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La grande illusion de la puissance publique.

Le Président de la République est dans son rôle : celui de rassurer les Français en leur donnant le sentiment que l'Etat est là et qu'il interviendra vite et bien, à chaque fois que l'urgence l'imposera.
Les observateurs sont dans leur rôle lorsqu'ils constatent que l'Etat ne pourra intervenir que sur les marges, dans quelques secteurs particulièrement critiques et dans la mesure très limitée de ses moyens financiers, aujourd'hui limités à l'emprunt.
Le déficit de l'Etat, des collectivités locales, de la Sécurité Sociale et des autres établissements publics atteindra sans doute cette année 3,4 %du PIB.
La dette publique cumulée va, de ce fait, monter progressivement de moins de 64 % du PIB en 2007 à plus de 68 % en 2010. A supposer bien sûr qu'aucun dérapage ne se produise en 2009, ce qui est bien improbable.
La dette publique française atteindra alors environ 1 300 milliards d'euros.
Même avec les taux d'intérêt privilégiés des obligations d'Etat, le seul coût des intérêts représentera environ 55 milliards d'euros.
Les commentateurs ne mettent l'accent que sur ce chiffre.
Ils semblent oublier qu'un emprunt se rembourse.
Il faut donc bien entendu ajouter à cette somme les emprunts nécessaires pour financer l'amortissement (c'est-à-dire le remboursement) de la dette. Cette somme est le double de celle des intérêts.
L'Agence France Trésor (AFT) devra donc émettre sur le marché obligataire environ 150 milliards d'euros pour faire face à ces besoins.
150 milliards, c'est une somme qui représentait en 2006 (dernière année connue) :

l'impôt sur le revenu 52,4 milliards €
l'impôt sur les sociétés 47,7 milliards €
la taxe professionnelle 21,0 milliards €
la taxe sur les produits pétroliers 19,8 milliards €
Total 140,9 milliards €

Alors, soyons réalistes.
Lorsque le gouvernement annonce que la France va créer un fonds souverain pour sauver les entreprises que l'on veut protéger, il n'existe pas le moindre fonds secret et réservé pour cet emploi.
Au lieu d'emprunter 150 milliards en 2009, cela signifie tout simplement qu'il faudra en emprunter 170 et payer sur ces 20 nouveaux milliards un intérêt de 4 à 4,5 %.
Tout le reste n'est que poudre aux yeux et jeux d'écriture.
On peut toujours faire valser 20 milliards de la Caisse des Dépôts ou de l'Agence du Trésor pour les placer à tel ou tel endroit.
Mais la réalité globale demeure : lorsqu'on a 1 300 milliards de dettes et qu'il faut emprunter 150 milliards pour continuer à payer à chaque fin de mois salaires, retraites et actions des pouvoirs publics, toute action de relance, toute intervention publique, tout sauvetage financier de toute nature coûte au moins 4 % et rejette le poids des remboursements à nos enfants. 49