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Rémunération
des banques et rémunération des banquiers.
La rémunération des banques provient :
1 - des bénéfices sur les crédits qu'elles accordent aux entreprises
et aux particuliers
2 - des coûts de commissions qu'elles prennent sur l'intermédiation,
les services et les produits financiers dérivés.
Le phénomène marquant des trente dernières années est la déconnexion
de ces deux sources de revenus et de bénéfices.
Ce phénomène est extrêmement grave.
La Société Générale, par exemple, tire 20 % de son bénéfice de ses
activités de crédit et 80 % des produits financiers sophistiqués,
de l'intermédiation, des services. Il est évident qu'elle a beaucoup
plus d'intérêt à développer le second secteur que le premier… jusqu'au
moment où cette sphère financière s'effondre.
C'est ainsi que les huit plus grandes banques
américaines ont quasiment perdu 80 à 90 % de leur valeur en 2008.
La relation entre la rémunération des banques et celle des banquiers
est hélas très forte.
Les salaires des patrons de banques sont généralement fonction des
volumes de crédits consentis.
Par contre, leurs stocks options, bonus et primes de toutes sortes,
sont directement fonction de l'activité des services financiers.
En outre, leurs cadres et leurs treaders perçoivent souvent des
rémunérations plus élevées que les PDG lorsque les jeux financiers
qu'ils pratiquent sont couronnés de succès.
Comment remédier à cet état de fait ?
D'abord en lissant la rémunération sur
trois ans, période qui paraît raisonnable car on truque très facilement
un bilan un an, plus difficilement deux ans, quasiment jamais trois
ans, sauf si l'on s'appelle M. Madoff.
M. Bouton s'est accordé un revenu personnel de 10,8 millions d'euros
en 2006, 5,2 millions en 2007 et se propose 2 millions en 2008 :
cela fait 6 millions d'euros en moyenne sur les trois ans.
Cette somme est importante. On a l'habitude de la comparer au SMIC,
ce qui n'a guère de sens.
Comparons la plutôt au revenu médian des 10 % de Français les plus
riches (environ 50 000 euros), cela représente 122 fois ce revenu.
Encore faut-il souligner que ce revenu est en règle générale de
l'argent de poche car M. Bouton, comme tous les grands patrons,
a des frais de représentation, de réceptions, une voiture et un
chauffeur, un appartement de fonction, un système d'assurances retraites
particulier… ce qui lui laisse quelques revenus disponibles.
Rappelons à cet égard que les patrons des grandes banques allemandes
ont tous accepté de limiter leur rémunération annuelle en 2008 à
500 000 euros.
La seconde mesure à prendre pourrait être, tout simplement,
de fixer un plafond de revenus au-delà duquel la rémunération est
mutualisée sur l'ensemble de la société.
A quel niveau fixer ce plafond ? C'est au niveau de l'entreprise
qu'il doit être défini, mais ce niveau doit être public et connu
du conseil d'administration et du comité d'entreprise.
Sans vouloir discuter du montant de la rémunération du PDG de la
Société Générale, cette formule d'un lissage tri-annuel et d'une
avance en quelque sorte remboursable si les années suivantes ont
été mauvaises, paraît équitable puisqu'elle rémunère un risque
correctement évalué sur le moyen terme.
Il est par ailleurs tout à fait étonnant de voir comment, à l'exception
des dirigeants de Paribas, les patrons de banques ont réagi à la
demande du Président de la République de supprimer leurs bonus.
La question d'ailleurs n'aurait jamais dû être posée car
le gouvernement n'aurait jamais dû accorder de soutien aux banques
sans s'assurer d'une part de la rémunération des dirigeants, mais
surtout, d'autre part, des mesures prises par ceux-ci pour reconvertir
leurs activités à risques trop élevés.
Un exemple : BNP PARIBAS se déclare prête à acheter la banque FORTIS.
Celle-ci annonce une perte abyssale en 2008: 19 milliards d'euros.
D'ailleurs, ce chiffre ou un autre, rien ne paraît plus crédible
à ce niveau !!!
Alors, pourquoi l'Etat se déclare-t-il prêt à fournir de l'argent
frais à BNP PARIBAS pour renforcer ses fonds propres ?
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