|
Sociologues
et politologues semblent aujourd'hui d'accord pour penser que les
grandes échéances politiques se joueront entre la Droite et la Droite.
Les victoires électorales de la gauche aux régionales et aux européennes
semblent aujourd'hui très lointaines.
La Gauche française aurait du, après ces deux victoires, et plus
encore après le référendum, se donner rapidement une doctrine comme
la Droite s'en est donnée une avec le programme économique et social
défini dans les grandes conventions de l'U.M.P. depuis mars
dernier.
On attendait un programme social-démocrate clair, assez analogue
à celui du Royaume-Uni, de l'Allemagne et de tous les petits Etats
de l'Europe du Nord.
A ce programme se seraient bien sûr opposés l'Extrême-gauche et
sans doute une partie de la Gauche du P.S. mais les choses auraient
été claires : un présidentiable social-démocrate animant un parti
de gouvernement, un présidentiable d'Extrême-gauche avec qui un
accord de deuxième tour eut été possible.
Au lieu de cela, nous n'avons aujourd'hui aucun combat d'idées,
aucune proposition de gouvernement, mais une lutte sans objectif
et sans doctrine entre D. Strauss-Kahn, L. Fabius, J. Lang,
S. Royal, M. Aubry d'une part et O. Besancenot, N. Mamère, M-G.
Buffet d'autre part.
Les cinq candidats socialistes ayant entamé une course vers l'Extrême-gauche,
la mêlée est de plus en plus confuse.
Et les Français ont le sentiment que les socialistes n'ont vraiment
aucune solution à proposer.
A Droite, le tableau est beaucoup plus clair car le combat se fera
autour d'une doctrine bien définie : celle que développe mois
après mois l'équipe de Nicolas Sarkozy.
Les tendances et les candidatures se définiront par rapport à ce
programme, les uns prônant son application aussi rapide et complète
que possible - la stratégie de rupture - les autres souhaitant une
mise en place marquée par un plus grand mélange de mouvement et
d'équilibre.
On voit clairement
se dessiner un duel Nicolas Sarkozy-Dominique de Villepin... et
rien d'autre.
Les rares propos de François Beyrou en matière doctrinale sont inconsistants.
Jean-Marie Le Pen et Philippe de Villiers sont en voie de perdre
rapidement leur fond de commerce grâce à la vision très claire d'une
nouvelle Droite parlementaire décomplexée et assumant bien quelques
idées claires sous le boisseau depuis quinze ans :
- Sur l'immigration : on ne
peut ni accueillir toute la misère du monde, ni donner à l'immigration
clandestine tous les avantages sociaux des travailleurs français,
ni adapter notre législation économique et sociale aux immigrés.
- Sur le problème
scolaire : l'abandon de la carte scolaire, dans
les faits, par 90 % des Français doit conduire à sa suppression
dans la législation.
Dans le même temps, l'enseignement d'Etat et l'enseignement libre
doivent faire l'objet d'une large autonomie, depuis l'école
jusqu'à l'université.
- Sur le droit du sol et la nationalité
française : l'immigration clandestine doit être réprimée
; les autorisations de séjour de longue durée et plus encore la
nationalité française ne doivent être données qu'aux personnes ayant
une connaissance convenable de la langue française et témoignant
par un minimum de connaissance civique de leur désir de vivre en
France et de devenir Français.
- Sur les aides sociales, les minima sociaux
et l'indemnisation du chômage : l'idée générale est
maintenant admise que les droits doivent toujours s'accompagner
de devoirs.
- Sur le temps de travail :
les lois Aubry semblent avoir rendu service à l'esprit public
qui admet aujourd'hui de façon assez unanime leur vacuité et plus
encore leur nocivité. Le temps de travail ne se partage pas.
Lorsqu'on tente de le faire, le chômage augmente.
Les choses peuvent certes évoluer considérablement
en un an. Mais aujourd'hui on peut penser que les prochaines élections
se joueront entre la Droite et le Droite. 20
|