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La crise économique et financière ne semble pas remettre en question le fonctionnement de la sphère financière.

Tandis que le G20 proclame à Londres sa volonté de réforme, tandis que les rapports Larosière, Turner et Bernanke préconisent nombre de changements importants, tandis que de nombreuses déclarations intergouvernementales, nationales ou professionnelles affirment leur volonté de changement, la lecture de la presse semble montrer que plus l'on parle de réforme, plus c'est la même chose :
- Lors de l'affaire ENRON, en quelques mois, les six grandes sociétés internationales de comptabilité et de conseil (les Big Six) étaient tombées au nombre de cinq. Arthur Andersen avait disparu.
De plus, leurs fonctions avaient été totalement séparées et, par conséquent, divisées par deux.
Aujourd'hui, après le formidable scandale des agences de notations... rien !
De vagues excuses devant le Congrès américain, rien d'autres.

- Tandis que BNP PARIBAS accepte avec joie la garantie de l'Etat et son appui, elle rachète la banque FORTIS. Ce n'est pas ce rachat qui est en cause. C'est le fait que personne, ni au gouvernement, ni dans l'opposition, ne se pose la question de son utilité et de son coût.
La crise financière a montré les dangers d'une banque lorsqu'elle était : " trop grosse " pour faire faillite, " trop grande " pour être managée avec sécurité, " trop internationale " pour être garantie par un seul Etat.
Personne ne semble avoir noté non plus que 30 % des droits de vote lors de l'Assemblée Générale qui a accepté la vente venaient des îles Caïmans.
Nous pensions innocemment que le Gouvernement français bannissait le secret des paradis fiscaux.

- Toutes les banques françaises, et plus encore toutes les banques américaines, affichent pour le premier trimestre 2009 des marges bénéficiaires, parfois fortes. Ceci sans aucun complexe.

Ceci alors que les tests de solidité ont été déclarés devoir être réalisés en France à huis clos.
Ceci alors que les autorités internationales estiment qu'il reste entre 700 et 1 000 milliards de dollars à apurer dans les bilans actuels.

- Nombre d'experts se penchent actuellement sur les dérivés de crédits et en particulier la titrisation.
Mais en même temps tous insistent sur le grand intérêt de cette formule qui permet aux banques d'augmenter fortement leurs capacités de crédits. Certes, c'est incontestable.
Mais c'est bien cette surcapacité qui est largement à l'origine de la crise de 2007. Comme d'ailleurs la non-traçabilité de la titrisation.
Or une telle mesure pourrait être mise en place en moins de trois mois.

- Les banques américaines affichent fièrement avoir collecté pour 75 milliards de dollars d'actions et d'obligations en quelques mois pour se dégager des obligations imposées par l'Etat fédéral. Personne ne s'en étonne.
La très grande difficulté d'accorder les propositions de réforme de Bruxelles, Berlin, Paris, Londres et Washington provoque dès maintenant une grande inquiétude.
Tout va-t-il repartir comme avant alors que, dans quelques années, ni les Etats, ni leurs contribuables, ne pourront plus venir en aide au système financier car le niveau des dettes ne permettra plus aucune intervention.
D'ores et déjà, certains esprits pessimistes estiment que si l'une des trois premières banques britanniques était en grande difficulté, elle pourrait disparaître sans que Londres n'ait les moyens de l'éviter.
Et un dramatique effet en chaîne serait possible pour l'Etat lui-même. 55