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Une crise sociale est possible.

Les résultats d'un sondage effectué par la SOFRES il y a quelques semaines ont provoqué un grand étonnement :
47 % des Français interrogés estimaient qu'ils pourraient un jour se retrouver sans domicile fixe.
Ce chiffre est à comparer avec quelques autres proportions : le seuil de pauvreté fixé à 50 % du revenu médian est stabilisé depuis une vingtaine d'années autour de 6,5 % de la population le seuil de pauvreté fixé à 60 % touche presque le double de la population, autour de 12,5 % la proportion des Français ayant régulièrement recours au découvert bancaire atteint 25 %.
Rappelons ici que le taux d'usure réglementaire pour ce type de crédit est de 20 %.
C'est pourquoi la plupart des banques font payer leur taux de découvert entre 19 et 19,8 %, ce qui est absolument scandaleux.
Si l'on ajoute à cette proportion le pourcentage des Français qui recourent aux crédits revolving et à des crédits à la consommation à taux supérieurs à 18 %, on dépasse les 30 % de la population.
Ce sont naturellement ces 30 % de la population qui seront les plus touchés par la crise qui se développe aujourd'hui :
Les retraités.
On oublie trop souvent qu'il existe un très grand nombre de très petites retraites : les agriculteurs, les artisans et petits commerçants, les femmes ayant des retraites incomplètes parce qu'elles ont cessé de travailler pour s'occuper de leurs enfants, les femmes âgées ayant une faible pension de réversion…
Une seule certitude pour tous : aucune retraite ne suivra plus désormais le coût de la vie.

Les agriculteurs. Nombre d'entre eux ne peuvent continuer d'exploiter que parce que leurs femmes ont une autre activité professionnelle.
De plus, la politique agricole commune soutient fortement les céréales et la viande bovine, un peu moins le vin, un peu moins le lait et plus du tout les fruits, les légumes, les volailles, les porcins et bien d'autres cultures.
31 % des exploitants sont au niveau du SMIC et 17 % sont déficitaires.

Les ouvriers de l'industrie. Des entreprises vont fermer, le nombre de chômeurs s'accroître.
Or Le système social français est certes très protecteur au niveau du chômage dans les six premiers mois.
Mais le niveau diminue ensuite assez vite et ce sont les chômeurs actuels qui auront le plus de difficultés à retrouver du travail.
Le chômage technique est mieux assuré dans le cadre des conventions de l'UNEDIC.
Mais un chômeur technique perd néanmoins une part non négligeable de son salaire : heures supplémentaires, primes, frais de déplacement ou de représentation…

Les salariés peu qualifiés en particulier dans les services d'aide à la personne et dans le bâtiment.
La construction est en pleine crise et perdra 100 000 emplois directs et 100 000 emplois dans les matériaux de construction dans les douze mois qui viennent.

L'histoire économique et sociale a toujours montré que ce ne sont pas les périodes de crise qui engendrent la révolte sociale. En règle générale, c'est l'inverse.
Ce serait une grave erreur que de se fier à ce constat du passé.
D'abord parce que les révoltes sociales en France sont traditionnellement lancées par les professions protégées : fonctionnaires, Poste, EDF, enseignants, etc. Ceux-ci peuvent entraîner les étudiants et toute une jeunesse incontrôlée et sans travail.
Si les salariés du privé sentent une pression trop forte sur les salaires et l'emploi, ils peuvent se joindre à cette première vague.
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