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Le
PIB - Produit Intérieur Brut - dit-il la vérité ?
Le PIB, un instrument simple d'analyse
et de comparaisons internationales.
Toutes les discussions politico-économiques en France sont centrées
autour d'un concept rarement discuté, celui du PIB, Produit Intérieur
Brut.
A longueur d'articles et de commentaires sur la situation française
on évoque la nécessité pour équilibrer nos comptes, réduire le chômage,
développer la production industrielle, diminuer notre dette d'augmenter
d'un point ou d'un demi point ce mystérieux PIB.
Mystérieux, pourquoi ?
Parce que personne ne semble jamais se poser la seule question qui
vaille :
le PIB est-il le presque parfait indicateur de la réalité économique
d'un pays ou un simple concept reposant sur toute une série d'hypothèses
dont beaucoup sont contestables et sur un référentiel dont l'évolution
est permanente et très différente selon les structures de production
de chaque pays ?
Le fait même de vouloir comparer les PIB au niveau international
oblige à adopter une méthodologie, un référentiel et des hypothèses
dont il est évident qu'ils dénient la réalité en voulant évaluer
de la même manière des économies aussi différentes dans leur structure
que celles de la Grèce, du Portugal, de la Bulgarie ou celles de
l'Allemagne, des Pays-Bas et des Etats-Unis.
Qu'est-ce que le PIB ?
Le PIB est un indicateur qui repose sur l'analyse simultanée de
trois grandes séries d'éléments qu'il doit obligatoirement harmoniser
:
- 1 la production,
- 2 les revenus,
- 3 les dépenses.
La mesure du PIB c'est la somme de tout ce qu'a produit un pays
pendant une année à laquelle doivent correspondre tous les revenus
versés, sans oublier de comptabiliser tout ce qui a été consommé,
épargné et investi durant la même année.
Des tableaux croisés très sophistiqués doivent permettre à chaque
instant de relier chacune des grandeurs constatées.
Qui ne voit immédiatement le caractère nécessairement arbitraire
des hypothèses que l'on sera bien obligé de prendre en compte pour
réaliser un tableau unique comprenant les salaires des banques
produisant du crédit, les salaires des fonctionnaires du Ministère
de l'agriculture produisant des circulaires, les salaires des entreprises
d'armement fabriquant des tanks, les uns produisant beaucoup de
bénéfice et peu d'exportations, les seconds ne produisant pas grand-chose,
les troisièmes produisant des devises, peu de bénéfices et des rétro-commissions
?
Ces questions sont a priori résolues grâce à une méthodologie fine
et complexe élaborée par la direction de la Comptabilité Nationale
et l'INSEE, méthodologie qui nécessite au moins pour la comprendre
une année scolaire complète pour un étudiant ayant déjà une maîtrise
d'économie.
Plus encore, elle nécessite une expertise constamment tenue à jour
tant l'évolution de l'économie est aujourd'hui rapide.
Elle nécessite enfin un référentiel et des hypothèses de travail
rencontrant l'accord de tous les spécialistes... ce qui est loin
d'être le cas.
Le référentiel et les hypothèses sur lesquels
repose le PIB.
Impossible dans le cadre de cet article de préciser ce référentiel.
Donnons-en simplement quelques exemples :
Comment évaluer la production d'un enseignant, par son salaire
ou par le nombre d'élèves qu'il a en face de lui ?
Si le salaire est privilégié dans le " service éducation "
de la Comptabilité Nationale, plus l'augmentation des salaires des
professeurs sera forte, plus le PIB augmentera.
S'il n'a en face lui que 15 élèves au lieu de 30, la productivité
de ce professeur diminuera de moitié mais le PIB n'en augmentera
pas moins.
Si le salaire et les achats de matériels sont privilégiés dans le
" service nettoyage ", dans le cas d'une marée noire, plus les côtes
seront polluées, plus les sociétés de nettoyage seront appelées
pour les nettoyer, plus le PIB augmentera.
Si la production agricole diminue en tonnage ou en valeur et que,
dans le même temps, le Ministère de l'agriculture, les chambres
d'agriculture et les centaines d'organismes qui s'occupent de services
pour l'agriculture augmentent leurs personnels et leurs salaires
dans une proportion un peu supérieure, le PIB augmentera.
Comment par exemple évaluer la production d'ordinateurs ou de téléphones
portables ? Ces deux types de matériels ont connu des évolutions
technologiques très rapides en capacités comme en fonctions.
La production pétrolière, elle, n'a guère changé dans les cent dernières
années et l'instrument de mesure à y appliquer est peu contesté.
Mais le portable devenu appareil de photographie, récepteur de télévision,
calculateur, agenda et même moyen de paiement ?
Le PIB doit être complété.
En fait, le PIB aujourd'hui ne représente pas grand-chose sinon,
sur le plan international, un instrument de comparaison encore utile
pour évaluer les niveaux de richesse.
Il est beaucoup plus important de disposer d'instruments de mesure
permettant de chiffrer la qualité de production d'un pays, et par
conséquent sa compétitivité et son dynamisme.
Par exemple le solde de sa balance des
paiements, l'importance de la création d'entreprises et leur vitalité
5 ans plus tard, la part, dans le PIB, des produits innovants, des
produits exportables, des produits quasi-monopolistiques, des services
très performants : recherche, produits financiers, ingénierie et
bureaux d'études techniques de pointe... 50
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