|
De nouvelles bulles se préparent.
C'est une précaution nécessaire de regarder si les meilleurs spécialistes
d'un sujet s'accordent sur les idées énoncées par des généralistes
comme ceux de l'équipe d'Héritage&Progrès.
C'est pourquoi il nous a semblé nécessaire de reprendre ci-dessous
les termes d'un excellent article-interview donné par Michel
Cicurel au journal Les Echos du lundi 4 janvier 2010.
L'auteur, inspecteur des finances, ancien du Trésor, patron de banques
depuis 1982 et Président du Directoire de la compagnie financière
Edmond de Rothschild depuis onze ans est un des observateurs les
mieux placés du monde financier pour traiter ce sujet.
Il voit déboucher une seconde crise mondiale provoquée par la
nouvelle bulle des déficits publics et de la non-réforme de la sphère
financière.
Nous reproduisons les termes essentiels de cet article : " La
reprise actuelle est alimentée par la baisse des prix des produits
de base, la fin du déstockage des entreprises, le soutien des Etats
aux banques et à l'économie et le déluge de liquidités déversé par
les banques centrales.
Dans
ces conditions le rebond était assuré. Mais la survie de l'économie
dépend totalement de cette ventilation artificielle. Elle n'est
pas en état d'être débranchée rapidement…
Le scénario optimiste serait que le dispositif financier de secours,
aujourd'hui à bout de souffle, permette d'enclencher un cercle vertueux
de l'économie de marché.
Si le chômage baisse et la consommation résiste, on aura une vraie
reprise. Mais la volatilité des opinions, des statistiques économiques
et des marchés financiers reste encore très élevée et le moindre
incident pourrait avoir des effets négatifs importants.
Une chose est certaine : les guichets de la Sécurité Sociale mondiale
ont fermé et laissent la planète travailler sans filet…
Les principaux facteurs qui ont déclenché la crise se sont aggravés
depuis. Les grandes banques jugées incontrôlables avant la crise
ont encore pris de l'embonpoint.
Même chose pour les Etats déjà surendettés qui sont devenus exsangues,
le laxisme budgétaire étant désormais une vertu de circonstance.
Enfin, la liquidité, excessive depuis dix ans, est maintenant surabondante.
Cela signifie que de nouvelles bulles se préparent… Si les banques
centrales retirent la liquidité trop lentement, l'inflation des
actifs formera des bulles impressionnantes. Si elles le font trop
vite, de vrais risques de rechute de l'économie apparaissent.
En tout cas il faudrait bien payer la facture du surendettement
des pays développés qui coiffera leur croissance pour quelques années…
" 62
|