LABORATOIRE D'IDÉES
"think tank" à la française
Héritage&Progrès
22, rue de Texel
Tél: 01 43 20 92 91
01 43 35 14 09
Fax: 01 43 21 95 53
info@heritage-progres.com

Accueil
Qui sommes nous?
Réunions
Questions:
. politiques
. économiques
. sociétales
Etudes
Livres et revues
Faits et Chiffres
Réjouissons nous
Sites partenaires
Nous contacter
Adhérer

 

 

Le PIB - Produit Intérieur Brut - dit-il la vérité ?

Le PIB, un instrument simple d'analyse et de comparaisons internationales.
Toutes les discussions politico-économiques en France sont centrées autour d'un concept rarement discuté, celui du PIB, Produit Intérieur Brut.
A longueur d'articles et de commentaires sur la situation française on évoque la nécessité pour équilibrer nos comptes, réduire le chômage, développer la production industrielle, diminuer notre dette d'augmenter d'un point ou d'un demi point ce mystérieux PIB.
Mystérieux, pourquoi ?
Parce que personne ne semble jamais se poser la seule question qui vaille :
le PIB est-il le presque parfait indicateur de la réalité économique d'un pays ou un simple concept reposant sur toute une série d'hypothèses dont beaucoup sont contestables et sur un référentiel dont l'évolution est permanente et très différente selon les structures de production de chaque pays ?
Le fait même de vouloir comparer les PIB au niveau international oblige à adopter une méthodologie, un référentiel et des hypothèses dont il est évident qu'ils dénient la réalité en voulant évaluer de la même manière des économies aussi différentes dans leur structure que celles de la Grèce, du Portugal, de la Bulgarie ou celles de l'Allemagne, des Pays-Bas et des Etats-Unis.

Qu'est-ce que le PIB ?
Le PIB est un indicateur qui repose sur l'analyse simultanée de trois grandes séries d'éléments qu'il doit obligatoirement harmoniser :
- 1 la production,
- 2 les revenus,
- 3 les dépenses.
La mesure du PIB c'est la somme de tout ce qu'a produit un pays pendant une année à laquelle doivent correspondre tous les revenus versés, sans oublier de comptabiliser tout ce qui a été consommé, épargné et investi durant la même année.
Des tableaux croisés très sophistiqués doivent permettre à chaque instant de relier chacune des grandeurs constatées.
Qui ne voit immédiatement le caractère nécessairement arbitraire des hypothèses que l'on sera bien obligé de prendre en compte pour réaliser un tableau unique comprenant les salaires des banques produisant du crédit, les salaires des fonctionnaires du Ministère de l'agriculture produisant des circulaires, les salaires des entreprises d'armement fabriquant des tanks, les uns produisant beaucoup de bénéfice et peu d'exportations, les seconds ne produisant pas grand-chose, les troisièmes produisant des devises, peu de bénéfices et des rétro-commissions ?
Ces questions sont a priori résolues grâce à une méthodologie fine et complexe élaborée par la direction de la Comptabilité Nationale et l'INSEE, méthodologie qui nécessite au moins pour la comprendre une année scolaire complète pour un étudiant ayant déjà une maîtrise d'économie.
Plus encore, elle nécessite une expertise constamment tenue à jour tant l'évolution de l'économie est aujourd'hui rapide.
Elle nécessite enfin un référentiel et des hypothèses de travail rencontrant l'accord de tous les spécialistes... ce qui est loin d'être le cas.

Le référentiel et les hypothèses sur lesquels repose le PIB.
Impossible dans le cadre de cet article de préciser ce référentiel.
Donnons-en simplement quelques exemples :
Comment évaluer la production d'un enseignant, par son salaire ou par le nombre d'élèves qu'il a en face de lui ?
Si le salaire est privilégié dans le " service éducation " de la Comptabilité Nationale, plus l'augmentation des salaires des professeurs sera forte, plus le PIB augmentera.
S'il n'a en face lui que 15 élèves au lieu de 30, la productivité de ce professeur diminuera de moitié mais le PIB n'en augmentera pas moins.
Si le salaire et les achats de matériels sont privilégiés dans le " service nettoyage ", dans le cas d'une marée noire, plus les côtes seront polluées, plus les sociétés de nettoyage seront appelées pour les nettoyer, plus le PIB augmentera.
Si la production agricole diminue en tonnage ou en valeur et que, dans le même temps, le Ministère de l'agriculture, les chambres d'agriculture et les centaines d'organismes qui s'occupent de services pour l'agriculture augmentent leurs personnels et leurs salaires dans une proportion un peu supérieure, le PIB augmentera.
Comment par exemple évaluer la production d'ordinateurs ou de téléphones portables ? Ces deux types de matériels ont connu des évolutions technologiques très rapides en capacités comme en fonctions.
La production pétrolière, elle, n'a guère changé dans les cent dernières années et l'instrument de mesure à y appliquer est peu contesté.
Mais le portable devenu appareil de photographie, récepteur de télévision, calculateur, agenda et même moyen de paiement ?

Le PIB doit être complété.

En fait, le PIB aujourd'hui ne représente pas grand-chose sinon, sur le plan international, un instrument de comparaison encore utile pour évaluer les niveaux de richesse.
Il est beaucoup plus important de disposer d'instruments de mesure permettant de chiffrer la qualité de production d'un pays, et par conséquent sa compétitivité et son dynamisme.
Par exemple le solde de sa balance des paiements, l'importance de la création d'entreprises et leur vitalité 5 ans plus tard, la part, dans le PIB, des produits innovants, des produits exportables, des produits quasi-monopolistiques, des services très performants : recherche, produits financiers, ingénierie et bureaux d'études techniques de pointe... 50