LABORATOIRE D'IDÉES
"think tank" à la française
Héritage&Progrès
22, rue de Texel
Tél: 01 43 20 92 91
01 43 35 14 09
Fax: 01 43 21 95 53
info@heritage-progres.com

Accueil
Qui sommes nous?
Réunions
Questions:
. politiques
. économiques
. sociétales
Etudes
Livres et revues
Faits et Chiffres
Réjouissons nous
Sites partenaires
Nous contacter
Adhérer

 


Le groupe de travail Héritage&Progrès précise un programme d'analyse de la réforme financière mondiale.


Le rôle essentiel du secteur financier est de canaliser l'épargne vers l'investissement productif pour promouvoir l'essor économique. Porteur de croissance, il peut aussi être destructeur d'emplois.
Livré à lui-même ces quinze dernières années, il s'est focalisé sur des activités spéculatives avec le résultat que l'on sait.
Face à cette dérive, Héritage&Progrès préconise son recentrage sur sa raison d'être : le financement de l'économie.
Un consensus émerge à ce sujet dans la sphère politique. Hélas, bien naturellement, les acteurs du monde financier, particulièrement les plus grands, résistent à toute modification de leur business model, générateur de profits et de bonus exceptionnels.
Dans un discours prononcé le 20 octobre, Mervyn King, gouverneur de la Banque d'Angleterre, s'est prononcé pour une redéfinition de ce model afin d'éviter une répétition de la crise actuelle. La réaction ne s'est pas fait attendre.
Dans les jours qui suivirent, Josef Ackermann, président de Deutsche Bank, John Varley, président de Barclays et Jamie Dimon, président de JPMorgan Chase ont fait connaître leur opposition à toute mise en cause de leur mode opératoire. Or le risque systémique qui transforme une crise financière en crise économique, naît de la taille et de l'interconnexion de ces grandes institutions, comme l'a démontré la faillite de Lehman Brothers.
Aussi, pour le réduire, faut-il envisager un démantèlement partiel ou total de ces conglomérats financiers afin de les cantonner dans des activités spécifiques : banque commerciale, banque d'investissements, gestion d'actifs, assurance, etc.
C'est la position défendue par Mervyn King et Adair Turner, président du Financial Services Authority.
C'est aussi la solution préconisée par Paul Volcker, ancien gouverneur de la Fed.
Plus récemment, John Reed a reconnu que la fusion de Citibank avec Travelers à laquelle il a présidé en compagnie de Sandy Weill était une erreur.
Ces conglomérats financiers sont nés de la déréglementation et de l'innovation financière.
Avec leur émergence, de nouveaux risques sont apparus que ni les autorités ni le marché n'ont contrôlés.

Le groupe de travail 'Régulations financières' d'Héritage&Progrès se propose de les étudier.

Les points suivants feront l'objet d'un examen particulièrement approfondi :
- Depuis 20 à 25 ans, dans tous les pays du monde, les banques constituent aujourd'hui la tête de conglomérats associant banques de dépôts, banques d'affaires, compagnies d'assurances et fonds de gestion.
Cette situation est fondamentalement dangereuse quelles que soient les précautions prises pour isoler certaines activités et limiter les échanges entre ces quatre activités.
Il faut fixer une limite à ces conglomérats.
Concevoir une sorte de loi anti-trust sur ce sujet pour l'Europe n'est pas utopique.
En effet, le Sénat américain travaille actuellement sur un tel projet approuvé par un grand nombre d'économistes.

- La titrisation, incroyablement développée par les CDS (credit default swap) est devenue, avec d'autres dérivés de crédits, les dépôts et le marché monétaire, une des principales sources de financement des banques.
Les ratios de liquidités et d'endettement ont été totalement faussés par tous les produits OTC (over the counter).
La réforme de ces ratios, comme le proposent les rapports de Larosière et Turner, suffira-t-elle à contenir ce risque ou faut-il repenser le refinancement des banques ?

- La titrisation autorise-t-elle les banques à se dégager de toute responsabilité ?
Cette même titrisation qui amalgame des crédits aussi divers que l'immobilier et la consommation ne devrait-elle pas se faire sur la base de risques de même nature - à charge pour l'investisseur de diversifier son portefeuille en fonction de ses objectifs financiers ?
L'hyper titrisation développée avec les CDO et les CDO au carré, n'est pas admissible.
Il faut restaurer une traçabilité précise des dérivés de crédits.

- La négociation des dérivés de crédit doit-elle se faire dans l'opacité la plus totale ou au travers de chambres de compensation ?

- Le rôle et la conception même des CDS doivent être revus.
La plupart des experts estiment qu'ils devraient faire partie d'un marché réglementé. Certains (G. Soros notamment) estiment qu'ils sont par nature toxiques et qu'ils ne devraient être utilisés que sur ordonnance dans le but d'assurer des obligations réelles. Et non de spéculer contre des pays ou des sociétés.

- Quelle utilisation du juste prix (fair value) doit-on faire au vu de son effet pro-cyclique ?
Un travail doit être entrepris avec la collaboration de grandes sociétés comptables et d'experts pour suivre les études internationales sur le sujet. Il est souhaitable que ces travaux ne soient pas appréciés, confirmés ou rejetés uniquement par les responsables des grandes banques.
Le risque frontalier (cross-bord risk) encouru par une Nation en raison d'opérations conclues par de grandes institutions financières étrangères sur son territoire avec des acteurs locaux ou par le biais de filiales établies sur son sol (ex. Lehman Brothers), est devenu très grand.
Les dirigeants du G20 recommandent l'établissement de groupes d'intervention et la définition d'un cadre juridique pour les circonvenir. C'est insuffisant au regard du risque encouru par la Nation d'accueil.
Ainsi, les autorités britanniques craignent-elles de devoir renflouer une ou plusieurs institutions financières étrangères en cas de crise, ce qui serait très grave en raison de l'importance de la City.
Les conseils d'administrations des grands groupes financiers n'ont pas joué leur rôle dans cette crise.
Il n'y a pratiquement pas de traces de mise en garde des directions générales sur les risques qu'elles prenaient par les administrateurs. Comment remédier à ce fait ? Il faut aller beaucoup plus loin et surtout être beaucoup plus concrets que ce que propose aujourd'hui en France l'Institut des administrateurs qui a amorcé sur ce sujet un très bon travail.

- Pourquoi les agences de notation bénéficient-elles d'un statut privilégié que rien ne justifie ?
Pourquoi surtout ne pas imposer immédiatement une réforme de leurs activités qui mélangent de façon tout à fait anormale le conseil financier et l'activité de notation ?

Voici quelques-uns des points qui semblent prioritaires au groupe de travail d'Héritage&Progrès.

Ils sont en tous cas beaucoup plus importants que la question du bonus des dirigeants et des paradis fiscaux.
Ces deux questions ont certes l'intérêt de plaire au grand public, qui fantasme volontiers sur l'argent sale déversé sur les plages au sable d'or des îles Bahamas.
Dans une conjoncture où l'Etat dépend totalement des grandes banques pour placer sa dette, il est autrement difficile de s'attaquer à elles. 61