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Le gouvernement nous donne le " tournis ".

Après trois ans de gouvernement Raffarin, la première année du gouvernement Villepin a été très active mais les trois derniers mois commencent à nous donner le " tournis ".
Ce qui semblait l'apanage du ministère de M. Boorlo devient la règle, peut-être pas du gouvernement tout entier, mais certainement du premier ministre qui semble vouloir occuper tout le terrain... et plus encore.
Chaque jour apporte une moisson de nouveaux projets de réforme dont le coût et les conditions d'application sont rarement fournis.

C'est ainsi que sont apparus dans les trente derniers jours seulement :

- une charte et un statut pour les étudiants stagiaires,
- un projet de loi sur l'égalité des chances,
- un ensemble de mesures pour réduire les flux d'immigration,
- une augmentation de la prime pour l'emploi et son versement dans un délai de 4 mois,
- un nouveau projet d'apprentissage pour les jeunes déscolarisés à 15 ans,
- un assouplissement des " contrats d'avenir " avec une amélioration pour les chantiers d'insertion et les allocataires de minima sociaux,
- la présentation de la nouvelle taxe professionnelle,
- la relance de l'idée du CV anonyme,
- l'augmentation de 50 % des crédits de rénovations urbaines,
- une réforme des ZEP pour y attirer les meilleurs enseignants et pour les retenir sur plusieurs années,
- l'annonce de plusieurs dispositifs anti-discriminatoires et la valorisation de la haute autorité de lutte contre les discriminations,
- un projet de réforme de la suprématie du droit pénal sur le civil après le drame d'Outreau,
-l'introduction d'une nouvelle taxe sur les billets d'avion.
Les finances n'étant jamais à court d'idée dans ce domaine, une autre taxe particulièrement absurde est passée inaperçue : celle qui sera perçue sur les randonneurs en raquettes,
- le lancement des 67 pôles d'activités économiques avec l'annonce de 500 millions de financement, cette somme étant réduite à 40 millions pour 2006... ce qui correspond à moitié moins que prévu,
- la majoration des aides aux employeurs qui recrutent des moins de 25 ans dans les zones urbaines sensibles.
- Le lancement de la maison à 100 000 euros, de la maison CQFD et la réforme de la maison PSLA... (on attend la quatrième invention du ministère sur ce sujet !),
- L'annonce d'un deuxième plan chômage en janvier prochain
- L'annonce d'un plan d'amélioration du pouvoir d'achat début 2006,
- La création d'un fonds permanent de soutien aux artistes et techniciens du spectacle en lieu et place de la fameuse assurance chômage des intermittents,
- La création d'un nouveau " contrat de transition professionnelle ",

Certes le printemps est là... mais peut-être faudra-t-il éclaircir les semis car, enfin, qui va payer cette manne tout droit descendue de la hotte du Père Noël ?

Après cette floraison d'annonces sociales toutes plus souhaitables les unes que les autres, arrive le rapport " Pebereau " sur la dette publique.
Ce rapport n'apporte aucun élément nouveau, il n'a sans doute été commandé par Thierry Breton que pour des raisons publicitaires : lancer une grande campagne de communication afin que les Français prennent conscience de l'ampleur de la dette et de ses conséquences.

Car l'opinion publique a du mal à saisir l'importance du problème sachant qu'un Etat, contrairement aux particuliers, peut toujours emprunter et pourra toujours payer ses dettes - même si elles atteignent 1 100 milliards fin 2004 -

C'est pourquoi la campagne de communication qui va suivre mettra sans doute l'accent sur deux points évidemment essentiels :
1) Les déficits publics ne servent pas à financer des investissements mais uniquement, exclusivement, les dépenses courantes de l'Etat, c'est-à-dire les salaires, charges et retraites des fonctionnaires.

2) Les déficits publics servent à payer les créanciers de cette dette dont un peu plus de 50 % est détenu par l'étranger.
Que ce soient les étrangers ou les Français, il faut bien payer quelque 4 à 5 % d'intérêt annuel, soit en 2006, 40 milliards d'euros (265 milliards de francs).
Le simple budget de la dette, sans aucun remboursement, est quasiment égal à celui de l'Education Nationale.
Pour payer les seuls intérêts de nos créanciers, on dépense presque autant que pour éduquer nos enfants de la maternelle aux bacs + 7.