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Nouvelle politique ou nouvelle image ?

Dominique de Villepin réalise un score honorable et même assez bon dans les sondages depuis la rentrée.
Son allure personnelle, sa manière de s'exprimer, l'énergie que dégage son discours impressionnent a priori favorablement les Français.
Va-t-il en profiter pour faire une politique vraiment nouvelle ?
Il est encore impossible de se prononcer mais les signes sont très contrastés entre les apparences et les actes :
- Diminuer le nombre de fonctionnaires : pas tout de suite.
Il faut redéfinir les missions de l'Etat, élaborer un plan stratégique, prévoir les évolutions etc...
Sans être très critique, peut-on faire remarquer qu'une bonne dizaine de ministres de la réforme de l'Etat se sont déjà penchés sur le problème et qu'une bonne dizaine de rapports existent sur ce sujet.

- Stabiliser la dette publique, organiser sa réduction : pas tout de suite.
Nommons une commission présidée par un banquier consensuel et composée de grands esprits dont la plupart n'ont guère de qualification pour traiter ce sujet.
Nous mettrons en place en temps voulu la stratégie adéquate.
Sans être très critique, ce ne sera que la dixième commission à réfléchir sur le sujet.

- Réduire le déficit public : pas tout de suite.
Stabilisons déjà ce déficit autour de 3 % du P.I.B. tout en baissant les impôts de 3 milliards et demi d'euros, tout en prenant en charge la hausse du carburant pour les professionnels, tout en finançant les pôles de compétitivité...
Sans être très critique, peut-on remarquer qu'un déficit de 3 % du P.I.B. c'est un déficit de 20 % du budget et que la promesse de diminuer cette proportion en 2006 est faite depuis 2 ans.

- Dans le domaine de l'université, je suis bien convaincu qu'il faut agir et vite...
Mais... les esprits restent très divisés ( ?) Il faut être pragmatique ( ?) Affirmer clairement notre fidélité aux principes républicains ( ?).
Sans être très critique, doit-on comprendre qu'il faut agir vite ou qu'il faut une fois de plus attendre.

- L'I.S.F. alimente une fuite des capitaux et des entreprises.
Certes mais le modifier ne fait pas partie de mes priorités.
Toutefois cet impôt pouvant produire des effets négatifs j'ai demandé à Thierry Breton et Jean-François Coppé de me faire des propositions.
Sans être trop critique peut-on faire remarquer qu'il existe déjà une bonne dizaine de propositions pour transformer radicalement cet impôt.

- La réforme fiscale ?
Un projet existe sur l'impôt sur le revenu mais sur celui-ci seulement, sachant qu'il ne représente plus aujourd'hui qu'un petit 20 % de notre fiscalité.
Encore faut-il noter que ce projet doit mûrir et ne sera appliqué qu'en 2007.
On saura peut-être d'ici-là quelles sont les niches fiscales réduites ou supprimées et comment évolueront les autres taxes.

En fait, dans tous les domaines, il faut attendre le vote du budget 2006 pour être fixé sur la politique du nouveau gouvernement. On saura alors si une vraie stratégie de réduction de la dépense publique est engagée avec ses corollaires positifs, la réduction des charges sociales, l'encouragement à l'emploi, le soutien à la création et au développement des entreprises privées, le développement des universités et de la recherche, la lutte contre la pauvreté.

Dominique de Villepin dit le plus grand bien - c'est du moins ce qu'indique son entourage - du rapport de Christian Saint-Etienne et Jacques Le Cacheux intitulé " Croissance équitable et concurrence fiscale ".
Les idées de ces deux économistes sont excellentes.
Que restera-t-il de leur rapport ?
Voilà un test important pour confirmer ou infirmer le fait qu'une nouvelle politique se met en place. 20