone et choisies par quota ".
Cette petite note signifie : " N'y croyez pas trop !!! " 29
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