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Une
réforme libérale importante... à compléter.
Le statut de l'auto-entrepreneur, élaboré par Hervé Novelli,
a été lancé en début d'année et remporte semble-t-il un très gros
succès : plus de 90 000 personnes l'ont adopté en quatre mois, mais
on en attend 400 000 sur l'ensemble de l'année.
Son gros avantage résulte bien évidemment
de sa simplicité : pas de TVA à régler, un montant de
cotisations forfaitaire - 23,5 % pour ceux qui dépendent des revenus
non commerciaux.
Ce statut ne joue malheureusement que pour les entrepreneurs dont
le chiffre d'affaires est limité à 32 000 euros.
Il ne leur reste alors, charges et impôts payés, que 25 000 euros,
environ 2 000 euros par mois.
Ce niveau de revenus serait acceptable s'il s'agissait d'un salaire
net. Mais, par définition, un auto-entrepreneur a des charges :
au minimum un ordinateur, une imprimante, un fax, un téléphone,
des fournitures de bureaux et des frais commerciaux.
On tombe alors entre 1 300 et 1 500 euros mensuels, ce qui est beaucoup
trop peu.
Pourquoi cette réforme a minima ?
Evidemment parce que le Ministère des finances redoute que ce
statut avantageux ne soit pris par trop d'entrepreneurs ou d'anciens
salariés ? C'est un très mauvais raisonnement.
Sachant qu'aujourd'hui un ménage français sur deux est exempté d'impôts
sur le revenu, il est bien évident qu'en passant de 32 000 à 40
000 euros, comme revenus plafonds, l'Etat serait encore largement
gagnant.
Chacun connaît la célèbre courbe de LAFFNER, chacun sait aussi
qu'il vaut mieux 1 million de contribuables de plus à 2 % qu'un
million de travailleurs au noir à zéro. 55
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