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Le Grand emprunt " : des technologies clefs ou des PME et de petites
équipes de recherches innovantes ?
Le comité d'étude qui a travaillé sur le grand emprunt a accouché
d'un programme comportant une dizaine de grandes technologies sur
lesquelles un accord général était relativement facile à réaliser
:
- cellules-souches,
- télésanté et miniaturisations,
- Internet,
- nanotechnologies,
- photovoltaïques,
- batteries pour voitures électriques,
- biocarburants,
- réacteurs nucléaires de quatrième génération, etc.
On trouvera une bonne description de ces recommandations dans le
rapport lui-même, rédigé en langage compréhensible… et enarchique.
Par contre ce que l'on ne trouvera pas, c'est comment développer
ces technologies d'avenir, c'est-à-dire avec quels hommes, quelles
équipes, quelles entreprises, quelle rentabilité ?
Le rapport suppose en effet le problème
résolu.
La France ayant une des meilleures écoles de mathématiques du monde
va pouvoir créer des systèmes complexes dans tous les domaines :
climat, météorologie, maladies multifactorielles, etc.
Y a-t-il des entreprises pour cela, et comment en créer si ce n'est
pas le cas ? Pas de réponse.
La France a une belle industrie nucléaire, une belle industrie automobile,
une belle industrie pétrolière.
Est-ce en donnant de nouveaux crédits à
ces grandes entreprises que l'on développera ces innovations et
ces produits de pointe ?
Il faut bien voir que les grandes réussites dans les technologies
d'avant-garde sont beaucoup plus souvent celles de jeunes entreprises,
de PME brillantes, de très petits groupes de chercheurs - trois/quatre
ou cinq - que de grands groupes.
L'audace et la rapidité jouent ici un rôle considérable : " Pour
développer l'innovation, il est indispensable de ne pas trop planifier,
de laisser la compétition des idées se dérouler tout en organisant
la souplesse d'adaptation. Cela demande avant tout un état d'esprit
qui pénètre tout le tissu intellectuel, social et financier et qui
permet aux petites structures innovantes de se développer, qu'il
s'agisse d'équipes scientifiques ou de PME. Aujourd'hui, seuls l'Amérique
a compris cela mais la Chine et l'Inde s'efforcent dès à présent
d'adopter la même démarche. Ce qui est important avant tout, c'est
l'homme et sa capacité à inventer… La prospérité économique d'une
Nation dépend avant tout de l'état d'esprit de création qui s'y
développe. " (Claude Allègre, " La Science est le défi du XXIème
siècle ".)
C'est là que se jouera le succès de cet
emprunt.
Il sera inutile s'il s'agit d'affecter trente-cinq milliards de
plus à de grandes entreprises déjà fortement aidées par l'Etat.
Il peut s'avérer au contraire très efficace s'il appuie de petites
équipes de chercheurs indépendantes et des dizaines de PME qui manquent
toujours en France de financement et de business angels pour se
développer.61
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