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La crise : quelques informations qui provoquent étonnement… ou sidération.
Crédibilité du bilan de la Société Générale.
Le Gouvernement américain découvre avec stupéfaction qu'une grande
partie des sommes versées à l'assureur AIG a été aussitôt reversée
à d'autres banques étrangères et en particulier en France, à la
Société Générale, onze ou douze milliards de dollars selon les sources.
Cela veut donc dire que lorsque la Société Générale a publié un
bilan provisoire il y a quelques semaines, ou bien ce bilan était
faux à 11 ou 12 milliards près, ou bien elle était si sûre de récupérer
ses fonds qu'elle a considéré la dette d'AIG comme récupérable à
99 %.
À moins que M. Bouton soit à la fois l'ami intime du nouveau secrétaire
d'État au Trésor et devin extralucide, la récupération de cette
dette était tout sauf incertaine et, dans un langage comptable,
aurait du être classée dans les créances " douteuses ".
Peut-on encore accorder quelques crédits aux certificateurs des
comptes de nos banques ?
Les sociétés d'audit indiquent bien que leurs appréciations ne sont
que des photos momentanées et sur la base des informations qu'on
leur fournit. Mais lorsque l'on est à 12 milliards près, la certification
a-t-elle encore un sens ?
Quatre des plus grandes banques britanniques nationalisées.
Après Northern Rock, Bradford et Bingley, Royal Band of Scotland,
la Lloyds Banking Group est devenue la quatrième banque britannique
dans laquelle le Trésor est devenu majoritaire avec 65 % des actions.
Faillite bancaire et nationalisation aux
États-Unis.
Si la mise en faillite de Lehman Brother s'est avérée une erreur
en raison de la masse financière qu'elle représentait, les États-Unis
ne répugnent pas à laisser des banques petites et moyennes faire
faillite.
Vingt-cinq banques avaient déposé leur bilan aux États-Unis début
mars.
Par ailleurs, le mot de nationalisation n'est plus banni. AIG est
désormais détenue par l'État à 80 % et les deux plus grandes banques
américaines d'hier, Citygroup et Bank of America redoutent - et
peut-être espèrent - leur nationalisation.
La destruction créatrice dont le célèbre économiste Schumpeter
faisait le moteur du capitalisme, fonctionne bien dans la banque
comme ailleurs.
Pourquoi la France est-elle si timide à envisager la prise de participation
financière de l'État dans certaines banques, à titre provisoire
bien sûr ?
Le plan original du secrétaire américain
au Trésor pour purger les actifs toxiques des banques peut-il réussir?
Wall Street semble y croire car l'annonce de M. Timothy
Geithner a provoqué une nette reprise de la Bourse.
Ce plan est très ambitieux et significatif de l'état d'esprit américain.
Il prévoit de purger 1 000 milliards d'actifs toxiques en misant
sur la participation des banques privées des firmes de capital investissement,
des fonds de pension, des assureurs, en bref de toute la sphère
financière, l'État mettant dans le pool commun seulement 10 % des
sommes nécessaires.
L'ensemble du secteur privé va-t-il accepter et jouer complètement
le jeu ?
L'État dispose, c'est vrai, d'un gros bâton pour faire accepter
ce plan car le monde financier a déjà bénéficié de beaucoup de carottes…
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