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Le monde n'est pas prêt de manquer de pétrole.

100 dollars le baril, toute la presse et notamment toute la presse incompétente en a fait de gros titres et en a frémit d'inquiétude : éteignons les lumières et laissons nos voitures au garage, le monde va manquer d'énergie et surtout de pétrole.
C'est oublier d'abord qu'il faut compter les prix en dollars constants et non pas en dollars courants.
Le pétrole valait (en dollars 2006), aux environs de 15 dollars dans les années 1940. Il est resté à ce niveau jusqu'en 1973, ce qui était absolument anormal sur le plan économique compte tenu d'une demande en forte expansion dans ces trente années.
Il n'y avait donc rien d'étonnant à ce qu'il passe à 30 dollars en 1973 et à 60 dollars dans les années 1975 à 83.
Ce qui a été plutôt dommageable et ce qui a entravé les efforts pour économiser l'énergie c'est la stabilité en dollars constants du prix du pétrole entre 1985 et 2004.
Le pétrole est resté environ deux ans autour de 80 dollars le baril (en dollars 2006) avant d'atteindre 100 dollars fin 2007.
Rien de bien extraordinaire.
Passer en trente ans de 40 à 100 dollars constants, c'est subir une augmentation de l'ordre de 3 % par an. C'est à peu près le chiffre du taux d'expansion mondial qui a été un peu plus faible entre 1970 et 1985, mais beaucoup plus élevé de 1985 à 2007.
A 70/80 dollars le baril, les capacités mondiales de production de pétrole devraient augmenter de 20 % au cours des dix prochaines années.
A 100 dollars ou plus, de nouveaux gisements issus de sables bitumineux ou d'exploitations en eaux très profondes, deviennent rentables.

De plus, à ce prix, la hausse des cours finit par s'accompagner de phénomènes négatifs et de facteurs d'incertitude :
- renforcement des économies d'énergie,
- développement du nucléaire et des énergies de substitution,
- changements de fiscalité et ceux-ci sont d'autant plus importants qu'en Europe, la fiscalité pétrolière représente les 2/3 du coût du baril importé.

Depuis 1970, on a entendu 4 fois - en 1973, en 1978, en 1980, en 2007 - annoncer que l'on atteignait le sommet de la montagne et le dernier pic pétrolier possible.
Après quoi on retomberait lourdement au fond d'une vallée désertée par les énergies fossiles.
Sans vouloir jouer les optimistes incorrigibles, méfions-nous là comme ailleurs des " prêcheurs de l'Apocalypse ".
L'évolution des diverses sources d'énergie dans le monde est soumise à de très nombreuses variables qui se combinent pour tracer des perspectives incertaines.
En voici une à méditer : les pays de l'OPEP ont vendu pour 200 milliards de dollars de pétrole en 2002 et pour 700 milliards en 2007.
Quel pourcentage de ces énormes sommes ira dans l'économie pétrolière ou nucléaire ?
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