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Présidentielle : deux candidats
de rupture contre quinze revenants
Chaque mois, parfois chaque quinzaine, un nouveau candidat se profile
pour l'élection présidentielle.
Nouveau ? Non, un revenant qui souhaite montrer que son petit parti,
son petit mouvement existe toujours :
- Arlette Laguiller... travailleurs, travailleuses.
- Olivier Bezancenot... le petit facteur des beaux quartiers.
- Marie-Georges Buffet... la gentille dame du PC qui a troqué la
faucille et le marteau contre le panier de la ménagère. - Jean-Pierre
Chevènement... l'homme qui sait dire non.
- Le MRG... qui, de Servan-Schreiber à Bernard Tapie se trouve toujours
une vedette au bon moment.
- Dominique Voynet... élue sénateur grâce au PS et qui souhaite
ardemment détruire ce Sénat qui la nourrit.
- José Bové... le faucheur volontaire qui ambitionne de moissonner
l'altermondialiste.
- Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, Jack Lang, Lionel Jospin
et Bernard Kouchner... les cinq revenants du PS.
Ces onze candidats ne représentent guère l'innovation, ni dans
le domaine politique, ni dans le domaine social.
Sur un marché où le consommateur cherche avant tout des idées neuves,
après vingt-cinq ans de déception, on voit mal ce qui peut motiver
les acheteurs de gauche.
A droite, rien non plus de bien nouveau avec :
- François Bayrou... certes moins âgé que Giscard, mais au cœur
du centre mou depuis plus de vingt ans.
- Corinne Lepage... ancien ministre, est-ce suffisant pour briguer
la présidence ?
- Philippe de Villiers... une brillante réussite au Puy du Fou,
mais une bien faible valeur ajoutée ailleurs que dans le débat sur
les mosquée.
- Jean-Marie Le Pen... élu député, faut-il le rappeler, il y a maintenant
plus de cinquante ans.
Le libéralisme était représenté en 2002 par Alain Madelin. Aucun
leader politique ne l'a vraiment remplacé.
Le flambeau est repris par le parti Alternative Libérale qui
souhaite donner naissance à une nouvelle génération de jeunes cadres
politiques, mais doit d'abord se faire connaître du " grand public
".
A vrai dire, le débat semble vraiment bien
resserré, comme le prévoyait Jacques Marseille, entre les deux partisans
d'une rupture à Droite et à Gauche, Nicolas Sarkozy et Ségolène
Royal.
Nicolas Sarkozy est condamné à rassembler les libéraux, les
gaullistes, les centristes, les européens et les souverainistes
de Droite. Il devra naturellement se faire le défenseur d'un libéralisme
bien régulé en employant plus souvent le mot liberté que le mot
libéral.
Remporter une élection est malheureusement bien différent que remporter
l'adhésion des penseurs du libéralisme. Candidat de " rupture "
et candidat du " parler vrai ", Nicolas Sarkozy devra rassembler
dans une élection, dont chacun sait qu'elle se joue normalement,
à 1 ou 2 %.
Raison de plus pour les libéraux de faire connaître avec vigueur
leurs idées.
A gauche, Ségolène Royal peut, plus facilement, préconiser une
rupture car il y a aujourd'hui une quasi-unanimité pour déplorer
l'absence de toute pensée nouvelle dans la mouvance socialiste et
l'utopie bien peu constructive de l'extrême gauche.
La gauche française attend du candidat de demain la rupture avec
un laxisme déploré par le peuple de gauche et encore approuvé par
ses cadres politiques et syndicaux.
Le peuple de gauche veut la sécurité, comme
Sarkozy.
Le peuple de gauche veut une école et une
université efficace : comme nombre de réformateurs beaucoup
plus proches de Claude Allègre et de Xavier Darcos, que de Lionel
Jospin.
Le peuple de gauche veut du travail et
de l'emploi. Il a parfaitement comprit que ce n'est pas
un code du travail renforcé par Martine Aubry qui le lui donnera
mais des entreprises bénéficiaires.
Le peuple de gauche veut des logements et des loyers modérés. Il
sait depuis 25 ans que la construction HLM n'y suffit pas et qu'augmenter
leur nombre est impossible.
Le peuple de gauche veut, comme le peuple
tout entier, que les grèves soient limitées dans les services publics
tout en restant parfaitement libres dans le secteur privés.
Ségolène Royal peut rassembler là-dessus 30 % de l'électorat. Mais
elle creusera de ce fait le fossé entre une gauche intelligente,
modérée, novatrice, et l'extrême gauche altermondialiste qu'elle
doit nécessairement retrouver pour le second tour.
Sa tâche apparaît ici plus difficile que
celle de Nicolas Sarkozy. 27
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